Les étudiant.e.s étranger.ère.s de Paris 8 dans l’attente des décisions de la préfecture : le CEE toujours mobilisé

Le Collectif Etudiant-e-s Etranger-ère-s de l'université Paris 8 reste toujours mobilisé pour la régularisation des étudiants étrangers.

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Oscar Costica

 

Depuis 12 mois le CEE milite pour la régularisation des étudiant.e.s étrangers.ères dans l’université de Saint-Denis. Au total ce sont 37 dossiers qui ont été présentés, dont seulement 5 ont été examinés et assurés d’un suivi, ce qui contraste avec les 200 dépôts collectifs des précédentes années. Les raisons de ce changement ? Il peut au moins être expliqué par deux facteurs : d’une part la crise sanitaire du Covid a affaibli une partie des organisations militantes car, ne pouvant se réunir localement et discuter – comme cela est d’autant plus le cas dans les universités – elles n’ont pu entrer directement en contact avec les personnes concernées, qui se dirigent normalement vers les syndicats et collectifs sur place pour être épaulés.

De l’autre c’est également la conséquence directe de la loi xénophobe dite « Asile et immigration », votée en 2018, qui a instauré les procédures dématérialisées pour les demandes de titre de séjour. C’est ainsi un logiciel, via une plateforme numérique, qui acte que le dossier est bien « conforme » aux normes légales. Mais le principal réside dans le fait que, en étant dématérialisée, les demandes s’en retrouvent d’autant plus individualisées, ce qui signifie l’augmentation des refus et des risques d’OQTF (obligation de quitter le territoire français).

En décembre dernier le CEE a obtenu de la présidence une promesse, elle-même issue de ses discutions avec la préfecture de Bobigny : en cas de refus sur les plateformes numériques le préfet s’engage à examiner une deuxième fois les dossiers. Présenté comme un pas supplémentaire par la présidence, ceci ne constitue pourtant qu’une bien maigre avancée au vu des traditionnels dépôts collectifs et, surtout, il n’y a toujours aucune garantie que les étudiants demandeurs ne recevrons pas d’OQTF.

Actualisés depuis le 22 décembre dernier les dossiers refusés ont été envoyés la semaine dernière à la préfecture. Les étudiant.e.s étranger.ère.s restent donc dans l’attente de connaître leur sort. Dans la continuité d’aller jusqu’au bout des régularisations, le CEE appelle toute personne, organisation et personnalité publique à le soutenir lors des prochaines échéances. Aux côté du NPA Jeunes, qui milite avec le CEE depuis le début de l’année, d’autres soutiens, à travers l’UNEF-Tacle, le POID, ou le Poing-Levé s’affichent à leurs côtés à l’université Paris 8. Pour entrer en lien avec le CEE :

Facebook : CEE P8
Twitter : cee_paris8
Insta : cee.paris8
Mail : ceeparis8@gmail.com

 

Le double-discours, une pratique institutionnelle

Il n’y a rien à perdre, pour les universités, à inscrire une poignée d’étudiant.e.s sans papiers. Mais il serait bien aise pour beaucoup de patrons, dont les intérêts sont alimentés au gré des contre-réformes, que les luttes pour la régularisation des étrangers.ères s’amenuisent. De fait, et a contrario des théories de droite expliquant que les précaires sont une charge financière pour l’Etat, les étrangers.ères en situation précaire représentent une main d’œuvre non négligeable pour tout exploitant soucieux de rentabiliser au maximum ses affaires – quitte à embaucher sans contrat, comme c’est souvent le cas dans la sous-traitance, la grande distribution, la restauration ou le BTP, secteurs qui sont alimentés, justement, aussi par les étudiant.e.s étranger.ère.s. Une précarité telle que certains membre du CEE dorment actuellement à la rue, sans presque aucune ressources, mais avec la volonté d’être régularisé et d’obtenir un diplôme pour de meilleures conditions de vie.

Comme le rappelle Alioune, membre actif du CEE, les étudiant.e.s étrangers.ères sont parmi les laissés-pour-compte des politiques actuelles, tout en étant en première ligne de la crise du Covid. Et alors que cette situation n’a rien de nouveau et ne fait que s’empirer, cela n’a pas empêché pas l’université Paris 8, en octobre dernier, de vanter les mérites d’une université « ouverte » et « universaliste » en invitant Christiane Taubira, qui s’est récemment déclarée candidate aux présidentielles, à féliciter des étudiant.e.s étrangers.ères ayant obtenu leur diplôme, alors qu’il a fallu une pression de 12 mois pour qu’elle défende le reste des dossiers soutenus par le CEE auprès de la préfecture.

 

La casse de l’université à tous les niveaux : restons soudés

A l’heure où le gouvernement Macron a annoncé son plan de privatisation des universités, après avoir instauré la en 2018 la hausse des frais d’inscription pour les étudiant.e.s extra-communautaires, il est plus que nécessaire de soutenir les luttes des travailleur.se.s et étudiant.e.s précaires à échelle de nos moyens. En ce sens, à l’université Paris 8, la grève du personnel de la bibliothèque a été liée à de nombreuses reprises à celle du CEE, preuve de la solidarité de ceux qui luttent.

La tactique du gouvernement montre bien que s’attaquer à un secteur c’est, en réalité, s’attaquer à tous. C’est pourquoi, face aux propositions racistes qu’incarnent les candidatures de Zemmour, Pécresse, Macron ou de Le Pen, faites pour masquer l’exploitation intrinsèque du système capitaliste, il est nécessaire d’affirmer un programme de lutte qui passe par l’ouverture des frontières, la liberté d’installation et de circulation et un enseignement gratuit et accessible à tou.te.s !

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