Par Roberto Sáenz, dirigeant du courant international Socialisme ou Barbarie, le 6 février 2021.

 

« En dehors du pouvoir, tout est illusion. » (V. I. Lénine)

 

Le PTS a mis quelques semaines à répondre à notre texte, mais n’a réussi qu’à accumuler des arguments doctrinaires et ad hominem. Rien à voir avec les problèmes réels, par contre c’est la réaffirmation, une fois de plus, qu’en dehors d’eux il n’y aurait aucune légitimité ; ils seraient le seul courant trotskyste ayant le droit d’exister (argument stalinien par excellence). 1

Pour ne pas vous ennuyer, nous essaierons de faire le contraire. Nous essaierons de placer chaque déclaration que nous faisons dans le contexte d’une expérience réelle. Les discussions doctrinales sont celles dans ont répète ce que « les classiques » ont dit, mais sans enrichir ses déclarations ; sans les placer dans le contexte des développements réels de la lutte de classe, qui au siècle dernier était d’une richesse inhabituelle et a fait exploser plus d’un schéma.

Le texte de Lizarrague est conçu pas pour aider à la réflexion, mais uniquement pour réaffirmer le dogme et le PTS comme son gardien. Plus « trotskyste que quiconque », il fonde sa légitimité dans cette profession de foi : un mécanisme classique et banal de polémique factionnelle au sein des courants du trotskysme, celui de s’affirmer dans des citations et non dans l’étude critique de la réalité.

Avec Lizarrague ce qui nous est arrivé c’est ce qui Trotski a raconté quand il débâté avec Radek dans La révolution permanente à la fin des années 1920. Il a souligné que la controverse avec lui avait été comme « digérer le coton brut », parce que ses arguments étaient gris, doctrinaires, soutenus par de vieilles formulations bolcheviques que la Révolution de 1917 avait laissées sans validité, au lieu de discuter du processus réel de la lutte de classes on court qui se déroulaient sous ses yeux.

Certaines questions attirent l’attention du texte de Lizarrague que nous ne voulons pas manquer. Il ne prend pas responsabilité de la publication fait par son courant de la biographie de Trotski écrite par Isaac Deutscher.

Les trois volumes de la trilogie sont sortis tout au long des années 1950 et le dernier au milieu des années 1960. Précédemment, Deutscher avait écrit son Staline (1949), où il a exprimé des théories similaires. Cet ensemble d’écrits englobe trois ou quatre mille pages et ils ont tous le même problème : la révolution socialiste avancerait, malgré tout, par le stalinisme ; cela remplissait un rôle progressiste. Tout l’œuvre de Deutscher, finalement, c’est une défense de Trotski et du marxisme classique, mais pour conclure que le marxisme n’aurait pas été en accord avec l’époque qu’ils vivaient, où la révolution s’était développée sur des bases plus «pragmatiques»: le pragmatisme des désastres de la collectivisation forcée, l’industrialisation accélérée, les grandes purges et la liquidation de toute la génération bolchevique, l’occupation de pays entiers par l’Armée Rouge bureaucratique et une foule d’autres problèmes qui ont finalement empêché la classe ouvrière de prendre le pouvoir et de développer la transition socialiste!

Lizarrague signale qu’ils ont publié la trilogie deutschérien avec une introduction critique. Nous vous recommandons de le lire : il ne contient aucune critique fondamentale des conceptions objectivistes et antisocialistes de la révolution et de la transition de Deutscher ; juste l’angle correct mais insuffisant qui, évidemment, le stalinisme n’a pas propagé la révolution à l’échelle internationale. Cette critique du PTS tombe également à mi-chemin, car le rapport de Albamonte présente le stalinisme comme propageant la révolution en Europe de l’Est après la Seconde Guerre mondiale. Argument deutschérien si’il y en a !

En bref, la nature extrêmement fractionnaire du texte de Lizarrague dénote deux choses : premièrement, ils ont été forcés de répondre ; s’ils l’ont fait, c’est parce qu’ils se sont sentis touchés. Et deux, qu’ils commencent aussi à ressentir la pression de l’émergence d’un courant comme le nôtre, qui se construit au niveau national et international depuis des années, bien que plus lentement que le PTS, c’est vrai, mais de manière solide, cohérente et avec un pari stratégique énorme ; le faire défie les « vérités consommées » de la logique sectaire.

Il est courant que, lorsqu’il se sent plus « acculé », le PTS recourt à la disqualification personnelle, comme on peut le voir habituellement et pas seulement dans ce texte de Lizarrague. Dans tous les cas, il est préférable de parler en son propre nom que d’être un scribe pour les autres (et pour couronner le tout avec des arguments doctrinaux qui sont à des années-lumière de toute « dialectique matérialiste » !).

 

La tâche du réarmement stratégique

Allons un peu maintenant à la source historique de la crise du morénisme et le trotskysme en général. Le PTS démarre en raison de la crise de l’ancien MAS et de l’ancien LIT, et donne ses définitions par rapport à cela (c’est-à-dire circonscrit à cela comme la source de tout mal). Mais le début de l’analyse doit être plus vaste, plus large et a ses racines dans les développements du siècle dernier, les plus révolutionnaires et contre-révolutionnaires de l’histoire de l’humanité. Qu’on le veuille ou non, le siècle dernier s’est terminé par un revers dans la lutte des classes. La chute du stalinisme a coïncidé avec l’offensive du capitalisme néolibéral et de la mondialisation, qui a fini par configurer une offensive conjointe contre les exploités et les opprimés.

