Les 50 AG électives de la CN ont rassemblé 1250 militants et montré un NPA bien vivant, capable de saisir les occasions de se déconfiner, non seulement sur le terrain des mobilisations mais aussi sous ses propres couleurs politiques en présentant une candidature révolutionnaire aux présidentielles.

 

Les promesses d’AG nombreuses et dynamiques

Cette volonté affichée par 85 % des votants traduisait une demande de rupture avec l’effacement politique pratiqué depuis 2017 dans tous les rendez-vous électoraux, qui n’a pas manqué de se traduire par un alignement programmatique sur la France Insoumise lors des régionales en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie.

Une majorité de militants du NPA a affirmé à juste titre qu’il fallait défendre nous-mêmes notre programme, un programme de lutte anticapitaliste et révolutionnaire, car personne ne le ferait à notre place.

Partisans de la tenue de cette conférence comme moyen d’impulser une telle campagne, nous avions souligné le caractère positif de ces résultats dans une tribune précédant la réunion des délégués de cette conférence le week-end des 26 et 27 juin. Mais nous insistions sur une démarcation politique nécessaire : pour lancer une campagne destinée à toucher largement le monde du travail et la jeunesse, une campagne qui permette de populariser nos idées afin qu’elles servent de points d’appui dans les luttes sociales à venir, une campagne qui permette aussi de construire le NPA comme parti révolutionnaire plus implanté et plus à même d’intervenir dans la lutte des classes, il fallait rompre le front politique avec la gauche, même « radicale », incarné par les alliances aux élections régionales.

 

L’échec d’une CN verrouillée par l’alliance entre Pf2 et Pf4

La Pf2, arrivée en tête avec 44 % des voix, a fait mine de ne pas vouloir trancher, au nom du « rassemblement » du parti. Les délégués étaient donc priés de ne pas revenir sur l’épisode des régionales, ramenées à de simples « élections locales ». La commission des candidatures, mandatée par une motion majoritaire dans les AG, est restée une coquille vide, sommée d’avaliser le candidat désigné par la plus grosse minorité. A force d’ajouter de la poussière sous le tapis, les contradictions sont apparues au grand jour : la campagne est lancée dans la continuité de la politique d’alliance avec la FI, avec le candidat qui l’incarne le plus, et une déclaration politique qui n’est majoritaire que grâce… aux 10 % des camarades de la Pf4 qui ne veulent pas de candidature !

Cette orientation colore les premières apparitions publiques de notre candidat. Tout en tenant à se démarquer fermement de LO (dont les bons scores aux régionales sont volontairement ignorés), beaucoup de temps est passé à vanter les alliances avec la FI aux municipales et aux régionales (jusque dans notre propre journal où un quart de l’interview y est consacré !), présentées comme une « prolongation de l’unité dans les luttes ». Une chose est de chercher à frapper ensemble, à entraîner le plus largement possible dans la lutte, une tout autre de mélanger notre programme de rupture anticapitaliste et révolutionnaire avec les illusions institutionnelles de la gauche au moment des élections, qui consistent à nous faire croire que « jours heureux » et capitalisme seraient compatibles.

S’attaquer aux profits, à la propriété privée, au pouvoir patronal, voilà les lignes de rupture politiques entre nous et le reste de la gauche institutionnelle y compris la FI. Ce qui se traduit dans toutes les questions brûlantes : les luttes pour l’emploi se mèneront-elles sur le terrain de la relocalisation de l’industrie française, pour les plans industriels nationalistes des directions syndicales ou pour l’interdiction des licenciements et le partage du travail entre tous ? Les mobilisations des jeunes pour le climat seront-elles canalisées vers un replâtrage vert pâle du système ou réussiront-elles à mettre en cause la gestion capitaliste de l’économie ? Ceux qui se mobilisent contre les violences policières le feront-ils pour le remplacement de la BAC par une « police républicaine » ou contre le racisme et la violence de l’Etat en général ?

 

Mener une campagne révolutionnaire de tout le NPA : le temps presse !

L’utilité de notre campagne est de donner des réponses à ces questions, assumer notre stratégie révolutionnaire et notre projet de société communiste tout en étant capable de proposer l’unité d’action la plus large pour renforcer le rapport de forces. Une semaine après son lancement raté, il faut réorienter cette campagne mal engagée. La Pf5 s’y emploiera comme elle s’emploie à construire et armer le NPA.

Armelle, Aurélien, Gaël, Marie-Hélène, Zara pour la Plateforme 5

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