Santiago Follet

Dans un article paru sur Le Monde, Sylvia Zappi décrit la situation interne du NPA et parle d’une possible “implosion” du parti : Scission, le terme n’est désormais plus tabou au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA). L’organisation révolutionnaire connaît une crise sans précédent dans l’histoire de ce jeune courant d’extrême gauche, né en 2009. La majorité, emmenée par Olivier Besancenot, envisage de proposer une séparation à l’amiable aux autres minorités, accusées de bloquer le fonctionnement collectif. Ces tensions internes font suite à une série de déconvenues, électorales et stratégiques.

En effet, le secteur représenté par Olivier Besancenot, ex-candidat présidentiel et par Christine Poupin, tous les deux portes-paroles du NPA, a décidé de rendre public le débat interne qui traverse actuellement le parti. Au moins un secteur important de la direction historique prévoit officialiser « une rupture en bonnes termes » avec les autres sensibilités dans le prochain congrès de décembre.

Cette rupture ne signifierait aucun avancée, mais au contraire elle marquerait un recul pour l’organisation des révolutionnaires en France. Une situation paradoxale dans un contexte de fortes luttes de classes au niveau national et international.

Les luttes contre le gouvernement Macron ont donné lieu à la naissance du mouvement des Gilets Jaunes, à la grève contre la réforme des retraites et aux récentes manifestations anti-racistes et des travailleurs de la santé, qui sont massivement descendus dans les rues à partir du déconfinement.

Ces expressions de la mobilisation sociale dans les rues relèvent la nécessité de construire un outil politique capable de représenter tous les combats de travailleurs. Surtout si on prend en compte la crise actuelle de représentation, l’énorme colère contre le gouvernement Macron, le rejet des partis traditionnels et le record d’abstention autour du 60% dans les dernières élections municipales.

Dans ce sens, le succès de la campagne de Philippe Poutou, récemment élu au conseil municipal de Bordeaux, devrait servir comme l’exemple de la potentialité qui existe pour le NPA pour occuper une espace politique importante, en tant que référence de l’extrême gauche.

Mais nous devons profiter de cette potentialité pour construire un fort parti militant en toute indépendance de classe. Il y a une espace politique énorme pour construire cette perspective et c’est pour cela qu’il n’est pas question de provoquer « l’implosion » du NPA quelques mois avant le prochain congrès du parti, mais au contraire de parier pour la construction du NPA, pour un parti militant, non sectaire, indépendant et révolutionnaire.

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