25 novembre : journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes

Préparer la mobilisation contre les violences faites aux femmes.

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Après 5 ans de la libération de la parole avec le mouvement « Metoo », le mouvement féministe continue à crier. Ce mouvement d’ampleur internationaliste sortira massivement encore une fois dans la rue pour s’exprimer contre les violences faites aux femmes. Cette date du calendrier féministe met en perspective historique la lutte des sœurs Mirabal contre la dictature de Trujillo en République Dominicaine, asssasinées le 25 novembre 1960. Aujourd’hui, les femmes sont en première ligne de la contestation contre toutes les attaques réactionnaires de l’extrême droite au niveau international. En Iran, au cri de « ni roi, ni leader », le mouvement se mobilise pour exiger la liberté des femmes et pour garantir leurs conditions de survie. En plein XXIème siècle elles continuent à être sous classées dans la société. Encore à nos jours, l’ensemble des rapports d’oppression du système capitaliste et patriarcal ne réserve pour les femmes qu’un tas de violences bien spécifiques liées à la condition féminine ou diverse. Aujourd’hui, il est encore nécessaire de crier ensemble.


Grand cause, petit bilan

En 2017 Emmanuel Macron déclare l’égalité hommes-femmes comme la « grande cause nationale » du quinquennat. Une formulation dont le gouvernement s’est vanté pendant toute la période à l’appui des interventions, voire « coups de com », -Marlène Schiappa en tête-, à l’arrivée d’une date importante du calendrier ou pour faire remonter la popularité du gouvernement.

Cette notion a été reprise par l’association OXFAM pour la présentation de son rapport « grand cause, petit bilan » lors de la dernière campagne présidentielle, justement pour évoquer l’incompétence de gouvernement de Macron en matière d’égalité. Elles citent :

  • La politique en faveur de l’égalité femmes-hommes représente 0,25% du budget de l’État
  • En moyenne, 1 femme est tuée par son conjoint ou ex-conjoint tous les 3 jours sous le quinquennat d’Emmanuel Macron
  • Il manque 230 000 places de crèches en France, et 40% des parents d’enfants de moins de 3 ans sont sans solution de garde
  • La France est 26ème sur 30 au classement des pays donateurs de l’aide vers les droits des femmes
  • Près de 2 millions de femmes et de filles font face à des difficultés d’accès aux protections hygiéniques pour des raisons avant tout financières

Néanmoins nous ne pouvons pas nous empêcher de constater que sur le plan international le bilan reste aussi déplorable, vu l’état des choses dans la 5ème puissance du monde. Un contraste sans doute bien caché sur un discours institutionnel d’une demande assez correcte en termes d’ « égalité h-f », mais qui reste une formulation assez tiède qui esquive de fait appeler les choses par leur nom. Les femmes constituent une bonne moitié de l’humanité, une moitié opprimée.

Certes, dans le terrain discursif le gouvernement s’y connaît. C’est absolument révoltant la déferlante des fonctionnaires du gouvernement avec des casseroles machistes dont nous avons été exposées pendant ce temps là. Les accusations d’harcèlement, viol, abuse et d’autres ont défilé dans le ministères et le parlement sans que le mouvement des femmes soit capable de riposter avec force pour changer la donne.

Il ne faut pas penser pour cela que tout a été dit pour cette bataille, mais il est certaine qu’à la cinquième anniversaire du mouvement « Metoo » qui a libéré la parole en permettant au femmes prendre le courage de dévoiler des cas lourds -comme l’affaire Polanski, Poivre d’Arvor, Hulot, entre autres-, les avancées politiques du mouvement restent maigres notamment en termes de reconnaissance dans le droit pénal français. Inclure la figure de « féminicide » reste une demande qui devra être prioritaire dans l’orientation d’un mouvement féministe engagé contre les violences.

 

Côté droitard en développement

Les différentes organisations féministes et des militantes d ‘extrême droite » se sont beaucoup manifestées pendant la campagne présidentielle. Initialement groupuscules dont à l’origine on peut trouver le collectif Némésis , né en 2019 dirigé par Alice Cordier, qui prône le discours de l’islamisation de la société dont les femmes sont les premières victimes d’agressions sexuelles. Ce collectif a soutenu la campagne d’Eric Zemmour, une campagne qui a impacté les jeunes et qui surprend les militantes plus anciennes qui n’ont jamais vu émerger ces types de formations politiques au sein du féminisme.