À cela, nous devons ajouter que pendant une grande partie du siècle dernier, les forces bourgeoises et bureaucratiques ont dominé le mouvement ouvrier, et notre courant marxiste révolutionnaire a été largement marginalisé.

Par conséquent, la critique que le PTS fait de pratiquement tous les courants du trotskysme dans la période d’après-guerre est capricieuse ; il les évalue post festum, en dehors du contexte réel de la lutte des classes. Et bien sûr, après le fait, c’est facile …

Le PTS expose subjectivement les éléments du bilan ; il enlève les courants de leur contexte et semble perdre de vue le fait que tout au long du cours du trotskysme d’après-guerre, il y a des enseignements et des fils de continuité qui doivent être collectés de manière critique. Le bilan doit nécessairement combiner des éléments objectifs et subjectifs, à la fois la crise de l’opportunisme et le sectarisme.

Le PTS estime que la crise du trotskisme est une simple crise d’opportunisme, quand il s’agit de quelque chose plus complexe et plus grand : C’est une crise de marginalisation de notre mouvement en tant que sous-produit de la défaite depuis les années 1920 de notre courant socialiste révolutionnaire et de la domination sur le mouvement ouvrier du stalinisme, de la social-démocratie et du nationalisme bourgeois.

Les événements entourant la chute du mur de Berlin et les États bureaucratiques dans leur ensemble ont donné un contexte à la crise, non seulement dans l’ancien LIT, mais aussi dans tous les courants du trotskisme international. Dans le cas du morenisme, il ‘y a également pesé un cadre théorique-stratégique totalement objectiviste qui ne tenait pas compte de tous les éléments stratégiques. La critique du PTS dans son dernier texte selon laquelle « nous défendons Moreno contre Trotski » est frappante, car en réalité le PTS partage avec Moreno beaucoup plus d’hypothèses de la théorie de la révolution que nous ne le faisons …

Depuis les années 1990, le noyau fondateur de notre parti et de notre courant se situait en, étant donné l’ampleur historique des événements, il fallait partir d’un équilibre stratégique global. De cette façon, nous coïncidons avec d’autres référents anciens du LIT, dont nous avons beaucoup appris même si par la suite nous avons dû mener une bataille très dure car ils bougeaient, de plus en plus, vers le liquidationnisme. Cette élaboration et cette bataille avaient des éléments internationaux car l’ancien SAI était un courant assez important, et malgré son recul, ce contexte général nous permettait à cette époque d’enrichir notre bataille.

Lizarrague critique le fait que certains collègues avec lesquels nous avons partagé des batailles dans les années 90 sont ensuite passés à l’opportunisme, ce qui est un fait. Et quoi ? Qu’y a-t-il de nouveau dans le fait qu’il y a des gens qui quittent la voie révolutionnaire après avoir partagé avec nous des voies plus correctes ? Ou Lénine n’a-t-il pas partagé les batailles avec Plekhanov Ou Martov à l’époque ? Ou Lénine n’a-t-il pas apprécié Kautsky parmi ses professeurs ? Ou Rosa n’était-elle pas amie depuis longtemps avec les maris Kautsky ? Le propre argument du PTS est ridicule, car l’un des cadres originaux de son courant est l’actuel leader de Democracia Obrera (un groupe presque fou Argentin trotskyste), l’autre est un économiste marxiste de valeur qui se déclare expressément non trotskyste, tandis qu’un autre se consacre aujourd’hui à être potins du trotskysme sur les réseaux sociaux. Et cela sans compter Martin Ogando et Jorge Sanmartino, transformé respectivement en leader kirchnerien et intellectuel …

Contrairement à ce que dit le PTS, nous sommes fiers de notre bilan. Pas seulement par rapport à les moments les plus élevés de la lutte des classes au cours des dernières décennies : Argentinazo, conflit de pays, journées des 14 et 18 décembre 2018, Guernica, etc., pour ne citer que les nationales, mais par souci conscient de tirer les enseignements de l’expérience historique et de mettre toutes les évaluations à la lumière de celles-ci.

Du début à la fin, le texte de Lizarrague est doctrinaire. Que signifie le doctrinalisme ? Le refus de discuter des vrais problèmes, remplacez son étude par des recettes prescrites. C’est plus dramatique toujours quand ce qui concerne ces l’événements historiques de la lutte des classes, appelés à quitter les enseignements d’époque.

