Dans son discours Macron s’est félicité des « efforts » faits par le gouvernement en dressant un bilan plutôt positif des actions menées jusque là. Le Président vante les mérites de la mise en place du système de dépistage ainsi que d’une soi-disant augmentation du nombre de lits en réanimation en comparaison avec ses voisins européens les Pays Bas et l’Espagne. Cependant, M. Macron a omis d’évoquer le cas italien, car en ce qui concerne le nombre d’embauches de personnel médical, la France reste largement à la traîne par rapport à l’Italie.

Dans son discours le Président déploie toute une série d’excuses au sujet de la hausse du
nombre de décès qui vont avoir lieu dans les prochains jours. La capacité du pays à tester sa population est depuis septembre largement insuffisante. Les laboratoires sont saturés et les délais de résultats s’allongent sans cesse. Dans ces circonstances, il est impossible de freiner les contagions. Quant aux hôpitaux, le personnel soignant lui-même dénonce son incapacité à faire face et le président a du avouer que le système sanitaire est sur le point de s’effondrer.

Les annonces ont sans cesse établis des parallèles avec la première vague pour justifier la
mesure d’un reconfinement. Selon le discours du gouvernement c’est encore la seule façon
de freiner le virus. Macron a clairement donné son objectif : au delà de protéger les plus
fragilisés, les personnes âgées, il s’agit de sauver l’économie et les profits des capitalistes.
Ainsi, les écoles resteront ouvertes (à l’inverse des Universités) pour que les travailleurs
puissent laisser leurs enfants et se rendre au travail, le gouvernement accède ainsi aux
demandes du MEDEF et des entreprises.

Il ne s’agit pas d’un confinement avec les mêmes caractéristiques que celui de mars/avril. La décision de laisser les écoles ouvertes n’a pour but que de satisfaire l’entrepreneuriat et rend la mesure du confinement presque inutile, favorisant la circulation de personnes et du virus.

Les mesures détaillées, en ce qui concerne les tests par exemple, doivent être précisées dans les jours qui viennent par le gouvernement. Ce type de mesures impliquent une assignation de budget qui ne correspond pas au caractère d’austérité adopté jusqu’à présent par le gouvernement.

La popularité du gouvernement de Macron est en baisse parmi les travailleurs. Sur les
réseaux sociaux le mécontentement grandit de jour en jour avec les annonces de mesures
répressives et la déclaration du couvre-feu il y a une semaine. L’ensemble de mesures prises par le gouvernement donnent une sensation abjecte de contrôle social sous-couvert de la pandémie, sans aucune mesure en parallèle pour renforcer le système de santé public.

L’instrumentalisation du gouvernement va encore plus loin: il utilise l’assassinat du professeur Samuel Paty pour favoriser un discours de haine et mettre en place une
conjoncture réactionnaire et répressive auprès de la communauté musulmane de France.
Macron qui, jusqu’à la semaine dernière, se galvanisait dans son discours prônant la
« liberté » à tout va, applique aujourd’hui des mesures liberticides qui restreignent nos
trajets de la maison au travail et du travail à la maison.

Le gouvernement a eu plusieurs mois pour mieux se préparer à affronter la deuxième vague de l’épidémie et pourtant il n’a fait que démontrer son incompétence dans la gestion de cette crise sanitaire. La priorité c’est de maintenir l’économie en autorisant les déplacements exclusivement pour se rendre au travail avec une attestation de l’employeur. Toute autre activité de socialisation, manifestations sur la voie publique etc. restent interdites y compris dans l’espace privé.

Un confinement dans ces conditions n’est rien d’autre qu’une mesure adaptée aux seuls
besoins de l’entrepreneuriat. A l’inverse, nous, les travailleurs, sommes cantonnés aux
activités qui rapportent des bénéfices aux capitalistes.

Macron lance son appel à l’unité nationale, « il faudrait nous en sortir tous ensemble ». C’est la même unité nationale lorsque le gouvernement impose une répression sociale toujours plus forte pour sauver les intérêts du capital. L’unité dont nous avons besoin c’est celle des travailleurs, celle «de la France d’en bas», pour imposer des conditions de vie dignes, exiger plus des moyens pour la santé publique et faire face à cette deuxième vague du covid-19 de façon réellement efficace.

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