Dans ce sens, un récent événement brutal, assassinat d’une petite fille a été objet d’une récupération total de la part de Zemmour et l’extrême droite malgré les demandes de la famille de la petite de ne pas un faire usage politique de ce crime.

Malheureusement, derrière l’arbre se cache la forêt. L’autrice du crime, c’était une femme en détresse qui n’ai pas de papiers ni accès aux soins, qui a du mal à s’insérer dans la société et qui vit dans la marginalité. Il n’y a pas de justificatif d’un acte de tel nature mais l’intention d’aller à l’origine des problématiques qui nous coûtent tous les jours la vie des femmes et la mise en danger des celles et ceux les plus vulnérables.

Ces événements se déroulent dans un contexte ou les hôpitaux demandent encore une fois des moyens pour soigner mieux les gens. Bien avant la crise du covid-19 les soignants alertaient déjà sur la dégradation de leurs conditions de travail aggravée par la démission de centaines des chefs de service en janvier 2022. La surcharge des services , la gestion comptable des patients, la tarification à la tâche, la fermeture des lits restent des problématiques en vigueur. D’ailleurs ce seront des femmes plutôt nombreuses à travailler dans le secteur de soins qui devront être en tête de la gestion de la misère de ce gouvernement dans le secteur.

Par ailleurs, ce mercredi 19 octobre 2022, les Sénateurs ont rejeté, par 172 voix contre 139, la proposition de loi qui entendait inscrire dans la constitution un « droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) et à la contraception ». Si institutionnellement l’état reconnaît qu’il n’y a pas d’égalité h-f, en raison de quoi existe un ministère qui s’en dédie, en parallèle, l’état vulnérabilise les femmes chaque fois qu’il refuse une dotation de moyens, une hausse de salaires ou qu’applique un renforcement de lois anti-immigration. Le premier à précariser et laisser les femmes en détresse c’est l’état.

 

Seulement de la main de l’organisation les femmes gagneront leurs revendications

Il faut comprendre que pour en finir avec les violences faites aux femmes il faut finir avec un système oppresseur. C’est indispensable à l’organisation d’une contestation à la hauteur des attaques et d’avoir un mouvement qui soit fort dans la rue puisque avec les mesurettes parlementaires c’est ne pas assez.

L’état est le premier responsable de ne pas donner un suivi de régularisation qui n’expose pas les femmes à une situation de rue et les violences que ça entraîne. L’exploitation sexuelle afin de survivre constitue un fléau très répandu notamment chez les femmes migrantes.

Dans ce sens , nous exigeons des papiers pour toutes, l’instauration d’un système d’accueil et d’accompagnement vers l’autonomie et l’indépendance économique des femmes qui vivent sur le territoire français, ainsi que l’augmentation des moyens pour les associations qui les accompagnent. Dans ce sens là, nous soutenons la lutte que mène le Planning Familial pour maintenir ses subventions.

 

Les iraniennes montrent le chemin !

L’exemple se montre en Iran, issue de la brutalité de la police de mœurs à l’encontre d’une femme pour porter incorrectement son voile, la répression a déclenché une rébellion populaire que le gouvernement iranien se bat pour étouffer. Néanmoins ces femmes courageuses montrent le chemin de la contestation social mené de la main de la lutte des femmes puisque la lutte féministe est complémentaire à la lutte des tous.te.s les opprimées pour vivre dignement et en liberté.

De la même façon quand il y a une victoire, une reconnaissance dans la lois au autre, la mobilisation doit continuer pour finir définitivement avec la violence social, sexuelle et sexiste envers les femmes. A notre échelle, c’est important de lutter contre la fragmentation du mouvement , pour plus d’instances de débat collectif, mais aussi pour configurer une présence dans la rue avec l’ensemble de secteurs en lutte, renforcer le mouvement de grève avec les travailleurs et le secteur LGBTI. Seulement unies et organisées contre les violences de l’étal, du patriarcat et du capital.

Pour un féminisme révolutionnaire ! Soyons nombreux.ses ce 19 novembre. La lutte est dans la rue !

SOURCES :
Alves, Sabrina, Féminicides : état des lieux de la situation dans le monde
Egalités Femmes-hommes : grand cause, petit bilan, www.oxfam.org, 3 mars 2022 

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