Après les journées de la Place du Congrès1
Par Roberto Sáenz
«La bataille au Congrès a commencé à 13.30h et elle s’est deplacée à l’avenue 9 de Julio vers 17h. Pendant plus de trois heures la gauche trotskyste a été dans les lignes de front, avec ses drapeaux rouges comme un trait distinctif. Elle a ainsi occupé le centre de la scène pour résister aux réformes promues par le gouvernement et pour se différencier de la CGT.» (Nicolás Balinotti, La Nación, 19/12/17)
Les journées de la Place du Congrès contre la loi de retraites ont ouvert une nouvelle situation politique. Il est difficile de résumer dans un seul article la richesse des éléments présents. Cependant, si nous devons récapituler les choses dans une seule définition, nous pouvons dire que, dans la situation politique, les masses ont fait irruption. Plus précisément, une large avant-garde des masses enrichie par l’expérience de lutte et d’organisation de notre classe ouvrière au cours des dernières décennies; une avant-garde de masses dont les «facteurs organisateurs» (y compris en ce sens le poids politique de la gauche), sont plus matures qu’il y a 16 ans.
Lors de notre récente Plénière Nationale de Cadres, nous avions insisté sur le fait que, si Macri continuait avec son programme réactionnaire et son dur ajustement économique, il se retrouverait avec les rapports de forces. C’est exactement ce qui est arrivé avec la loi de la retraite et la militarisation scandaleuse du Congrès: le gouvernement s’est rencontré avec les rapports de forces dans sa tentative de forcer les choses avec une répression brutale (qui ne nie en rien que ce qui arrive est une période dure, avec des confrontations plus dures2).
Quand l’expérience de l’Argentinazo revient
Les journées ont révélé quelque chose qu’on pouvait prévoir, mais sur laquelle il n’y avait aucune certitude: l’expérience de l’Argentinazo est toujours présente. Il y a un fil de continuité entre les expériences de lutte et d’organisation de 2001 avec ce qui s’est passé ces jours-ci; la lente réabsorption démocratique bourgeoise de cet événement produit au cours de la dernière décennie n’a pas réussi à en rompre le lien.3
Plus significatif, si l’on veut, et plus stratégique, est le fait qu’une vivification des ces expériences a été exprimée mais à un niveau subjectivement supérieur; avec une autre qualité: l’incorporation de contingents importants de travailleurs syndiqués; la présence politique significative de la gauche révolutionnaire, trotskyste.
Un «facteur organisateur» de qualité incomparable avec la participation, nous le répétons, des organisations de la classe ouvrière: les syndicats et les partis de gauche. D’où la plainte du journal La Nación qui, même si elle déforme les choses de manière réactionnaire, reflète quelque chose de réel: que les mobilisations des 14 et 18 étaient plus organisées; le facteur purement spontané était plus petit (bien que, dans tous les cas, il n’ait pas cessé d’exister, notamment en ce qui concerne certains aspects de l’action).
Quoi qu’il en soit, dépêchons-nous de souligner que le contexte objectif n’est pas celui d’il y a 16 ans: si les facteurs subjectifs apparaissent plus avancés, il n’en va pas de même avec les objectifs. La situation économique et sociale n’est pas tellement détériorée. Nous ne sommes pas non plus confrontés à un gouvernement faible: Macri a autour de lui les secteurs plus fortes de la bourgeoisie et de l’impérialisme; un élément qui laisse présager des chocs durs et des offensives réactionnaires qu’il ne faut pas sous-estimer.
Cependant, la qualité du mouvement de lutte, la maturation de ces facteurs subjectifs, est un élément d’une extrême importance. Il ne s’agit plus d’un pays avec 40% de chômeurs, mais d’un pays où la classe ouvrière et le prolétariat sont appelés à jouer un rôle de premier plan (si la crise s’aggrave). Dans les récentes mobilisations à la Place du Congrès, même avec le rôle traître de la CGT, des énormes contingents d’enseignants, de fonctionnaires, de travailleurs de la banque, et des syndicats industrielles comme l’Union Ouvrière Métallurgique et les conducteurs de trains de La Fraternidad, etcétera4, ont été appréciés.
