Envisageant les prochaines élections présidentielles et législatives d’octobre 2019, la semaine dernière en Argentine les candidats ont présenté leurs alliances. Chez les péronistes, l’annonce des pré-candidatures a donné un grand coup de pied dans la fourmilière puisque la plupart des sympathisants sont mal à l’aise quant au tournant à droite du parti. D’autres forces se sont placées derrières ces candidatures qui ne sont qu’une version maquillée du péronisme de droite classique. Rien de nouveau sous le soleil.

Cependant les médias annoncent déjà une conjoncture soit disant « polarisée » entre le binôme du président Mauricio Macri et Miguel Angel Pichetto et le binôme Fernandez-Fernandez où l’ex présidente Cristina Fernandez de Kirchner a cédé sa place pour se présenter en tant que vice-présidente. Ce geste n’est pas passé inaperçu après une année assez marquée par la lutte des femmes pour obtenir leur droit à disposer de leurs propres corps, avec le projet de légalisation de l’IVG.

A « gauche », les conflits pour unifier une alternative politique se sont multipliés, sans résultats.

Ici, la responsabilité incombe au Front de Gauche (FIT) qui a refusé plusieurs fois les dialogues avec les autres courants (notamment avec le Nuevo MAS – SoB). Ce sectarisme a déclenché le lancement de nouveaux fronts, qui ont été discrédités y compris avec des procédures judiciaires de la part du FIT contre les autres forces de la gauche.

Cette année le Front de Gauche a annoncé un accord improvisé avec les mêmes organisations qu’il avait rejetées auparavant, dévoilant sa logique de coopérative électorale : gagner un maximum des sièges parlementaires, à tous les prix. Le fait d’adopter et de faire appliquer les méthodes de la classe dominante au sein de la gauche révolutionnaire est une action mesquine, qui montre le manque de principe des organisations en question.

Mais cette responsabilité devient plus sérieuse dans un contexte d’austérité croissante qui entraîne une perte énorme du pouvoir d’achat, avec des travailleurs qui s’organisent tous les jours et qui sont dans les rues pour défendre leurs droits.

Il s’agit des candidatures qui n’ont pas l’intention de soulever des luttes actuelles comme la lutte des femmes, au contraire elles ne donnent aucune hiérarchie à celles-ci et elles finissent par suivre la même logique des partis bourgeois dans la bataille électorale.

Dans ce cadre, le Nuevo MAS s’est positionné très fermement pour être le réflexe des demandes les plus sensibles de la société. À notre avis, dans ce contexte, ce n’est pas cohérent de ne pas avoir une candidate femme aux présidentielles, parce qu’il faut souligner les demandes des femmes comme une priorité dans un contexte où les autres candidatures représentent un recul et même une possible alliance avec le Vatican. Une attitude révolutionnaire est celle de donner la possibilité aux femmes organisées de porter leurs demandes et d’arriver au parlement avec une perspective indépendante, anticapitaliste et révolutionnaire. C’est pour cela que nous sommes fiers de compter avec une figure comme Manuela Castañeira.

Manuela Castañeira est la principale porte-parole de l’organisation féministe révolutionnaire internationale « Las Rojas » (Les Femmes Rouges). Elle est devenue célèbre en Argentine à cause de son engagement dans la lutte des femmes pour la légalisation de l’avortement, pour laquelle elle a milité depuis plus d’une décennie. Elle est une jeune travailleuse et militante de 34 ans qui sera la candidate la plus jeune des élections et la seule femme candidate aux présidentielles.

Nous sommes contre les candidatures du macrisme et du péronisme qui ne mettent pas en question l’endettement avec le FMI, qui ne veulent pas déranger les grands patrons et qui sont contre l’avenir des jeunes et contre leurs projections du future. Nous sommes contre ceux qui ne proposent pas de changer les choses en profondeur. Nous pensons que pour lutter contre des monstres actuels comme Bolsonaro, Trump ou Macri, l’alternative doit être anticapitaliste et elle doit venir de la basse, il faut représenter des secteurs réels.

N’importe quelle configuration électorale dans ces conditions mérite une figure provenant de la « Marée verte », du « Ni una menos » : de la lutte et de la tradition d’un mouvement des femmes qui arrache leurs droits dans la rue. Quel meilleur exemple que les femmes qui sont toujours dans les rues et qui n’accepteront jamais un non comme réponse de leurs revendications !

Avec cet énorme mouvement de masses, nous ne pouvons pas revenir en arrière. Les révolutionnaires sommes conscients qu’aucune figure remplace la lutte dans la rue, mais les figures doivent être des porte-paroles de ces luttes dans la plus grande authenticité.

Encore une fois, nous sommes très fiers de mettre à disposition de ces luttes la seule candidate féministe révolutionnaire dans ces élections. Manuela Castañeira, la seule femme aux présidentielles, qui sera la tête de liste du Nuevo MAS en octobre 2019.

Avec la force de la Marée verte et pour un gouvernement des travailleurs, des femmes et de la jeunesse.

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