Mary S. 

Les conditions de la quarantaine impliquées par la pandémie ont exacerbé les violences dont les femmes sont victimes, un sujet que nous avions déjà évoqué lors d’un article précédent. Ces violences sont multiples et nous allons aujourd’hui nous concentrer sur l’accès à l’IVG. En effet, le Planning familial a alerté à travers un rapport sur les difficultés actuelles rencontrées par les femmes.

L’étude lancée par l’association confirme ces faits à partir des statistiques extraites lors des appels téléphoniques sur le « numéro vert » 0800 081111 : « Une augmentation significative des appels concernant l’IVG (58% contre 48% en 2019 sur la même période) et concernant les tests de grossesse (13% contre 8% en 2019). Nous notons par contre une diminution des appels concernant la contraception, la vie affective et sexuelle et les IST/VIH. Nous sommes donc dans une période où l’urgence prime sur la réduction des risques (prévention des IST et des grossesses non-désirées) et la prise en compte globale de la vie sexuelle (questionnement sur les sexualités, sur le couple, le désir, le consentement, etc.). »

Source : France 3

Le rapport indique aussi une augmentation de 330 % concernant les obstacles et difficultés d’accès à l’IVG, qui comprennent « un accueil IVG culpabilisant et/ou jugeant, une désinformation par un ou une professionnelle ou une personne anti-IVG, une situation de violences conjugales ou familiales, une situation de dépassement des délais légaux français pour la réalisation d’une IVG entraînant un avortement à l’étranger et bien sûr les difficultés liées au confinement. »

Nous partageons la crainte du Planning sur la possible recrudescence de l’accès aux droits reproductifs des femmes après le confinement. Il nous semble légitime de responsabiliser l’Etat pour la situation de beaucoup de femmes qui se voient dans l’obligation de mener à terme des grossesses non désirées. En effet, l’Etat aurait dû mettre en place les dispositifs nécessaires pour que les femmes aient accès à l’IVG durant la période du confinement. 

Il est urgent de mettre à jour tous les dispositifs officiels dédiés à l’IVG : campagnes d’information sur l’accès au droit, le maintien des délais de 9 semaines pour l’interruption médicamenteuse et la réduction du délai de 48h concernant la prise en charge des mineures.

En conclusion, l’augmentation des délais légaux est plus urgent que jamais et c’est à l’Etat de nous la garantir dès maintenant.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here