Sont sortis de nouveau les militaires, les religieux de l’Opus Dei et autres parasites sociaux pour manifester contre le gouvernement de Sanchez dans les rues de Madrid. Ce mouvement, qui se fait appeler « Résistance Démocratique », est né dans le quartier riche de Salamanca (qui a un revenu annuel moyen de 91.154 euros) et plus précisément dans la rue Núñez de Balboa, et s’est répandu dans tous les quartiers les plus aisés des alentours.

C’est enroulés dans des drapeaux espagnols (actuels, fascistes et phalangistes) qu’ils sortent depuis le 10 mai pour faire du bruit accompagnés de casseroles, louches, clubs de golf et même de leurs enfants, qu’ils mettent à profit pour faire augmenter le volume sonore des rues dans le but de protester contre le gouvernement et sa gestion de la crise du COVID-19.

Ils demandent la démission de Sanchez, qualifient le gouvernement de « socialcommuniste » et d’assassin et appellent à des élections générales. Ils exigent vérité et liberté à travers des hymnes martiaux tels que « La mort n’est pas la fin ». « Le virus est Podemos et sa brochure communiste » déclarent-ils aux journalistes.

Alors qu’ils accusaient les féministes d’être la cause de la crise du coronavirus en Espagne en raison du regroupement qu’a généré la manifestation du 8 mars, ils sont aujourd’hui les premiers à sortir pour exiger la fin de la quarantaine. C’est précisément la minorité parasitaire, égoïste et bourgeoise qui sort dans les rues ces jours-ci pour faire lever la quarantaine ; la liberté à laquelle ils font référence consiste à ouvrir les entreprises et exploiter leurs salariés en les faisant travailler dans un contexte de pandémie, sans considérer le recul que cela impliquerait. Ils ne se contentent pas d’un gouvernement qui défend les bénéfices des grandes entreprises, ils voudraient que le PP et VOX soient au pouvoir et fassent sauter toute mesure sanitaire pour « protéger l’économie » comme le font Trump et Bolsonaro dans leurs pays respectifs. Ce n’est pas une surprise quand on sait que les quartiers mobilisés sont ceux qui ont massivement voté pour le PP (41%) et pour VOX (20%).

Avec la bénédiction et le soutien explicite de Ayuso, présidente de la Comunidad de Madrid du PP, et Almeida, maire de Madrid lui aussi du PP, ces groupuscules bénéficient d’une impunité quasi totale ; ils saluent la police, cette dernière ne fait que leur conseiller de se disperser… Ils jouissent de l’indulgence absolue des forces de l’ordre qui, sur 43 000 amandes n’en ont a mit que 20 dans le quartier de Núñez de Balboa. La majorité de ces réprimandes sont évidemment concentrées à Vallecas et Carabanchel, des quartiers ouvriers.

Ces manifestations à caractère purement réactionnaire et anti-quarantaine viennent faire écho aux longues semaines d’offensive des partis de droite. Cette droite ignoble supporte mal l’alliance entre le PSOE et Podemos et s’y attaque de toutes les façons possibles et imaginables. Ils commencèrent cette offensive en responsabilisant le gouvernement pour le nombre de morts, c’est ainsi qu’ils le surnommèrent le « fossoyeur ». A présent, ils imitent Trump et comparent le confinement avec la chute vers la dictature.

Les différences entre les classes qu’exposent ces manifestations sont évidentes. En commençant par le revenu annuel des quartiers les plus riches et la densité de la présence (ou plutôt l’absence) policière. Nous avons tous eu la possibilité d’apprécier le comportement policier dans les zones populaires… Mais c’est finalement le nombre de personnes infectées par le virus qui est le meilleur indicateur : les quartiers pauvres sont 7 voire 12 fois plus touchés que les quartiers les plus aisés.

Il n’y a actuellement aucune opposition à gauche de ce gouvernement qui se dit progressiste pour se confronter à la droite radicale. La gauche réformiste s’est alignée derrière l’alliance PSOE-Unidas Podemos, malgré qu’ils ont bénéficié les grandes entreprises et qu’ils n’ont donné que des miettes à la classe ouvrière.

Face à l’offensive de la droite et de l’extrême droite, il nous faut réagir. En tant que gauche révolutionnaire, nous ne pouvons pas céder la place à ce fléau. La pandémie n’a pas suspendu la lutte des classes et il est de notre devoir de nous confronter à la crise économique et sociale qui arrive. Nous devons passer à l’offensive et proposer une alternative anticapitaliste à ce gouvernement qui s’autoproclame progressiste de gauche, mais qui, dans ses actions, s’est révélé être un fervent défenseur des intérêts des patrons et du capitalisme.

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