En plus, la présence politique et symbolique de la gauche a été un facteur en soi même. Bien qu’il y a encore, organiquement, un long chemin à parcourir, il y a une place gagné à l’avant-garde de la lutte (mis en évidence par de nombreux militants et d’activistes ouvriers): avec « l’entremêlent » sans aucune problème avec les colonnes syndicales, avec la représentation parlementaire et les personnalités politiques, et avec les chants pendant les cacerolades comme: « unidad de los trabajadores y al que no le gusta, se jode, se jode » (l’unité des travailleurs et ce qui ne l’aime pas, s’emmerde, s’emmerde) qui est un slogan de la gauche!; en bref, il y a beaucoup d’éléments qui marquent un emplacement qualitativement supérieur à 2001.
Le gouvernement a réussi à faire passer la loi; mais le coût politique a été très cher. C’est un fait fondamental pour équilibrer les événements des derniers jours. Parce que ce qu’il a obtenu c’est un triomphe pyrrhique: une réalisation dans laquelle les bénefices de la victoire ne peuvent pas être pleinement profités en raison des coûts qui ont été engagés pour l’atteindre. Il a également ouvert une crise politique: les doutes sur l’orientation générale du gouvernement vont sûrement se développer bientôt.
Cependant, ce que l’on peut prédire dans un avenir immédiat, c’est que le gouvernement tentera de se guérir en réaffirmant son orientation politique; une partie de ceci est la campagne maccarthyste qui a été lancée sur la gauche. Une nouvelle situation politique est apparue ces derniers jours. Une avant-garde des masses est entrée en scène. Des larges secteurs des travailleurs se sont déplacés à l’opposition.
Tout cela entraîne une augmentation des conflits, d’autant plus que le gouvernement réaffirmera son orientation: les travailleurs font face à un gouvernement réactionnaire qui sait bien que s’il recule, tout son plan peut être mortellement blessé.
Facteurs organisateurs
En 2001, des larges secteurs des masses sont entrés dans la lutte. Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans un tel scénario. Au contraire, ce qui a été exprimé dans les batailles de la Place du Congrès était un mouvement d’avant-garde de masses (comme nous l’avons déjà souligné). Ce qui frappe, c’est le nombre d’expériences de cet «essai général»5 qui ont été récupérées et ré-exprimées avec une qualité sociale et politique supérieure. Les deux journées, le jeudi 14 et le lundi 18, ont fini avec des expériences de lutte dans les rues6.
En soi, cela seul, nous rappelle que la lutte de classe est à la fois indirecte et directe; elle combine les deux terraines. Il s’agit d’une lutte politique et politique-institutionnelle (participation aux élections, la lutte dans les médias, etc.), ainsi que la lutte directe dans les rues (occupations d’usines, grèves et manifestations, etc.); combat direct qui est, en fin de compte, celui qui décide les choses.
Cela ne signifie pas que c’est une pure « action nue ». C’est toujours la politique qui décide; ainsi que la nécessité de massifier la lutte: de faire entrer des secteurs plus larges des travailleurs. La « guerre », les confrontations directes, physiques entre les classes, la résistance contre la répression, sont autres formes de « la continuité de la politique par d’autres moyens » (Clausewitz).
Et cela s’applique à la fois au grand et au petit. Les enseignements des journées du Congrès montrent comment, même au moment de faire face à la répression, dans les préparations précédentes, la clé est de mesurer politiquement la situation, d’avoir une lecture politique correcte, d’être l’expression consciente d’un mécontentement général qui va au-delà de ceux qui sont présents; de prendre soin des participants de la journée. Il y a plusieurs aspects à souligner.
L’ensemble des pratiques mises en œuvre en est une: grèves, mobilisations, confrontations de rues, casserolades, etc. beaucoup des pratiques déjà exprimées en 2001. Mais, avec cela, nous voulons mettre en évidence trois éléments qui surmontent cette expérience. Le premier est la «qualité sociale» de ces journées, supérieure à 2001. Ils étaient les contingents des travailleurs syndiqués, qui se sont massivement rassemblés. Encore plus le lundi 18, quand il y avait 200 000 personnes dans la rue, mais plus.
D’un point de vue générationnel, il met en évidence un deuxième élément d’importance: le jeune élément exprimé dans toutes les colonnes: dans les colonnes syndicales, dans celles de la gauche, pendant les casserolades, dans la mobilisation dans son ensemble. Un élement stratégique d’une énorme importance, car c’est pour les jeunes générations le futur (jeunes générations et militants qui ont fait en ces jours leur «baptême du feu», pour ainsi dire). Un troisième élement est celle déjà mentionnée: la place du trotskysme dans la mobilisation; son emplacement d’avant-garde en elle, la reconnaissance croissante qu’il obtient en dépit des campagnes visant à le discréditer menées par le gouvernement et les médias, malgré que les syndicats comme l’UTA trouve dans la « violence » la justification pour lever une grève qu’ils n’ont jamais voulu faire.