Face à la crise de l’ancien LIT et morenisme, le PTS pris, comme « stratégie de sortie », le retour à Trotski. Toute la critique de Nahuel Moreno était dans la mesure où il « s’est éloigné de Trotski « … Le PTS a critiqué Moreno sans tenir compte du fait que l’un de ses mérites méthodologiques, bien qu’échoué parce qu’il ne pouvait pas le mener à bien, Il essayait de donner des réponses à une réalité complexe qui a défié nombre des prévisions de notre mouvement !2

Moreno affirmera honnêtement que la réalité des dites révolutions sans classe ouvrière, qui ont fini par s’exproprier et semblaient consommées comme des « révolutions socialistes » (une question sur laquelle nous ne sommes évidemment pas d’accord), était une question qui était dans sa tête depuis 30 ans (et pas seulement lui, mais pratiquement tout le trotskysme d’après-guerre). Et vraiment, ces processus d’après-guerre – ainsi que la dégénérescence stalinienne – ont été un véritable « galimatias historique » que le PTS semble « résoudre » parce qu’il fait face à des phénomènes tout à fait originaux avec les œillères du doctrinarisme. Il est significatif qu’il ne soit pas ému par l’absence de la classe ouvrière dans ces révolutions anticapitalistes, ni, pire encore, par la profondeur sans précédent de la contre-révolution stalinienne et dès les leçons qui doivent en être tirées.

Lizarrague souligne que les nouveaux phénomènes doivent être pris en compte « mais sans perdre de vue la norme » : c’est-à-dire l’ensemble des enseignements historiques qui résument notre théorie. Mais si cela est vrai, il y a aussi le danger symétrique de s’attacher doctrinalement à une supposée «norme», et l’affirmant au-dessus de l’expérience réelle des exploités et des opprimés: comme les révolutions doivent être «ouvrières et socialistes» parce que Trotski l’avait soi-disant défini ainsi, et comme l’État doit continuer à être ouvrière parce que lui aussi l’avait défini ainsi, même si cela passe au-dessus de l’expérience historique réelle, des expériences réelles des exploités et des opprimés, la norme doit être affirmée contre les faits. ..

Nous le répétons : cette question renvoie à la dialectique entre actualisation et enseignements historiques acquis par le marxisme. Les courants sectaires restent dans la simple défense de l’héritage – plutôt sa lettre écrite – sans se rendre compte que l’héritage du marxisme révolutionnaire, sa richesse, doit être vivifiée tout le jour pour ne pas pétrifier et mourir. Bien sûr. Quoi À leur tour, les courants opportunistes ou postmodernes n’ont pas une compréhension profonde de notre héritage et tombent dans l’éclectisme et l’épicerie verte théorico-politique, ce qui nous ramène aux désastres du pragmatisme (ce pragmatisme (ce pragmatisme auquel il aimait beaucoup, un ami du PTS : Isaac Deutscher).

Notre courant international est né de la lutte politique au sein de l’ancien LIT et de l’ancien MAS. De là, le PTS a également émergé, parfois quelque peu différent bien que dans le cadre du même processus général de crise du morenisme. Mais notre courant avait un angle très différent de celui du PTS pour faire face à cette crise. Notre principale préoccupation dans le domaine théorique-politique a toujours été d’essayer de tirer les leçons de l’expérience historique, regardez-le avec nos outils classiques mais sans œillères.

Avec ces fondements, peut-être, l’histoire de chacun peut être mieux comprise et ne pas prétendre revendiquer une seule légitimité ; surtout quand, dans le cas du PTS, cette « légitimité unique » s’incarne dans un projet aux fortes caractéristiques sectaires et doctrinales, en plus d’accumuler des éléments d’opportunisme croissant.

 

Quelques points théorico-stratégiques

Le doctrinarisme du PTS l’empêche de tirer des leçons de l’expérience réelle. Aucune théorie de la révolution et de la transition socialiste au XXIe siècle peut être une « copie fidèle » de celle de Trotski, simplement parce que l’histoire a continué après son assassinat.

Il ne s’agit pas d’une déclaration « iconoclaste » mal comprise, mais simplement de la prise de conscience que la réalité du siècle dernier était plus complexe.

Lizarrague mélange librement ce que nous affirmons et n’a pas lu une ligne de notre élaboration concernant la révolution et la transition socialiste au XXe siècle. Une élaboration que nous concevons toujours comme un plan de travail ouvert, impossible à « fermer » sans prendre en compte les nouvelles révolutions socialistes qui se profilent dans le futur.

Fondamentalement, la synthèse de Trotski en « La théorie de la révolution permanente » C’était qu’il n’y avait pas de pays plus mûrs et immatures pour la révolution socialiste, que dans tous les pays la révolution est possible, rejetant ainsi la théorie de la révolution par étapes du stalinisme et affirmant que la transformation des tâches démocratiques en socialistes, la transition socialiste dans son propre pays et la révolution internationale, ils devaient être commandés par la classe ouvrière. C’est, très fondamentalement, ce que Trotski affirmerait en 1929, rejetant, nous le répétons, à la fois la révolution par étapes et le socialisme dans un seul pays (tous deux produits « théoriques » finis du stalinisme).

Cependant, dix ans plus tard, en Le programme de transition, Trotski ajouterait un petit paragraphe indiquant une leçon que lui a laissée Lénine : on ne peut exclure que, en tant que sous-produit de grandes crises, guerres, des fissures économiques, etc. les directions petit bourgeois allaient plus loin sur la voie de l’anticapitalisme. Lénine avait formulé cette hypothèse par rapport à les mencheviques et les socialistes révolutionnaires à certains moments forts de 1917, hypothèse qui n’a finalement pas été confirmée. Mais Trotski ajouta aussitôt que, dans tous les cas, cette expérience serait pour une période de temps très courte et immédiatement le passage à la dictature du prolétariat proprement dit, c’est-à-dire au pouvoir de la classe ouvrière, serait envisagé.

