Le chantier du Grand Paris Express tue : 4 morts, 17 blessés graves

Les chantiers de creusement de la ligne de transport du Grand Paris Express qui doit desservir la grande banlieue parisienne et les sites des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 sont menés au pas de charge. Le gouvernement, la région Ile-de-France, la Société du Grand Paris, la Solidéo (Société de livraison des ouvrages olympiques) mettent la pression pour que soient livrés pour 2024 une partie des lignes de transports. Au mépris total de la vie des travailleurs.

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Illustration : Tunnelier à la Mairie de Saint-Ouen, Yann Caradec

Morts au travail, le revers de la médaille des profits

Les majors de la construction se sont lancés dans une course effrénée pour tenter d’achever la construction du réseau de transport le Grand Paris Express pour les Jeux Olympiques et Paralympiques 2024. Avant de se soucier de réaliser un transport en commun utile aux travailleurs, Vinci, Eiffage et Bouygues cherchent surtout à se maintenir sur le podium des supers profits. Pourtant, ces machines de guerre du tunnelier sous-traitent une grande partie des travaux à des sociétés de construction qui tirent les prix vers le bas en exploitant les travailleurs précaires.

Cette sous-traitance et le rythme soutenu imposé a pour conséquence de prendre des raccourcis sur la sécurité des travailleurs, pour des travaux très complexes et extrêmement dangereux. En témoigne la mort de quatre ouvriers sur le chantier, passées presque sous silence, ainsi que 17 blessés graves (recensés sur ce blog). Les entreprises recrutent des ouvriers en Bâtiment et Travaux Publics sous-payés, insuffisamment formés. Beaucoup d’étrangers en situation précaire travaillent sur ces chantiers, et sont contraint de prendre des risques pour leur sécurité pour tenir les cadences imposées, sous peine de ne pas être reconduits. Le secteur du BTP détient le sinistre record du nombre de morts au travail. 

Le 2 août, un ouvrier du chantier du Grand Paris à Champs-sur-Marne à fait une chute de 5m, il est grièvement blessé. En juin, un ouvrier italien de 19 ans a eu le bras arraché. Les accidents graves et les morts s’enchaînent sans que le Société du Grand Paris ne semble s’en émouvoir, plus intéressée sans doute par la date de livraison des coûteux ouvrages.

Face à ces conditions de travail inacceptables et dangereuses, des ouvriers sans-papiers du Grand Paris Express se sont mis en grève pour être régularisés, être un peu mieux payés et travailler avec davantage de sécurité (voir l’article Info-Migrants). Les 12 travailleurs sans-papiers du chantier du Village des Athlètes des JO 2024 étaient en mai 2022 en voie de régularisation. Une autre grève a été conduite en 2021 par les ouvriers intérimaires de Bonna Sabla, une société qui fabrique des voussoirs (pièces de béton préfabriqué destinées à soutenir les tunnels). Ils réclamaient une égalité de traitement avec les salariés embauchés (voir l’article de Médiapart). 

Nous n’avons pas à choisir entre la vie des travailleurs, l’accès aux transports en commun et l’écologie. Nos vies valent plus que leurs profits, unissons-nous contre les meurtriers du BTP, et pour la régularisation de tous les sans-papiers !

 

Leurs morts ne seront pas passées sous silence :

  • Maxime Wagner, décédé lors d’un accident sur le chantier de la ligne 14 à Villejuif en 2020, intérimaire pour Dodin Campenon-Bernard, filiale de Vinci.
  • Jérémy Wasson, décédé lors d’un accident en mai 2020 sur le chantier du prolongement du RER E. 21 ans, ingénieur stagiaire pour la Société Urbaine de Travaux (groupe Fayat).
  • João Baptista Fernandes Miranda, décédé lors d’un accident sur le chantier de la gare de Saint-Denis Pleyel en janvier 2022 à 61 ans, salarié du groupe Eiffage. 
  • Abdoulaye Soumahoro, décédé le 22 décembre 2020, salarié de l’entreprise Eiffage, œuvrait sur le chantier de la future gare Pleyel de Saint-Denis. 

 

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