Sans être si massive l’irruption; sans que les facteurs objectifs de la crise soient si profonds, la crise qui a explosé ces jours-ci a révélé une maturation des facteurs subjectifs qui peuvent avoir une valeur stratégique pour l’avenir, et cela est peut-être l’élément le plus important qu’ils ont laissé.
Trop pour si peu
Le gouvernement a finalement réussi à imposer sa loi. Mais le coût politique a été très élevé. Dans le chemin, il doit avoir perdu 20% de popularité. En outre, il a été démontré que l’Argentine «n’est pas un pays normal»; ceci en ce sens que l’Argentine n’a pas perdu ses traditions de lutte, les traditions qui vont au-delà de 2001 vers les conquêtes démocratiques de 83, l’expérience du Cordobazo, la résistance péroniste… Jusqu’à présent, nous devons revenir à comprendre que l’Argentine est un «pays politique» par excellence; un pays où les travailleurs ont des conquêtes des luttes et d’organisation historiques qui font partie d’une sorte de «couches géologiques» de traditions sur lesquelles il est très difficile d’aller au-delà.
Le gouvernement a fait passer sa loi. Mais, en un mot, c’était trop pour si peu. C’est qu’en dernière analyse, cette loi n’est rien de plus qu’une « pré-réforme » de retraites: une modification qui rejette les revenus déjà maigres des retraités, des allocations familiales et des régimes sociaux, mais qui a laissé en suspens le plus structurel: l’augmentation de l’âge de la retraite. Si cela a été le coût politique de cette première contre-réforme, il ne faut pas imaginer à quoi cela ressemblera quand le gouvernement voudra avancer avec la loi travail (on parle de février prochain).
De plus, Macri a vu son idée d’un pays «exemplaire», auquel les investissements étrangers peuvent venir piller à volonté, également ruinée (au moins partiellement). Après octobre, le gouvernement s’est enhardi. Il a cru que le résultat électoral était tout. Mais les institutions et les médiations qui caractérisent le pays sont fondamentales; elles ne sont pas résumées dans une simple élection générale.
Pour le reste, le gouvernement n’a pas obtenu une majorité parlementaire en octobre dernier; ce n’est pas une majorité politique. Macri a prétendu agir avec une légitimité qu’il ne possède pas, en mettant la gouvernance en risque7. Une question qui, sûrement, réveille déjà des doutes dans les secteurs de la bourgeoisie qui s’expriment dans les «limites que le gouvernement a trouvé» (Eduardo Van Der Kooy, Clarín).
Le gouvernement a fait avancer sa loi. Mais un climat d’anomalie s’est installé dans la rétine de la population, une population majoritairement identifiée au rejet de la loi sur les retraites. L’antidote et la ressource trouvée contre cela, face à la perte de popularité, c’est la condamnation des «violentes», la stigmatisation de la gauche. Mais cette nouvelle récit rivalise avec des sentiments démocratiques enracinés; avec la répudiation de l’injustice générée par l’ajustement aux anciens; pour une militarisation scandaleuse du Congrès National telle qu’elle n’a pas été vue dans les trois décennies et demi de démocratie bourgeoise; avec un déploiement répressif qui entre en contradiction avec les conquêtes démocratiques minimales qui nichent dans notre pays; avec un gouvernement qui a déjà dans son actif des plusieurs assassinats politiques (Santiago Maldonado, Rafael Nahuel, etc.).
La grève ratée de la CGT
Avant de continuer, nous devons aborder le rôle de la CGT et des kirchneristes dans ces journées. Au-delà de son caractère de bureaucratie qui a la CGT, il y a une crise dans le triumvirat qui la dirige, à cause d’une orientation qui a atteint la limite: le rejet populaire à Macri est devenu si grand, il y a tellement de polarisation, que son emplacement quasi-allié du gouvernement n’a pas aucune marge. Bien sûr, il y a des dirigeants traditionnels qui sont totalement traîtres et qui n’ont aucune pression à cause de la base bureaucratique qu’ils ont, et c’est pour cela qu’ils maintiennent une orientation fidèle à Macri. Mais, dans l’ensemble, continuer sur cette voie serait presque suicidaire.
