Marie Solet

Partout dans le monde les luttes explosent et se dé-confinent. Il suffit de regarder les grandes mobilisations dans la plus grande puissance mondiale pour comprendre l’envergure de ce moment post-pandémie. Après quelques mois de confinement, les croissantes mobilisations autour de la planète ne font que se multiplier. Pendant cette période on a pu voir la dégradation de la qualité de vie des travailleurs lors de la crise générale d’un système de santé déjà affaibli et pas du tout préparé à faire face à la pandémie. Une grande partie, voir la majorité de la population des pays les plus affectés, a témoigné d’une énorme pauvreté, précarisation et répression de la part de l’état. En effet, les perspectives  qui s’envisagent pour l’avenir ne sont pas forcément une source d’espoir.

On a pu voir comment, lors des rassemblements devant les portes des centres de santé, la force de répression de l’état a toujours marqué du point un rapport de force disproportionné pour venir à l’encontre des réclamations légitimes des soignants. Nous l’avions déjà vu lors du confinement et même le 1er mai. C’est la réponse de l’état quand il s’agit de l’expression de la colère des travailleurs, des femmes, des jeunes des quartiers ainsi que des afro-descendants qui sont aujourd’hui les protagonistes de la rébellion anti-raciste aux États-Unis et à l’internationale.

Quasiment comme une coïncidence, quelques jours avant l’assassinat de George Floyd, éclate le scandale autour des déclarations de Camélia Jordana et ensuite à Paris, une grande foule de migrants sans papiers récuse massivement l’interdiction de manifester lancée par Lallement. Les secteurs les plus à droite se scandalisent et remplissent les réseaux sociaux de propos haineux. Des secteurs qui ne se privent pas de nous dévoiler le caractère raciste de leur fierté républicaine aveugle à la diversité indéniable de ce pays. La manifestation a été massive et elle a compté une présence majoritaire d’afro-descendants parmi les manifestants.

De plus, le « Comité Adama » a rajouté sur le tapis politique la discussion sur les violences policières, avec deux mobilisations de masse. La nécessité d’en finir avec la répression de l’Etat rejoint les revendications des nombreux Gilets Jaunes victimes eux aussi de « bavures » des chiens de garde des riches et du profit.

Néanmoins, l’ensemble de ces événements ne laissent qu’un constat. L’évidente utilisation de la force en faveur d’un système qui stigmatise, qui est à la base raciste, patriarcal, inégalitaire, contraste avec la conception macronienne du rêve d’un « monde d’après ». L’attitude du gouvernement sous-estime complètement la population qui accumule un ras-le-bol depuis plusieurs années. Les Gilets Jaunes étaient déjà une expression de la dégradation généralisée des conditions de vie.

Les gouvernements néolibéraux sont de nos jours bien loin de nous offrir le renforcement du système de santé publique, d’offrir des protections élémentaires pour les victimes de violences machistes et sexistes, d’agir contre la violence policière et raciste. Tout au contraire, Castaner veut défaire à tout prix l’idée d’une institution policière raciste à la base.

Nous sommes d’un avis contraire, il s’agit  plutôt d’un facteur assez structurant de notre système basé sur la protection des intérêts privés, suivant la logique irrationnelle du capital, tout cela au détriment de la vie des gens. Les vies des gens qui travaillent pour survivre, (voir la majorité) ne comptent pas aux yeux du capital. Le gouvernement Macron représente les secteurs ennemis des travailleurs, des jeunes et des femmes puisqu’il est le garant de l’application des politiques capitalistes.

D’autre part, la solidarité avec les hospitaliers s’est bien exprimée pendant le confinement. Les applaudissements à 20h, la reconnaissance sociale aux soignants et les démonstrations de soutien mettent en lumière l’importance du secteur de la santé pour l’ensemble des usagers du système public de santé. Ils avaient dénombré leurs efforts, en exprimant de constants avertissements, par des manifestations notamment,  depuis déjà quelques années. La colère due à la situation catastrophique de l’hôpital public est toujours là.

Nous croyons fortement que la crise de  la représentation politique ne passe pas seulement par en haut. Les directions syndicales jouent un rôle de contention des luttes qui reste urgent à dépasser.

C’est à nous d’orienter toute cette colère et de l’amener du balcon à la rue. Il est urgent de développer des liens entre les secteurs en lutte avec les victimes des violences, les noirs, les sans-papiers, les femmes, les jeunes et les Gilets Jaunes car c’est tous ensemble qu’il faut lutter sans sectarisme contre le même adversaire.

Il est nécessaire et urgent que les directions syndicales et les travailleurs, déploient tous ces moyens pour construire une intervention unitaire lors de la grande mobilisation prévue le 16 juin prochain. Nous appelons à tous les secteurs en lutte à accompagner les soignants, première ligne de combat quand la vie de ceux d’en bas est en jeu. Il n’y a que les travailleurs qui sauvent les travailleurs.

Soyons nombreux et nombreuses dans la rue, dé-confinons nos colères ! Le 16 juin : passons du balcon à la rue !

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