Article paru dans l’Anticapitaliste.

 

Pour la plupart organisés indépendamment des centrales syndicales dans la coordination nationale des collectifs d’assistantEs d’éducation (CNCA) depuis la mobilisation du 1er décembre, les différents collectifs départementaux d’d’assistantEs d’éducation (AED) ont appelé à et préparé durant tout le mois de mars une « semaine morte », une semaine de grève et d’actions des vies scolaires du 22 au 26 mars. Cette mobilisation des « pions » intervenait dans un contexte de pourrissement de la situation sanitaire et sociale dans l’Éducation nationale, en contraste total avec le discours rassurant du ministre Blanquer qui minimisait la gravité de la situation. Tout cela pour masquer un agenda patronal, qui consistait, jusqu’au dernières annonces du gouvernement sur la fermeture des collèges et lycées, à maintenir à tout prix le maximum d’établissements ouverts pour assurer la continuité de l’activité économique.

 

Les AED à nouveau en première ligne face à la 3e vague dans l’Éducation nationale

Depuis décembre, l’introduction des protocoles sanitaires avait déjà surchargé les AED de travail : l’application des gestes barrières, la gestion des passages par groupes de niveau lors des heures de cantine, le suivi des cas contact à l’école, les journées de dépistage, le fonctionnement par demi-groupes, la mise en place de la signalétique… Mais avec la propagation croissante du virus dans le corps enseignant, un cap a été franchi : une récente enquête de Mediapart révèle par exemple que dans certains établissements, les AED sont sommés d’assurer des cours à la place des enseignants ! Aussi, les tensions entre les élèves s’exacerbent à mesure que leur santé mentale se dégrade, et les AED se retrouvent à gérer des situations complexes alors qu’ils ne disposent d’aucune formation, et qu’il manque d’éducateurs et éducatrices spécialiséEs en appui. C’est en partie à cette problématique que répondent les revendications de titularisation et de formations pour les AED avancées par la CNCA.

 

Bilan de la « semaine morte » et rôle des directions syndicales

La « semaine morte » a en réalité été inégalement suivie, sous la forme d’un ou deux jours de grève dans la plupart des établissements, avec un temps fort le jeudi concrétisé par des rassemblements et assemblées générales devant les rectorats des différentes académies et devant le ministère à Paris. Les principaux obstacles à l’extension de la grève sont d’une part, des caisses de grèves encore insuffisantes pour des si faibles salaires, et d’autre part, la politique attentiste des directions syndicales du secteur de l’éducation. Alors que l’appel à la semaine morte était sorti un mois à l’avance, ces dernières se sont contentées de déposer des préavis de grève, d’appeler à une énième « journée d’action » sans lendemain le 6 avril, et d’évoquer les revendications des AED dans leurs communiqués, sans chercher à mobiliser au même moment les professeurEs, les CPE, les AESH autour d’une grève de l’ensemble de l’Éducation nationale. Les collectifs d’AED se sont donc retrouvés seuls à essayer de faire le pont à la base avec les autres professions.

 

Perspectives

Pour les collectifs d’AED dans lesquels nous intervenons, qui reposent pour la plupart sur de petits noyaux durs, il est nécessaire de maintenir et améliorer la structuration, et surtout les liens tissés pendant la mobilisation qu’il s’agira de réactiver après la réouverture des établissements. Aussi, renforcer les liens avec les professeurEs, et l’ensemble des personnels précaires de l’Éducation nationale, à commencer par les AESH qui sont appeléEs à se mobiliser ce 8 avril.

Rémi (AED à Bordeaux), Mary (AED à Paris)

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