Santiago Follet
La journée du jeudi 22 mars a été marqué par la mobilisation la plus massive contre le gouvernement Macron depuis son arrivée à l’Elysée en mais 2017. En effet, plus de 500.000 personnes ont descendu dans les rues à travers le pays, avec de la présence de différents secteurs qui se sont rassemblés pour lutter ensembles contre les attaques du gouvernement, cela explique, en partie, la massivité de la manifestation. Ainsi, les principaux secteurs qui sont à l’avant-garde de la résistance sont les cheminots et les étudiants, avec d’autres secteurs tels que les employés du public et du privé, les retraités et les immigrants, entre autres.
Dans le cas des cheminots, ce secteur des travailleurs se bat contre le plan de réformes annoncé par le gouvernement, qui a pour but de détruire le service publique du train. L’ultralibéral Macron pense à faire passer une réforme qui permettrait d’ouvrir la SNCF à la concurrence. Cette mesure serait accompagnée par des licenciements, des fermetures de petites lignes et par la casse du statut du cheminot, cela signifie de mettre en arrière cent ans en matière du droit du travail. Pour ces raisons, la mobilisation a été accompagné par beaucoup de travailleurs dont l’emploi est menacé, en défense d’un service qui est un droit public de millions d’utilisateurs du train qui seront sérieusement lésés avec la réforme.
Après la manifestation, la réponse de Macron a été flagrante: « L’impact de la mobilisation n’existe pas ». Le président a fait cette déclaration provocatrice pendant son voyage à Bruxelles le lendemain, vendredi 23, réitérant que pèse les mouvements de protestation liés, la réforme SNCF passera de toute façon, ce qui confirme la force et la décision de l’orientation du gouvernement.
Le 22 mars a marqué le debut d’un conflit qui se prolongera dans le temps et qui continuera le 3 avril avec une manifestation et la grève annoncée par l’intersyndicale. À cet égard, il est nécessaire de signaler une naissante mécontentement des bases et la critique de certains secteurs antibureaucratiques par rapport aux mesures prises par les directions syndicales. Ils ont décidé un plan de lutte à porte fermée entre les secrétaires généraux des syndicats et pas dans des assemblées des travailleurs. Ce plan semble être conçu pour étendre le conflit dans le temps, en lieu de mettre une limite dure et concrète à l’avancée du gouvernement.
En effet, l’Inter a appelé à des jours de grève distribués sur trois mois, à raison de 2 jours de grève sur 5. Rappelons que la dernière grande grève des cheminots a enterré le plan de privatisation en 1995 realisé par Chirac et Juppé, constituant une contre-tendance dans le décennie du néo-libéralisme, précisément pour avoir faire une grève avec l’arret totale du service de train pendant trois semaines sans interruption.
Pour cette raison, un plan de lutte comme celui est nécessaire à ce moment-là aussi, due à l’ampleur de l’attaque du gouvernement. Quoi qu’il en soit, il est encore trop tôt pour savoir jusqu’où le conflit ira, la situation est à suivre de près depuis le 3 avril, lorsque les grèves de trains commencent.
De plus, dans le milieu universitaire il y a une radicalisation croissante de la situation, avec une avant-garde des étudiants qui s’est renforcé avec l’experiences de ces dernières années avec la lutte contre la loi El Kohmri et qui maintenant s’organise pour freiner le Plan Étudiant Macron. Le jeudi 22 mars dernier a coïncidé avec le cinquantième anniversaire du mouvement étudiant né en 1968 occupant l’Université de Nanterre. Cinquante ans après les étudiants sont encore en train de s’organiser avec des AG, des grèves et de blocages contre la sélection universitaire et la réforme du bac proposées par le gouvernement.
La situation s’est radicalisée parce que la police est entrée dans plusieurs facultés où se tenaient des assemblées générales, réprimant brutalement les jeunes qui étaient organisés de manière pacifique. A Bordeaux, Toulouse, Paris, Grenoble, Strasbourg et d’autres villes, la même situation s’est répétée, générant un mouvement de repoussement de l’action policière avec une coordination nationale. À cet égard, il est important de noter que l’action policière dans les universités publiques est une mesure qui avait été autorisée par le « état d’urgence » déclaré par Hollande, pour réprimer les manifestations contre la réforme du travail et maintenant, avec Macron, ces mesures font partie de la législation commune, pour perpétuer ces répressions brutales dans les facultés.
Comme si cela ne suffisait pas, dans la ville de Montpellier, après la journée des manifestations le jeudi 22, un groupe d’extrême-droite est entré dans l’auditorium de l’Université près de minuit, attaquant férocement les étudiants qui participaient de l’occupation pacifique d’un amphithéâtre de l’établissement. Ce groupe d’hommes cagoulés armés de bâtons a causé de graves blessures aux étudiants qui ont dû être transférés à l’hôpital. L’incident est survenu avec l’appui et la complicité du doyen de la Faculté de Droit et Sciences Politiques, Philippe Pétel, qui a démissionné le lendemain, en raison de la pression du mouvement étudiant qui est venu à demander sa démission, avec des manifestations en solidarité avec les étudiants de Montpellier également reproduites dans d’autres villes. De plus, dans la ville de Lille, un autre groupe d’extrême-droite est entré à l’université, dans la nuit du lundi 26, provoquant une mobilisation sauvage des étudiants durant la nuit pour protester contre cette provocation.
Ces faits montrent qu’il existe une véritable rébellion éducative avec une avant-garde d’étudiants qui a décidé de ratifier les mesures de lutte, bloquant l’accès à des dizaines d’universités, avec des assemblées et des coordinations de lutte qui attirent chaque fois plus d’étudiants, avec le soutien aux secteurs de travailleurs qui luttent également contre le gouvernement. En réponse aux attaques de la police et des gangs de droite, ils ont appelé à une marche nationale le mercredi 28 avec le slogan: ‘Flics, fachos, hors de nos facs !’
Le gouvernement est déterminé dans son orientation réactionnaire, mais la résistance des secteurs actifs se développe et se radicalise. La situation est complètement ouverte et beaucoup dépendra de la façon de faire progresser la situation dans les semaines à venir quand les grèves des cheminots commenceront, ce qui soulève la tâche d’approfondir les mesures de lutte pour gagner plus de secteurs pour passer vers l’opposition active et pour stopper conjointement l’attaque globale du gouvernement.

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