Article paru sur L’Anticapitaliste
Partout dans le monde, nous pouvons constater que le droit des femmes à disposer de leurs propres corps et à décider de leurs chemins de vie a été mis sur les agendas publics grâce à la lutte féministe dans le contexte de la dénommée « quatrième vague ». En effet, depuis 2018, le droit à l’avortement a été obtenu par exemple en Irlande, dans l’État mexicain d’Oaxaca et en Nouvelle-Zélande.

De l’Argentine à la Pologne

Ce dernier mois, nous avons suivi avec attention la lutte argentine pour obtenir enfin une légalisation de l’IVG. Nous avons fait partie du rassemblement des femmes du mercredi 10 à Saint-Michel, Paris, lorsque la chambre des députés de ce pays approuvait le projet de loi. Des dizaines de femmes argentines, et autres, sont venues portant leurs caractéristiques « foulards verts » qui sont devenus un symbole international de lutte. Le 29 décembre la loi d’IVG sera votée au Sénat pour la deuxième fois, une chambre difficile et conservatrice. Rien n’est encore gagné et c’est pour cela que de nombreux rassemblements s’organisent, comme celui qui se fera à la place de la République à Paris, lors d’une journée qui pourrait être historique.

Mais la lutte pour l’avortement n’est pas seulement une lutte offensive pour obtenir l’accès à l’IVG. Il y a également des luttes défensives contre les attaques à ce droit, comme en Pologne, où la Cour constitutionnelle a interdit presque tous les types d’avortement le 24 octobre1. C’est dans ce contexte que le mouvement des femmes polonaises appelait à une journée internationale de solidarité le dimanche 13 décembre. Cette journée faisait partie d’un plan de bataille commencé en Pologne mais avec des actions solidaires dans plusieurs pays. À Paris, un premier rassemblement a eu lieu le 26 octobre dernier, animé par de jeunes Polonaises, avec des discours féministes qui ont dénoncé clairement la responsabilité du gouvernement du parti « Droit et Justice » (PIS) et de l’Église. Le dimanche 13, on a constaté qu’il y avait un discours différent, centré sur la « famille » avec un drapeau de l’Union européenne. Cependant, une centaine de personnes, notamment des femmes polonaises plutôt jeunes, se sont rassemblées malgré le froid et la pluie. Nous avons marché ensemble de la place Saint-Michel jusqu’au Panthéon. La manifestation s’est terminée avec une performance théâtrale touchante, le drapeau rouge du pays taché de la souffrance des femmes.

Dans le contexte d’une « demi-approbation » de la loi d’IVG à l’Assemblée argentine, les Polonaises voient avec espoir la possibilité d’élargir leur mouvement et de s’appuyer sur les liens de solidarité avec le mouvement féministe au niveau international, pour avancer dans leurs revendications. On reste en alerte pour soutenir les femmes du monde entier qui luttent pour tous les droits qui leur manquent encore, et pour nous solidariser avec elles.

Daniela et Flora

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