Dani L. 

Pendant cette dernière période de confinement, on a vu la violence envers les femmes s’accroître en parallèle des contagions au covid19. Les statistiques démontrent que cela ne concerne pas seulement les femmes mais qu’il s’agit d’une violence où les enfants et les adolescents souffrent aussi au sein de leur foyer. En ce sens, nous avons déjà signalé à plusieurs reprises que le foyer n’est pas un lieu de sécurité pour les femmes face au patriarcat.

En Europe les chiffres de consultations et de plaintes pour violences conjugales sont alarmants. On observe une hausse de 25% en Angleterre, de 15% en Espagne et de 30% en France. Depuis le début du confinement, en France, 14 femmes sont décédées par la main de leur compagnon, d’après les données du Collectif de recensement de féminicides conjugaux en France. En ajoutant à cela les chiffres pour l’année 2020, on enregistre à ce jour 33 féminicides et 151 l’année dernière.

L’Argentine est un pays qui possède un très fort mouvement féministe qui lutte contre les violences faites aux femmes et les féminicides ; c’est le berceau du #niunamenos (pas une de moins), un mouvement très présent dans la rue qui lutte pour l’avortement légal dans le pays. Néanmoins, les chiffres n’en sont pas moins importants. A la fin du mois de mai, plus de 40 féminicides ont eu lieu pendant le temps de confinement, et plus de 100 en 2020.

Pour cela, nos camarades de Las Rojas en Argentine ont participé à diverses actions et manifestations dans l’ensemble du pays. Le 30 mars à 18h, une manifestation s’est déroulée dans le cadre du confinement, aux balcons et fenêtres, en reprenant le mode de soutien aux travailleurs de la santé qui se réalisait à 20h. La demande était d’avoir plus de budget pour combattre la violence et l’augmentation du personnel répondant à la ligne d’assistance aux victimes, le 144, ainsi que l’ouverture d’hôtels, d’auberges et de refuges, qui permettent aux victimes d’abandonner leur co-habitation avec les violents.

Le 20 mai, Las Rojas se sont mobilisées pour protester contre les féminicides – tout en respectant les protocoles de sécurité – dans les rues de Buenos Aires. A cette occasion, le collectif a dénoncé le budget de misère que le gouvernement a alloué pour faire face à ce fléau, et à ce titre elles ont soulevé l’exigence du non paiement de la dette extérieure. Le parcours de la manifestation a relié le congrès de la nation et l’obélisque pour donner de la visibilité à cette problématique.

A Cordoba, province qui a connu le cas du féminicide de Cecilia Basaldua, les femmes organisées se sont rassemblées à la porte du « Pôle intégral de la femme », organisme censé accompagner les femmes victimes. Elles ont exigé des améliorations dans leurs conditions de travail, l’augmentation des salaires des femmes qui réalisent des tâches d’accompagnement, et elles ont renouvelé leur action le 14 mai passé.

Dans la ville de La Plata, le 4 mai dernier, Las Rojas ont convoqué une action place Moreno, la place principale de la ville, pour visibiliser la situation des femmes dans cette ville et dans toute la province de Buenos Aires. Elles ont exigé des politiques efficaces pour combattre la violence et une alternative claire pour toutes les femmes qui sont confinées avec des violents. Le développement de politiques publiques efficaces nécessite au préalable qu’un budget leur soit alloué. Une grande partie des femmes qui ont été assassinées pendant de ce temps de confinement avaient déjà déposé des plaintes. A notre avis, l’état est doublement responsable puisqu’en connaissance des risques il n’a pas garantit leurs droits et assurer la protection de leur vie. Pour tout cela Las Rojas vont continuer à se battre et à mener tout type d’actions pour crier haut et fort : #niunamenos (pas une de moins). L’Etat est responsable. 

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