Bien. Le problème est que ce n’était pas exactement ce qui s’est passé dans la deuxième période d’après-guerre. Les dirigeants petits-bourgeois-bureaucratiques ont fini par briser avec le capitalisme sous la pression de conditions objectives, configurant des révolutions anticapitalistes dans lesquelles la classe ouvrière n’est jamais arrivée au pouvoir. La période pendant laquelle les dirigeants bureaucratiques sont restés à la tête des États a duré pour toujours. Et, à notre connaissance, Cela signifiait que ces processus ne finissaient pas vraiment par devenir des révolutions socialistes proprement dites.3.

En aucun cas, Trotski n’avait anticipé de nouvelles révolutions socialistes dirigées par la bureaucratie, comme il l’affirme en quelque sorte Albamonte. Il n’avait pas non plus avancé, il est vrai, l’idée de révolutions anticapitalistes sans socialisme, comme nous pensons que c’étaient ceux d’après-guerre : une originalité historique, Et c’est exactement à cela que sert l’histoire, pour être originale à plusieurs reprises ! Mais dans notre cas, au moins nous avons toujours essayé de rassembler l’esprit le plus profond de l’élaboration marxiste révolutionnaire en général, dont le pari axiomatique -Hal Draper–c’est que le rôle historique de la classe ouvrière a toujours été de transformer le monde, un processus d’émancipation qui est l’auto-émancipation, et non qu’un substitut vienne « sauver » la classe ouvrière …

Ensuite, nous avons la théorie de la transition socialiste. Lizarrague nous accuse de penser « une « transition » qui « avance » toujours, que si elle présente des déformations ou des dégénérescences, elle cesse d’être une « transition », contrairement à la méthode matérialiste dialectique de Trotski (…) ».

Il est vrai que la transition n’avance pas toujours, qu’elle peut passer par des avancées, des reculs, etc. telle est la dialectique historique. Maintenant, de cette façon, le PTS entend faire face à l’un des événements historiques les plus dramatiques de l’histoire de l’ex-URSS, comme la collectivisation forcée et l’industrialisation accélérée, qui, avec les Grandes Purges, ont liquidé la génération bolchevique et déplacé la classe ouvrière du pouvoir.

Lizarrague affirme que Trotski avait bien fait de considérer le régime social de l’ex-URSS dans les années 1930 comme « transitoire entre capitalisme et socialisme », ce sur quoi nous sommes d’accord. Nous avons toujours souligné que Trotski avait pris soin de ne pas enterrer une révolution qu’il considérait vivante. Cependant, il y a aussi une autre question qui Lizarrague balaie commodément sous le tapis, et c’est le fait que, lors de discussions en 1939, Trotski avait souligné que c’était une erreur de prendre la catégorie de l’Etat ouvrier comme simplement «logique»; qu’elle devrait être considéré comme « une catégorie historique au bord du déni », et qu’on pourrait même être dans une même organisation avec des collègues qui avaient une définition différente de celle de l’URSS dans la mesure où il était convenu dans les tâches à affronter 4.

Cependant, le « matérialisme dialectique » du PTS semble très raide quand il laisse le processus historique figé. C’est-à-dire, quand il transforme les événements des années 1930 dans l’ex-URSS en une catégorie logique, vidant leur contenu historique-concret, contrairement à ce que recommandait Trotski ; quand il perd de vue l’action et la réaction de la base et de la superstructure dans la transition socialiste ; quand il prétend que l’imposition de la bureaucratie à ces États pendant 70 ans n’a eu aucune conséquence sur les conquêtes de la révolution au-delà de simples « déformations ou dégénérescence ». Au-dessus, ces déformations et dégénérations ont toujours été prises par le PTS, dans son sectarisme vers l’expérience concrète de ces pays, comme clichés ; il n’a jamais entrepris une étude sérieuse sur le sujet, une étude pour le positif et pas seulement ad-hoc, comme nous l’avons fait en Critique des révolutions socialistes objectives, un texte d’il y a 20 ans, ou dans Dialectique de la transition. Planification, marché et démocratie ouvrière, Il y a 10 ans, dans nos études critiques sur les révolutions de la Chine et de Cuba, sur les révolutions anti-bureaucratiques d’après-guerre et une très longue etc.5.

Tout au long du texte de Lizarrague il manque une condition fondamentale à la transition socialiste qu’il n’arrive même pas à évoquer et qui était au centre de la réflexion de Trotski et, en général, du marxisme révolutionnaire et de sa théorie de l’État : le pouvoir de la classe ouvrière. 6

Lizarrague Il parle de propriété d’État, de monopole du commerce extérieur, de planification (bureaucratique ; car notez qu’un autre mot qui manque complètement à son texte est la démocratie ouvrière) (7), etc., comme conditions de la transition, qui, en termes généraux, nous en convenons, font partie de ses conditions matérielles. Mais il oublie ce qui est central compte tenu de son adaptation insensible pabliste de la théorie de la révolution : le problème du pouvoir. Ce qui question autrement, nous le répétons, la théorie marxiste de l’État, qui affirme, avec une clarté absolue, que le caractère de classe de l’État vient de la classe qui le possède et le domine.