C’est une chose de s’occuper de la bonne gouvernance (comme ils l’ont toujours fait et continueront à faire dans toutes leurs versions); une autre chose c’est de se brûler à côté d’un gouvernement qui menace de commencer un cours de descente en termes de popularité. Cette même crise de localisation est celle qui a été exprimée dans leur comportement au cours des derniers mois.
Une grève générale en avril forcée par le scandale de l’acte du 7 mars et sans aucune continuité. Un essai de mobilisation «d’opposition» le 22 août, qui provoquait de la honte, en reportant une grève générale annoncée. La signature d’un accord avec le gouvernement autour de la loi anti-travail au milieu des divisions internes. Et, enfin, l’annonce d’une grève générale à partir du lundi à 14h qui n’a pas pu compter sur l’accompagnement de l’UTA (Union Tramways Automotors)… Toutes ces manipulations de la CGT ont provoqué la crise et le discrédit, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne subissent simultanément les pressions d’en bas (et de gauche). Le pire pour eux est que dans cet exposition avec Macri, la gauche gère une sympathie croissante et la légitimité des travailleurs, même si elle est encore très faible organiquement et on ne peut pas dire que la majeure partie de la classe ouvrière se tourne vers la gauche. Mais une gauche essentiellement d’avant-garde met de la pression sur une bureaucratie syndicale de toutes les couleurs qui a une influence de masses, mais qui est, nous le répétons, sous pression8.
La bureaucratie est la bureaucratie et elle n’appellera jamais aux mesures actives de lutte; elle dépend de la gouvernabilité, en tant que caste privilégiée de l’État capitaliste. Mais elle est soumise à des pressions et, sûrement, ce que nous verrons dans les prochains mois, c’est une sorte de réalignement des secteurs à gauche. Un réalignement bureaucratique, nous le répétons: voir le cas de Pablo Moyano, qui était présent à l’act du 29/11 et après il a disparu. Mais l’un des arts de la politique révolutionnaire est de profiter les contradictions des bureaucrates pour promouvoir la mobilisation, l’organisation indépendante et la politisation des camarades.
Que nos drapeaux s’entremelent avec ceux des syndicats, même industriels, est quelque chose que nous ne devrions jamais mépriser. Déjà le rôle du kirchnerisme est plus sinueux. Du point de vue parlementaire, c’est un fait qui il a été opposé à la loi sur les retraites. Il a même déclenché une sorte de «scandale» plus important que prévu, peut-être à cause de la persécution judiciaire à laquelle le gouvernement le soumet.
C’est un autre pas idiot de Macri: prétendre qu’une force politique bourgeoise de masses telles que le kirchnerisme ne réagirait pas lorsqu’elle est attaquée; et de se lancer à l’attaque sur tous les fronts en tant que gouvernement minoritaire, agent direct des entreprises, dans le but de mettre en œuvre un ajustement brutal, avec l’intention de « tromper Dieu et la Vierge» au même temps… Les K ont fait opposition et ils ont également mobilisé une partie de leur militantisme et les syndicats dirigés par eux. Bien sûr, ils sont partis rapidement quand les combats ont commencé; il est clair qu’ils maintiennent une histoire qui exagère les éléments défensifs, etcetera.
Mais au Congrès ils ont également montré le potentiel qu’il y a pour la gauche avec la politique de l’unité d’action, non seulement pour mobiliser plus fortement (ce qui n’est pas un élément mineur!), mais aussi pour vérifier une sympathie croissante que les bases K expriment avec la gauche; le fait potentiellement historique que les compartiments syndicaux et politiques étanches peuvent être brisés à gauche.
Promouvoir l’unité d’action dans les rues au même temps que l’organisation ouvrière indépendante pour les dépasser, et saisir le moment pour gagner en termes de sympathie et organiquement des secteurs provenants du kirchnerisme sont des autres tâches posées surtout si la lutte entre les classes se radicalise et polarise dans la période suivante.
