Santiago Follet (traduit de l’espagnol par Emilien Sallard), paru dans IzquierdaWeb le 31/03/21. 

 

Dans une allocution depuis le Palais de l’Elysée , le président Emmanuel Macron a déclaré un nouveau confinement qui vaudra pour tout le territoire métropolitain pour le mois à venir dû au nombre de cas de covid détectés qui n’a cessé d’augmenter. En effet depuis qu’a commencée la « deuxième vague » entre Octobre et Novembre et qu’est apparu le variant dit « anglais » les nouveaux cas de contamination n’ont pas faiblis. Rien que durant la dernière semaine de Mars ont été enregistrés environ 40 000 nouveaux cas journaliers et quasiment 350 morts par jour.

Dans son discours, le chef d’état rappelait avec nostalgie les 1 an de son annonce du premier confinement.  Un an « dure » avec 4,5 millions de contaminés et à peu près 95 000 décès depuis le début de la pandémie. Selon Macron, il a s’agit d’une année d’efforts pour tous, d’angoisse, de sacrifices et d’actes héroïques. Une année durant laquelle nous avons, ensemble, résisté et appris. ». En suivant, il souligna le rôle tenu par les travailleurs du secteur de la santé et remémora l’élan spontané de la population à les applaudir. IL est évident que ce sont ces travailleurs là qui firent les plus gros efforts luttant contre le virus mais pas unis avec le gouvernement mais bien luttant contre celui-ci ou survivant du moins. Les paroles de Macron sonnent exagérément hypocrites sans même tenter d’effacer la situation désastreuse dans laquelle la France est plongée depuis un an grâce à l’incapacité traînante de son gouvernement.

Car si la France a sombré ainsi, c’est de la faute de cette même incapacité d’un Etat qui a tenu comme prioritaire face à la catastrophe sanitaire un traitement capitaliste et répressif de la crise, faisant passer en priorité les intérêts économiques devant la santé publique de la population qu’il se doit, ou qu’il se devrait de défendre. Une situation qui a été dénoncée par les travailleurs de la santé et d’autres secteurs s’organisant par en bas face à la crise.

C’est notamment le cas des travailleurs de l’éducation qui n’ont pas arrêté de signaler les écoles, depuis des semaines, comme de vrais « clusters » dans lesquels se répandent les cas à une vitesse éblouissante. Un situation alarmante qui n’a en rien été freinée par les protocoles renforcés, en fait inexistants, annoncés par le ministre de l’éducation Blanquer dans ses nombreuses interventions faites sur mesure. En revanche ce sont les éducateurs qui par leur droit au retrait ont organisé des actes de mobilisation et de grève afin d’exiger des vraies mesures. Finalement la situation a pourri pour en arriver à un niveau de saturation tel que les vacances du mois d’Avril se verront ajustées, le but étant de fermer les écoles pour un mois entier( avec deux semaines d’éducation à distance et deux de vacances). Le ministre qui voulait à tout prix éviter une quelconque restriction de ce genre se voit obligé d’affronter sa défaite, conséquence directe de son action.

En ce qui concerne le reste, le couvre-feu imposé à partir de 19 heures continuera d’être appliqué à l’ensemble du territoire avec une restriction de déplacement au-delà de 10 km du domicile. Les commerces, quant à eux, resteront fermés ainsi que les bars, les restaurants et les théâtres. Avec du nouveau pour la mi-Mai, le gouvernement devrait faire d’autres déclarations à propos. Une mauvaise nouvelle pour les travailleurs de la culture qui occupent depuis plusieurs semaines environ une centaine de théâtres afin de dénoncer l’abandon duquel ils souffrent depuis un an. Une situation qui trouve un écho dans une grande majorité de la population. La situation psycho-sociale en France est préoccupante, au-delà du taux grandissant de suicides d’étudiants dans le milieu universitaire, bouleversé, des mesures incohérentes prises par le gouvernement pour gérer la pandémie, car il s’agit bien simplement de gérer, elle a pour résultat ce gravissime niveau de mal-être généralisé au sein du corps social.

C’est pour cela que, face à la gravité de la crise sanitaire, les discours du gouvernement ressortent d’autant plus autocentrés voire égocentriques et aveugles dans un contexte de perpétuel échec depuis une année. Durant la « première vague”, il n’a pas pu garantir les masques, et lors de l’été 2020 n’a pas su prévoir la “seconde vague”. Il se proposait de développer un “vaccin français » investissant des millions dans la recherche du groupe Sanofi, sans succès. Il se fixa ensuite comme objectif de réduire les contagions à moins de 5000 cas par jours, suite à l’emploi de mesures liberticides et autoritaires les chiffres sont en fait 10 fois supérieurs. Puis, alors que le chômage et la précarité augmentent, celui-ci a annoncé des mesures d’aides insuffisantes suite à des mois de coupures qu’il a infligées au secteur de la santé, de l’éducation et aux prestations sociales. 

Il est désormais nécessaire de fortement renforcer le plan de vaccination afin d’opposer un réel frein à la pandémie. Nous appuyons la libéralisation des brevets et la réquisition d’entreprises pour la production du vaccin. Nous supportons également, bien sûr,  l’auto-organisation pour sortir de la crise entre ceux d’en bas. Nos vies valent plus que leurs profits.

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