Ceci est lié à un autre aveuglement classique du PTS : dans ses élaborations Lénine n’apparaît jamais (ce texte de Lizarrague n’est pas l’exception) Ni plus ni moins que Lénine, que Trotski lui-même reconnaissait humblement qu’il avait une plus grande sensibilité politique que lui. (8) Le camarade Lénine a écrit un ouvrage classique intitulé L’Etat et la révolution, en août 1917, un travail laissé inachevé en raison des vicissitudes de la révolution en cours, où se pose précisément le problème de la destruction de l’État bourgeois et de la mise en place d’un nouvel État prolétarien ou semi-État qui organise la domination de la classe ouvrière (nous n’avons jamais entendu le PTS problématiser la dictature prolétarienne comme un État semi-prolétarien, une définition de vient directement de Lénine. (9)

En d’autres termes, la transition socialiste est inconcevable sans la classe ouvrière au pouvoir. Comment le socialisme pourrait-il être une construction consciente comme le prétend Trotski dans Littérature et révolution si ce n’était pas le cas ? Comment les moyens de production nationalisés pourraient-ils être commandés dans un sens émancipateur sans la classe ouvrière au pouvoir ne prenne le dessus du semi-état prolétarien ?

Enfin, l’autre noyau théorique du PTS est la théorie de la « bureaucratie ouvrière ». Dans ce point, la secte est mandeliste, mais pas du dernier Mandel, beaucoup plus nuancé. La théorie de la « bureaucratie ouvrière » a fait des ravages dans le trotskysme d’après-guerre, tout comme la comparaison vulgaire de l’URSS avec la bureaucratie syndicale traditionnelle.

En cela aussi, l’étude de Trotski fait défaut – une étude qui doit être critique, de plus, non pas parce que ce que Trotski disait était faux mais parce que toute étude est critique même dans le cas de nos classiques- que déjà dans La Révolution trahie Il avait souligné que la bureaucratie de l’URSS était particulière, car elle ne concurrençait pas une bourgeoisie autochtone, mais était la seule couche véritablement privilégiée et dominante du pays. Aucune bureaucratie dans les pays capitalistes, Trotski a affirmé, ni de l’État ni du syndicat n’avaient bénéficié d’une telle indépendance jusqu’à ce moment.

Pour le reste, dans cette discussion nous sommes avec Cristian Rakovsky, nous l’avons toujours souligné. Dans un texte aussi brillant qu’anticipé, «Les dangers professionnels du pouvoir», texte revendiqué par Trotsky dans La révolution trahie et aussi dans son inachevé Staline, Rakovsky a clairement souligné que la différenciation, d’abord fonctionnelle, posée par les tâches de pouvoir était devenue la différenciation sociale, c’est-à-dire en profitant de la fonction de pouvoir pour satisfaire leurs propres besoins sociaux différenciés et que, de ce fait, la bureaucratie stalinienne avait cassé les liens avec la classe ouvrière; c’était une nouvelle catégorie sociale et non pas une simple bureaucratie ouvrière tel que présenté de manière opportuniste – à la Isaac Deutscher ! – par Lizarrague 70 ans plus tard. Rakovsky n’a pas parlé d’une «bureaucratie ouvrière», et de nombreux secteurs du trotskysme «orthodoxe» de l’après-guerre ont souligné que la bureaucratie était une couche petite-bourgeoise. La définition des camarades est pabliste et opportuniste au maximum ! (11)

Sur la Seconde Guerre mondiale nous n’allons pas développer ici, sinon ce texte serait interminable et ce n’est pas notre préoccupation centrale dans cette polémique. Contre les accusations de Lizarrague, nous considérons toujours que la Seconde Guerre était une guerre inter-impérialiste et, en même temps, une guerre contre-révolutionnaire par rapport à l’ex-URSS. Nous étudions également le travail de Mandel sur la guerre, qui est très précieux, et approuvons son affirmation selon laquelle, en réalité, la deuxième guerre était cinq ou six guerres en une : guerre inter-impérialiste, guerre révolutionnaire contre le fascisme dans l’ex-URSS, guerre de l’émancipation nationale dans des pays comme la Chine et l’ex-Yougoslavie, etc.

Dans « Causes et conséquences du triomphe de l’ex-URSS sur le nazisme » Nous avons développé le sujet, soulignant que le conflit social de base qui a traversé la guerre était son caractère inter-impérialiste. Nous avons également noté que ce caractère social de base était aggravé par le fait que les régimes dirigés par chaque camp impérialiste étaient différents. Ces données ne pouvaient pas conduire à modifier son contenu de classe, comme Moreno l’avait fait à tort en parlant de la Seconde Guerre comme d’une «guerre des régimes», perdant ainsi de vue la base matérielle de l’analyse; une erreur opportuniste d’appréciation qui a désarmé le caractère social de la guerre. Mais il ne sert pas non plus de répéter les formules doctrinalement, faisant abstraction des caractéristiques concrètes de cette guerre historique, ainsi que de tout un ensemble de problèmes démocratiques qui étaient en jeu et qui ont été un casse-tête pour le mouvement trotskyste naissant.

