Par Santiago Follet

La situation de crise ouverte par la pandémie du Covid-19 s’aggrave en France de plus en plus. Hier soir, Margaux d’Adhémar et d’autres journalistes de Le Figaro faisaient le récapitulatif du nombre de personnes contaminées et décédées sur le territoire du pays : «La barre des 3000 décès à l’hôpital (3024) a été franchie ce lundi en France, dont 418 enregistrés au cours des dernières 24 heures, soit la plus forte augmentation en nombre sur une journée depuis le début de l’épidémie, selon le bilan mis en ligne par le gouvernement. Le nombre total de personnes hospitalisées est désormais proche de 21.000 (+1592 depuis dimanche) dont un très fort afflux de cas lourds en réanimation (+424) où sont admis à ce jour 5056 patients.» Ces dernières informations montrent que la France vive actuellement une situation d’urgence qui se rapproche de plus en plus des pays voisins. Alors, la réponse du gouvernement devrait être à la hauteur de la situation, mais ce n’est pas du tout le cas.

 

Édouard Philippe : l’unité nationale pour ne pas critiquer le gouvernement

Samedi, accompagné du ministre de la santé Olivier Véran, Édouard Philippe a fait le point sur la crise du coronavirus pour défendre la politique du gouvernement. Tous les deux seront auditionnés à l’Assemblée ce mercredi pour parler du même sujet. Philippe a annoncé le prolongement du confinement jusqu’au mercredi 15 avril avec le maintien des restrictions actuelles. Il a remercié tous les français et il a dit que le respect du confinement règne dans tout le territoire. Ainsi, il a voulu justifier les choix et les stratégies du gouvernement : «augmenter notre capacité d’accueil dans les services de réanimation» et «aplatir la courbe» de propagation du virus et de cas graves avec le confinement à domicile.

Ainsi, Édouard Philippe a affirmé que «les 15 premiers jours d’avril seront encore plus difficiles que les 15 jours qui viennent de s’écouler», car «le combat ne fait que commencer». C’est pour cela que ce n’est pas le moment de critiquer le gouvernement, mais d’agir en «unité nationale». Monsieur le Premier Ministre a été très clair : «Je ne laisserai personne dire qu’il y a eu du retard sur la prise de décision s’agissant du confinement». Il a également critiqué ceux qui «donnent des leçons et formulent des critiques à posteriori». Pour lui, maintenant c’est le moment de l’unité nationale et après «nous tirerons ensemble les leçons de la crise».

 

Tout ce que le Premier Ministre ne veut pas qu’on dise

OK, d’accord. Si on a bien compris la proposition du Premier Ministre, on ne devrait pas souligner qu’au lieu de se préparer pour l’arrivée imminente du virus au pays, le couple Emmanuel et Brigitte Macron allait au théâtre pour inciter les français à sortir. Ou que le Conseil des ministres du 29 février, qui était censé organiser le plan sanitaire a été utilisé pour faire passer une réforme des retraites dont personne ne voulait. Ou encore que le jour même de l’annonce de la fermeture des établissements scolaires, le ministre de l’éducation critiquait cette mesure.

On ne devrait pas oser dire non plus que le gouvernement a profité de la situation pour déclencher une avancée réactionnaire militariste pour réprimer les «irresponsables», en préférant l’armée à la santé. Un gouvernement qui se vante maintenant d’une «augmentation massive de nos capacités» en termes de lits de réanimation mais qui a consciemment brisé l’hôpital public pendant les dernières années. C’est le même gouvernement qui a appelé auparavant les travailleurs de la santé à s’en sortir par eux mêmes.

Si on ne peut pas dire que le confinement est arrivé trop tard, le Premier Ministre devrait nous permettre de dire que le maintien des élections municipales a été une erreur qui a mis toute la population en danger. Au moins, il devrait excuser la candidate de la République en Marche à la Mairie de Paris, Agnès Buzyn, qui a avoué ne pas être à l’aise avec son passage du Ministère de la Santé à une élection que le gouvernement allait reporter de toute façon.

Selon le Premier Ministre, on devrait attendre que la crise soit passée pour commencer à poser la nécessité d’un plan sanitaire conforme aux besoins de la majorité de la population : un investissement massif dans la santé publique, la revalorisation des travailleurs de la santé, l’arrêt de toute la production non essentiel, la réorientation de l’industrie vers la fabrication de produits de première nécessité pour la santé, le respect du droit de retrait des salariés, le dépistage massif, la distribution des masques et d’alcool hydrolique, etc. Selon le Premier Ministre, nous devrions plutôt faire confiance à ce gouvernement de privilégiés et accepter passivement que les travailleurs crèvent pendant que 300 milliards sont destinés à sauver les grandes entreprises. Il nous faut des mesures en faveur des travailleurs de toute urgence.

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