L’importance stratégique du parti
Nous devons savoir concilier la nouvelle situation politique avec le scénario de polarisation à venir. C’est un scénario de «collision de trains». Le gouvernement a l’énorme pression d’une situation économique qui se détériore rapidement: il doit imposer l’ajustement. De plus, il a un plan général néolibéral et réactionnaire qui fait sa raison d’être et il tentera de continuer à l’imposer; par conséquent, ce serait une grave erreur de faire une lecture facile de la réalité, de perdre de vue le fait qu’à la fois une nouvelle situation politique et un durcissement de l’offensive du gouvernement coexistent.
Mais, d’un autre côté, il est évidant pour des secteurs gigantesques, des secteurs qui au-delà de tout, ils savent maintenant qu’on peut faire face à Macri. Cette réalité augure une confrontation énorme et de gifles réactionnaires, même contre la gauche, des coups qui doivent être prises avec le plus grand sérieux. Tout ceci souligne l’importance du facteur organisateur par excellence: le parti. Facteur qui a été révélé d’une valeur énorme dans les journées du Congrès.
Il a révélé comment l’ensemble est plus que la somme des parties. Soyons sérieux: les partis de gauche regroupent encore surtout des secteurs très jeunes; nous avons une composition de travailleurs; mais encore, en tant qu’organisations, nous devons mûrir des kilomètres9. Et pourtant, le fait d’être organisé en tant que parti, d’avoir une discipline en action, d’être des partis et non des individus dispersés, ou avec une organisation laxiste, ajoute à la force qui a été observée à la Place du Congrès (au-delà de l’inexpérience que nous avons aussi); et ajoute également au respect qui était évident dans beaucoup de manifestants ouvriers pendant la journée.
Nous ne découvrons rien de nouveau, mais nous mettons en valeur l’importance des discussions qui ne sont pas nouvelles dans la gauche; comme dans l’expérience fondatrice du nouveau MAS, par exemple, la défense de la forme de parti, du parti révolutionnaire contre les tendances liquidationnistes, était fondamentale; un combat stratégique dont nous commençons à avoir les résultats aujourd’hui. Parce que les mille et une discussions marxistes ne sont rien si elles ne sont pas liées à la construction d’organisations militantes; organisations dont la tâche principale est de se tenir debout parmi les secteurs en croissance des travailleurs et d’apprendre à intervenir dans la lutte de classe réelle, pratique et matérielle. Et cela ne peut être fait sans discipline dans l’action; sans parti, en un mot.
C’est pourquoi nous avons la fierté du sérieux et de la fermeté montrés le 14 et le 18 par tout le militantisme de notre organisation; pour le rôle d’avant-garde politique, qu’avec d’autres secteurs de la gauche nous avons accompli ce jour-là; un rôle qui nous a mis dans la première ligne de la résistance à la répression; au premier rang de la manifestation du mécontentement politique et de la lutte contre la loi sur les retraites. Maintenant, il s’agit de prendre toutes les leçons de cette expérience, en invitant à rejoindre le parti à beaucoup de ces secteurs qui nous voient aujourd’hui avec plus de sympathie qu’hier.
1 Nous conseillons à tout le militantisme et à tous les lecteurs interesés de lire Les leçons d’Octobre (Trotsky), un texte dont ses enseignements sont énormement en vigeur pour les défis qui s’ouvrent pour la gauche révolutionnaire dans notre pays.
2 Nous faisons avancer cette définition parce que rien n’indique que le gouvernement ait l’intention de s’orienter vers une voie plus «politique»; une partie de ceci est aussi la campagne brutale de discrédit et de persécution qui a été lancée sur la gauche avec l’excuse de la « violence ».
3 Il s’agit d’un affaire ne pas résolu par le kirchnerisme et que Macri a l’intention de régler.
4 De plus, il y a eu des forts groupes des chômeurs et des secteurs populaires divers.
5 Lénine et Trotsky parlaient de 1905 comme un essai général de la Révolution de 1917.
6 Dans les deux cas, c’était la repression brutale sur les masses mobilisées pacifiquement ce qui a declanché les confrontations.
7 Macri se plaint de la « violence » mais c’est le gouvernement lui-même qui a menti dans la campagne; Marcos Peña lui-même a déclaré que les retraités ne devaient pas s’attendre à « aucune ajustement »; c’est le gouvernement qui a miné les bases de sa légitimité en disant des mensonges pendant la campagne.
8 Une pression qui se multiplie quand ils font appel à des mesures de lutte comme les mobilisations massives ou les grèves générales.
9 Il est vrai, aussi, que la maturité rélative de chaque organisation est différente.

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