En effet, l’entrée dans la Seconde Guerre a été une défaite colossale du mouvement ouvrier mondial, et sa fin, déformée, a eu des éléments de triomphe populaire dans de vastes régions du globe, bien que nous, socialistes révolutionnaires, ne luttions pas pour le triomphe de «l ‘impérialiste démocratique» mais parce que la sortie de la seconde guerre fût la révolution socialiste à la fois en Occident et en Orient. A Yalta et Potsdam, Roosevelt, Churchill et Staline ont conclu un pacte contre-révolutionnaire pour l’empêcher.

 

La trajectoire des révolutionnaires

Le PTS répète son histoire fondatrice. Son histoire serait la seule valide, toutes les autres ne valent rien; un schéma de secte vulgaire. Mais la réalité est qu’au milieu des grandes crises des courants historiques socialistes révolutionnaires, comme ce fut le cas au début des années 1990,chaque groupe de cadres a le droit de faire son expérience. Et c’est ce que les jeunes cadres qui ont «retourné» à l’ancien MAS et à l’ancien LIT ont résolu pour converger – sur un terrain de très dur combat pendant plusieurs années – avec des cadres nationaux et internationaux très précieux avec lesquels nous avons lancé la construction du Nouveau MAS et le courant SoB en 1999.

Seul le noyau qui a donné naissance au PTS avait-il le droit de faire une expérience indépendante dans tout le trotskysme mondial ? N’est-ce pas une logique sectaire pure et simple ou une théorie laïque de la prédestination ?

Comme nous l’avons dit à plusieurs reprises à propos de ce courant, citant mille fois Trotsky, publiant ses œuvres, défendant son héritage, toutes ces actions sont correctes, mais cela ne garantit pas que nos maître soient vraiment compris..

Il semble que le PTS n’a jamais lu Ma vie. Dans cet ouvrage, à partir de 1927, Trotsky tente d’expliquer à travers des pages et des pages pourquoi il avait le droit de vivre une expérience indépendante, et non d’être bolchevique. Trotsky a affirmé que par un chemin indépendant, il était arrivé aux enseignements de Lénine mieux, plus profondément. Et il avait raison: sa force unique parmi les anciens dirigeants bolcheviques des années 30 est de démontrer qu’il n’y a pas une seule voie révolutionnaire, qu’il peut y en avoir plusieurs, que la légitimité doit être démontrée par des actions et que la construction révolutionnaire est une bataille qu’elle nous teste tous les jours. Alors ne venez pas à nous avec l’idée que la seule cohérence est la vôtre. S’il vous plait! Quelle logique sectaire irrespirable!

Quand le PTS valorise les autres tendances révolutionnaires, il ne prend jamais en compte ce critère, même pas au minimum: son angle de mesure est toujours celui de la secte auto-référentielle: ‘nous, le PTS, sommes des génies, les autres sont des renégats’.

Avec ce schéma, d’ailleurs, même si l’on dit mille fois «vouloir rencontrer les autres», c’est faux, un salut au drapeau; au plus une manœuvre. Il est impossible de rencontrer personne, si vous pensez que tout le monde est des centristes irrémédiables.

Nous évaluons toujours de manière critique les autres tendances et nous ne sommes pas caractérisés par l’établissement de relations opportunistes. Nous sommes très clairs que le monde est fait de pressions sociales, beaucoup d’opportunistes, d’autres, sectaires. Cependant, chaque fois que nous devons faire face à une relation, nous essayons d’y aller avec un esprit ouvert , de voir ce que le courant en question apporte, ce qu’elle peut apporter, en plus d’apprécier de manière critique aussi, évidemment, quels vices elle entraîne …

Jetons un coup d’œil à quelques éléments de bilan des dix dernières années du PTS, pour voir que rien n’est aussi linéaire ou mécanique, comme il le prétend dans son monde. Le PTS était pratiquement absent de la bataille pour balayer Pedro Wasiejko du pneu en 2007/8. Le PTS ça a refusé de poser l’occupation de Kraft (2010) puis aussi celle de Lear (2014), soulignant dans le premier cas que si les travailleurs occupaient «ils partiraient dans des sacs noirs», et dans le second cas, que le conflit ces gagnait simplement de Panamericana. À Gestamp (également en 2014), ils ont rejeté l’occupation du pont roulant, qui était une action historique et héroïque de l’avant-garde prolétarienne sans grand précédent (Molinos Minetti, où notre parti avait également un certain rôle, avait des caractéristiques similaires au début de 2020 ). Lors de la fondation du FIT en 2011, en plus de nous exclure, ils ont refusé de dénoncer la loi proscriptive dans leur programme et ça dénonciation n’a jamais été un axe de ce front.

En même temps, mille fois ils ont contesté la liste d’une autre organisation socialiste, la nôtre, dans la justice bourgeoise,un manque de nos principes de classe alors que nous dénonçons à temps. En relation avec droits à l’avortement, ils sont commencé il y a dix ans en déclarant que «le mouvement des femmes n’existait pas». Pour aggraver les choses, ce droit n’apparaissait pas dans le programme initial du FIT. Et ils avaient, systématiquement, une position sectaire par rapport à la conquête de ce droit comme si les seuls droits à défendre étaient «de classe», ce qui n’a rien à voir avec notre tradition marxiste révolutionnaire.

