Le débat sur la question de la prostitution, et la position à prendre face à ce phénomène traverse et divise depuis des années le mouvement des femmes. Lutter pour l’abolition de la prostitution ou l’accepter comme un travail comme les autres, source possible d’épanouissement personnel pour certaines personnes ? Dans ce texte de Marina Hidalgo Roble, nous défendons l’idée que, tout en s’opposant aux mesures prohibitionnistes mises en place par l’Etat proxénète, le mouvement des femmes doit se battre pour en finir avec les bases matérielles qui font de la prostitution une perspective imposée pour des millions de femmes au niveau mondial, ainsi qu’un énorme business pour les capitalistes. Nous soutenons ici une position abolitionniste, féministe et socialiste, pour s’attaquer aux racines du système capitaliste patriarcal, dans la perspective d’en finir avec toutes les formes d’exploitation et d’oppression.

 

« La traite et l’exploitation sexuelle constituent un problème qui, au cours des dernières décennies, a pris de l’importance pour la société en général, et en particulier pour le mouvement des femmes. La lutte contre la traite et l’exploitation sexuelle est dans l’agenda du mouvement des femmes, dans les rues et dans les débats théoriques et politiques. Nous, Las Rojas, dans le cadre du mouvement des femmes qui s’organise pour lutter contre le patriarcat, participons non seulement au combat quotidien dans la rue, mais aussi à l’approfondissement du débat sur l’abolition, dans une perspective féministe et socialiste.

Pour gagner le combat, il est nécessaire de préciser comment ces formes de domination fonctionnent selon les intérêts des gouvernements et des organisations internationales, et de débattre sur la stratégie que nous, femmes, devrions mettre en place pour lutter.

Ce fléau existe dans tous les pays du monde, des plus pauvres aux plus développés, avec un vecteur commun : la marchandisation du corps et le viol, des femmes, des trans et des enfants. Au cours des dernières décennies, avec l’accentuation des politiques néolibérales dans le monde entier, la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle est devenue une activité rentable pour les Etats puisque c’est l’une des « activités » qui pèse dans le PIB des nations. »

 

En défense de l’abolitionnisme

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here