Ale Quelcom 

Plus de 600 migrants tunisiens qui résident dans le CETI (centre d’accueil temporaire des migrants) de Melilla ont commencé une grève de la faim pour exiger leur transfert immédiat à la péninsule et pour protester contre l’annonce des déportations faites le 27 avril par le ministre de l’intérieur Fernando Grande-Marlaska. 

Cela fait à présent 8 mois qu’ils attendent leur transfert à la péninsule ibérique. La pandémie est venue aggraver leurs mauvaises conditions sanitaires : ils sont 1600 personnes dans un centre d’accueil d’une capacité de 790. «Parfois nous attendons jusqu’à deux heures dans les couloirs pour pouvoir entrer à une cantine bondée où il est impossible de tenir la distance» dénonce une tunisienne. 

Les conditions de surpopulation de l’établissement et les annonces de déportation ont alimenté les protestations faites en Tunisie par leurs familles. D’autre part, les CIES (centres d’internement pour étrangers) de la péninsule ont été vidés mercredi dernier, car les personnes doivent être libérées après une période de 60 jours s’ils n’ont pas été renvoyés vers leurs pays d’origine. 

Le ministère de l’intérieur a déclaré : «l’état d’urgence n’est pas un obstacle pour réaliser des démarches de déportation si les parties impliquées l’accordent», en référence à l’accord entre le gouvernement espagnol et celui de la Tunisie. Et c’est effectivement le cas. Ni l’état d’urgence ni la pandémie globale du coronavirus n’ont fait arrêter les politiques racistes du gouvernement «progressiste» de l’Etat espagnol. 

Pablo Echenique, porte-parole d’Unidas Podemos  au parlement, a publié sur Twitter que l’Espagne devait suivre l’exemple de l’Italie, qui régularisera 600.000 personnes migrantes sans papiers. Selon les autorités italiennes, cette décision a été prise en raison du travail essentiel que les migrants font dans les secteurs agricoles et dans les soins aux personnes âgées. Les migrants obtiendraient donc leurs documents au cours des six mois prochains mais ils n’auront pas le droit au vote. 

Voici la politique raciste du gouvernement espagnol : la validation express des titres de séjour limités pour les travailleurs de la santé, la flexibilisation des saisonniers pour travailler dans le secteur agricole ou la proposition italienne de régulariser les sans papiers pour assouplir le manque de main d’œuvre. C’est à dire, utiliser les sans papiers comme cher à canon pour travailler pendant la crise du coronavirus. Nous exigeons des papiers pour toutes et tous, non parce que cela serait «bon pour l’économie» mais parce migrer n’est pas un délit et personne ne devrait être considéré comme illégal. 

La campagne pour la régularisation a eu un succès important sur les réseaux sociaux pendant l’état d’urgence, mais cela n’est pas suffisant. Le gouvernement fait la sourde oreille. C’est pour cela qu’il faut se préparer et s’organiser pour lutter dans les rues dès la fin du confinement. Des papiers et des droits pour tous et toutes ! Native ou étrangère, même classe ouvrière ! 

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