Dans une émission bien connue dans laquelle Del Caño et Castañeira ont participé en 2017, le premier déclarait que « avec 20 députés » du FIT l’expulsion de travailleurs de Pepsico n’aurait pas eu lieu », une déclaration non éducatif et opportuniste s’il y en a. Pour le reste, lors du récent conflit à Guernica, ils ont commis l’embarras d’absenter Del Caño et Bregman, ses deux portes-paroles nationaux, le jour de l’expulsion, et cela malgré leurs engagements explicites d’être présents.

D’autre part, comme la grande avant-garde et le journalisme dans le pays le savent, leurs visages n’ont pas été vus non plus lors du coup d’État en Bolivie, au contraire de notre camarade Manuela Castañeira, qui est allée apporter sa solidarité au pays frère dans l’un de ses moments les plus difficiles. Comme vous pouvez le voir, il est difficile de porter simplement le « prix révolutionnaire ».

Au niveau international, ils ont récemment fait profession de foi sur deux sujets tactiques mais importants, qu’ils les dépeignent comme une secte: d’abord, avoir appelé à l’abstention en Bolivie entre la candidature du MAS bolivien et les candidats du coup d’État. Deuxièmement, avoir refusé de voter de manière critique Boulos à São Paulo, au second tour, sur la base d’une série d’accords que ces derniers ont passés avec des référents bourgeois mais qui n’ont en aucun cas été repris dans leurs listes. Au plus fort de la lâcheté politique, le groupe PTS au Brésil n’a même pas établi une position publique claire en temps réel. Le vote est une question tactique, mais parfois c’est une tactique d’une importance énorme, comme s’abstenir de candidats au coup d’État et refuser voter une figure réformiste de la gauche qui monopolise le vote de 40% de la principale ville d’Amérique latine et qui au-delà de toutes ses limites, par élévation, a fini par être un coup contre Bolsonaro.

Enfin, l’argument de son «internationalisme» pour sa caricature de la Conférence latino-américaine ne tient pas debout. Notre proposition essaie de partir du vrai terrain. La rébellion aux États-Unis a amené un nouvel activisme sur la table – le même que le mouvement des femmes, le mouvement contre le changement climatique, etc. – et la question est de savoir comment nous pouvons y intervenir. L’expérience du Forum social mondial est épuisée. Ce n’est pas non plus que les très petits courants trotskystes, puissent faire appel à de larges secteurs tels que BlackLivesMatters et d’autres pour converger et traiter une expérience; d’où notre proposition d’une conférence anticapitaliste internationale.

Une espace doit être mise en place pour traiter une expérience. La pandémie est venue couper de nombreux choses mais ce n’est pas la fin de l’histoire. La récente crise du Capitole montre que le processus de crise ouverte et de polarisation aux États-Unis est historique et réaffirme la nécessité d’une conférence anticapitaliste.

 

Socialisme ou Barbarie

Lizarrague souligne que nous ne disons rien des temps de crise, de guerres et de révolutions que nous traversons. Mais pour nous, c’est un fait que nous sommes dans ce contexte; Nous avons toujours parlé de sa validité. Lorsque nous parlons d ‘«époque», nous nous référons à des coordonnées fondamentales objectives et profondes qui concernent le système, et remettre en question le fait qu’il s’agit d’un temps de crise signifierait que le capitalisme aurait pu entrer dans une période d’ascension historique, ce qui n’a rien à voir avec nos positions .

Même si nous ne pensons pas que le capitalisme ait été au siècle dernier une décadence pure et mécanique. Notre opinion est plutôt celle d’un développement égal des forces productives et destructives; Les forces productives ont continué à se développer de manière inégale, mais sous le carcan des relations de production capitalistes, elles créent des forces destructrices de plus en plus grandes, comme on peut le voir avec la pandémie actuelle, qui, avec la crise écologique, met à jour radicalement la prévision alternative que Rosa Luxemburg a souligné en 1915: Socialisme ou barbarie!

La situation mondiale marquée par la crise de 2008, la montée des tensions géopolitiques entre les États-Unis et la Chine, la crise pandémique et écologique et la vague sans fin de rébellions populaires augurent d’une polarisation croissante de la lutte de classe mondiale déjà en cours, et cela pourrait être la plus grande des dernières décennies de médiation démocratique bourgeoise – impériale ou pas – en Occident.

Les événements récents et inhabituels aux États-Unis, la tentative infructueuse de « putsch anti-électorale » par Trump, la complicité ou la passivité de l’appareil militaire, les sympathies de la Garde nationale avec les milices, etc., ainsi que la rébellion antiraciste historique, annoncent dans le monde à venir, et non en aucun lieu, mais dans ce qui est encore le premier monde de puissance. Un monde où, en effet, resurgit à chaque pas ce temps de crise, de guerres et de révolutions qui semblaient anesthésiées au cours des dernières décennies.

