Facundo Oque

15 janvier 2021

Donald Trump a été bloqué sur Twitter, Facebook et Instagram. Il a soutenu l’initiative de la horde de proto-fascistes armés qui a occupé le Capitole avec le projet de perpétrer un acte anti-électoral.

Twitter explique : « En raison de la situation de violence sans précédent et continue à Washington DC, nous avons exigé la suppression de trois Tweets @realDonaldTrump qui ont été publiés aujourd’hui pour des violations graves et répétées de notre politique d’intégrité civique. Cela signifie que le compte de @realDonaldTrump sera verrouillé pendant 12 heures après la suppression de ces Tweets. Si les Tweets ne sont pas supprimés, le compte restera verrouillé.

Certains secteurs progressistes, et même des médias qui prétendent être de gauche , se sont prononcés pour critiquer le blocus, arguant qu’il représentait un outrage à la liberté d’expression, et que la même censure pourrait être utilisée contre l’activisme et les mouvements de lutte, dans le futur.

La situation politique aux États-Unis a continué de se polariser cette année. Entre les manifestations contre l’assassinat raciste de George Floyd, qui ont relancé et rendu massif le mouvement #BlackLivesMatter d’une part, et des secteurs qui s’expriment de manière de plus en plus réactionnaire et conservatrice, essayant même de passer outre les limites de la démocratie bourgeoise.

Etant donné le manque d’alternatives indépendantes résultant du régime électoral anti-démocratique yankee, le vote en faveur de Joe Biden a exprimé indirectement le rejet de la part de larges secteurs populaires, les latinos, les immigrés, les femmes, les Noirs, les jeunes, face à un monstre réactionnaire et raciste comme Trump. Cette pression de masse, dans la mesure où elle a été contrôlée par les mécanismes d’endiguement du Parti démocrate, n’a pas réussi à s’exprimer dans les rues en confrontant les fascistes qui ont pris le contrôle du Capitole. Cependant, une forte pression d’en bas s’est exercé contre les putschistes et c’est, en fin de compte, cette pression qui fait que des réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook, qui ont été le cœur des campagnes électorales de Trump et le principal moyen pour la croissance de son image, aujourd’hui retournent leurs vestes et l’empêchent de s’exprimer à travers leurs plateformes.

Rejeter la censure des fascistes est une grave erreur, car cela signifie donner les armes aux organisations qui remettent en question les droits démocratiques les plus élémentaires des masses, Si le putsch avait été victorieux, le droit démocratique élémentaire des masses à s’exprimer électoralement aurait pris un coup.

Nous, socialistes révolutionnaires, n’exigeons pas de droits démocratiques ni de liberté d’expression pour ceux qui veulent écraser la classe ouvrière. Au contraire, nous réclamons qu’ils doivent être écrasés par la mobilisation dans les rues.

Il y a des positions conquises dans ce domaine, dans la démocratie bourgeoise, comme la politique de censure dans les réseaux envers les revendications (ou les négations) de l’holocauste, les messages ou symboles nazis ou racistes, ainsi que les revendications des dictatures militaires. Que la censure de ces expressions fascistes relève du bon sens parmi de vastes secteurs, c’est une énorme réussite démocratique qui doit être défendue.

Bien entendu, les réseaux sociaux, comme le monopole des médias traditionnels, représentent souvent un obstacle aux mouvements de lutte. Ils sont utilisés pour les minimiser, les censurer ou les diffamer. Tant que ces médias sont entre des mains privées, leurs algorithmes et leurs politiques auront tendance à défendre leurs propres intérêts, à essayer de dépolitiser la société ou à promouvoir la croissance de personnalités infâmes comme Donald Trump. Cependant, comme toute sphère sociale de masse, les réseaux sont également perméables à la pression sociale. Malgré leur caractère capitaliste, ils ont joué un rôle clé dans la diffusion de nouveaux mouvements de lutte, accompagnant la croissance d’une toute nouvelle génération d’activistes qui ont fait des hashtags leurs lignes directes pour multiplier leurs revendications.

Nous ne pensons pas un instant que les multinationales des réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter vont faire quoi que ce soit d’autre que s’éloigner de leur complicité directe avec les putschistes, mais le fait d’avoir censuré Trump est en soi une conquête démocratique des exploités et opprimés.

Nous continuons à construire une alternative socialiste d’en bas, face à ce nouveau siècle qui s’ouvre, avec ses nouvelles technologies et ses nouveaux paradigmes. Alors que nous élaborons notre programme de lutte pour le contrôle activiste, ouvrier et social des réseaux, nous devons exiger le blocage et la censure des fascistes, des racistes, sexistes et de tous les droitiers qui tentent de passer outre les libertés démocratiques, en attaquant les droits des exploités et opprimés.

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