Une grève historique contre le virus Blanquer

Jeudi 13 janvier, seulement 5 jours après l'appel national de l’intersyndicale, les travailleurs de l’Education Nationale se sont fortement mobilisés dans une journée de grève historique.

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Santiago Follet

 

Une mobilisation exemplaire dans l’éducation 

Jeudi 13 janvier, seulement 5 jours après l’appel national de l’intersyndicale, les travailleurs de l’Education Nationale se sont fortement mobilisés dans une journée de grève historique. En effet, il y a eu plus de 75 % de grévistes dans le premier degré, plus de 60 % dans le second degré, plus de 80 % dans les vies scolaires (souvent en grève à 100 %) ; plus de 15000 en manifestation à Paris, 5000 à Marseille, 3000 à Lyon, 2000 à Rouen, 2000 au Havre, 1500 à Clermont-Ferrand…

Cette colère s’explique par la situation de débordement chaotique qui se vit dans les établissements scolaires. Depuis la rentrée de janvier 2022, les contaminations du virus se propagent sans arrêt. De nombreux élèves et enseignants sont absents à cause du covid, mais le gouvernement fait semblant de vivre en toute normalité. A l’heure actuelle, il n’y a aucune piste, aucune réponse, aucun “vrai protocole” pour pouvoir faire face à la situation sanitaire de la part du gouvernement. 

Pour le contraire, l’attitude du ministre Blanquer, qui manifeste un mépris permanent envers les enseignants, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Ses mensonges réitérés et sa politique d’austérité massivement rejetée dans le monde de l’éducation, a poussé les enseignants à prendre leurs affaires en main et à se mobiliser pour mettre un coup d’arrêt au désastre sanitaire du virus Blanquer.

 

Quelles suites pour la mobilisation ? 

La journée de jeudi a été appelée et soutenue par l’ensemble de syndicats du secteur. Même les plus traîtres comme la CFDT (soutien de Macron durant la grève des retraites) ont participé à la journée. Les inspecteurs, les chefs d’établissement, les syndicats lycéens et les parents d’élèves ont exprimé leurs soutiens aux enseignants aussi.

Cependant, les syndicats n’ont pas prévu une suite à la journée de grève pour la question sanitaire dans l’éducation au delà de la manifestation interpro du jeudi 27. Une nécessité qui s’est exprimée dans les différents AG des grévistes est celle de ne pas faire du 13 janvier une date isolée dans le calendrier sans continuation. C’est pour cela que des initiatives locales s’organisent pour reconduire la grève à partir de la semaine prochaine, notamment le mardi 18 et le jeudi 20 (date de mobilisation nationale des AED). Pour donner une perspective à la mobilisation, il est nécessaire d’impulser l’auto-organisation par la base, dans chaque AG d’établissement et coordination régionale, pour que la grève appartienne vraiment aux grévistes. 

En termes de revendications, les enseignants demandent une réponse de la part du gouvernement à la situation sanitaire. La coordination éducation Ile-de-France du 13 janvier revendique : “plus des moyens pour assurer la fourniture systématique du matériel nécessaire (masques pour les personnels et les élèves, y compris FFP2 pour ceux et celles qui le souhaitent, purificateurs d’air et capteurs de CO2 dans toutes les salles, vraie campagne de tests) et des recrutements de personnels (d’entretien, de santé, d’enseignement, AESH, de vie scolaire) avec la titularisation des précaires, l’augmentation des salaires et la reconnaissance de la pénibilité.” De même, cette coordination se positionne pour “le départ de Jean-Michel Blanquer”, une revendication pour laquelle il faut poursuivre la mobilisation aux côtés d’autres secteurs des travailleurs.

 

Une convergence nécessaire : l’unité des travailleurs pour la grève générale

La grève de l’éducation a été précédée par une grève nationale des travailleurs de la santé et du social le mardi 11 janvier. Les hospitaliers sont fatigués par le débordement de l’hôpital public à cause de l’irresponsabilité du gouvernement, incapable de protéger la santé de la population. Alors que la crise sanitaire explose partout dans le monde, le gouvernement français ne fait que supprimer des lits de réanimation et réduire les moyens pour la santé publique. Par contre, les mesures autoritaires comme le passe vaccinal sont toujours à l’ordre du jour. 

La colère exprimée cette semaine par les travailleurs de la santé et de l’éducation ne doit pas rester isolée dans un cadre sectoriel. Tout au contraire, les travailleurs ont grandement intérêt à se coordonner pour faire face à la politique du gouvernement Macron ensemble. La journée de grève interprofessionnelle du jeudi 27 janvier peut être un premier pas vers la construction d’une grève générale pour la santé et les salaires, pour des conditions de vie dignes. Pour mettre un coup d’arrêt à un gouvernement qui nous méprise et qui joue avec notre santé : Nos vies valent plus que leurs profits !

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