Les exploités et opprimés recommencent leur expérience historique. Les nouvelles générations sont dans de nombreux cas à l’avant-garde de la rébellion et de nouveaux contingents historiques de la classe ouvrière apparaissent, comme la classe ouvrière migrante chinoise (sur le paradoxe du cours historique de la Chine, nous encourageons une fois de plus l’étude de Marxiste Au Loog Yu, une porte d’entrée extraordinaire vers la Chine d’aujourd’hui).

Dans ce contexte, la chute du mur de Berlin il y a 30 ans n’a pas laissé que des conséquences négatives, bien sûr que non: simultanément déverrouillé historiquement la perspective du socialisme. Cependant, et en même temps, ce processus a été complexe, car l’héritage des frustrations du siècle dernier pèse encore sur notre classe. Et parce que la classe ouvrière devra traiter ces expériences pour remettre une conscience socialiste encore absente aujourd’hui et qui marque une différence importante avec la situation d’il y a cent ans.

La Seconde Internationale a fait faillite avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale, mais le mouvement ouvrier européen avait une tradition socialiste générale diffuse. Et ce «sol nourricier» a permis aux bolcheviques d’avancer. La conscience est quelque chose de dialectique – c’est le plus conservateur qui soit, affirmerais mille fois Trotsky ! – et vous ne pouvez pas attendre d’avoir une conscience «complète» pour que la révolution se déchaîne, évidemment. Mais il n’est pas très matérialiste de le penser en dehors des conditions historiques réelles. Lorsque la majorité de la classe ouvrière est largement socialiste, les conditions sont plus propices à une frange tournante vers la gauche qu’en son absence; et pourtant aucune condition n’est absolue, dans toutes les conditions la révolution peut émerger.

 

  1. Mais le PTS semble rejeter catégoriquement un vrai problème de notre temps: le fait qu’il y ait encore une période générale de crise pour l’alternative socialiste, ce qui se traduit par la difficulté pour la classe ouvrière de marquer les événements. Et pourtant les conditions historiques s’améliorent – peut-être qualitativement !- pour qu’il y ait un dépassement de cet héritage et que les conditions soient ouvertes pour relancer la bataille pour la révolution socialiste, dans l’empreinte laissée par la révolution russe il y a cent ans. C’est le pari de notre courant international, et pour ce pari, l’odeur stalinienne de tout le cadre théorico-stratégique du PTS ne fonctionne pas.
  2. Attention que le morénisme c’était un vrai courant, pas un dessin animé. Sa synthèse théorico-stratégique et son glissement objectiviste ont fait exploser le courant dans les airs sous la pression des événements de la fin des années 1980, mais néanmoins, le morénisme Il a donné lieu à une véritable expérience de construction d’une ampleur considérable et jusqu’alors inégalée dans ses racines dans la classe ouvrière.
  3. Contrairement au PTS, qui critique Altamira pour avoir occupé ce poste aujourd’hui par rapport à Cuba nous paraît très bien. Voir « Altamira et la révolution cubaine » dans Izquierda Web.
  4. Logiquement, c’est un schéma qui brise le moule de la secte.
  5. Lizarrague souligne que le stalinisme a préparé la restauration, mais ne souligne jamais les conséquences du processus de bureaucratisation lui-même au-delà des mots «déformé et dégénéré». Mais quelles implications, en temps réel, cette déformation et dégénérescence ont eu, le PTS ne le sait pas et ne répond pas!
  6. Il va sans dire que sortir théoriser du point de vue marxiste autour de l’État et perdre cette dimension fondamentale, dont la classe sociale la possède réellement, est un affront au marxisme.
  7. Le PTS n’a jamais compris que dans un véritable État ouvrier, la démocratie ouvrière et socialiste n’est pas seulement une forme de régime mais une véritable relation sociale, car la planification n’est pas un simple commandement économique mais un commandement économico-politique dont la direction dépend de la quelle classe ou la fraction de classe, qui est réellement aux commandes de l’État. Il est impossible de penser la planification socialiste sans cet ancrage politique, car c’est l’État, qui dirige l’économie dans ce processus.
  8. Les textes de Lénine retraçant l’expérience bolchevique au pouvoir sont les uns plus brillants les uns que les autres. Il y a de nombreuses années, nous avons écrit un texte intitulé «Les problèmes de l’Etat soviétique selon la vision de Lénine» (1993), qui n’est pas numérisé; Cela devrait être fait, car il est toujours valable à bien des égards.
  9. Il est dommage que dans ce texte nous ne puissions développer tous les thèmes. Mais nous notons pour quiconque veut consulter que le concept de Lénine de semi-État prolétarien comportait deux visages: c’était à la fois une dictature d’un nouveau type, de la majorité sur la minorité, et une démocratie d’un nouveau type au sens de la premier exercice historique complet du pouvoir par les exploités et les opprimés.
  10. Par doctrinarisme, le PTS échoue également dans ce critère méthodologique fondamental.
  11. Même Nahuel Moreno, si vilipendé par le PTS, avait plus de sensibilité sur ce point qu’eux, comme nous l’avons déjà écrit à plusieurs reprises, et parlait de «bureaucratie petite-bourgeoise» pour désigner le stalinisme et non la «bureaucratie ouvrière».

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