Soyons fier.e.s de lutter pour nos droits !

Juin est le mois des marches des fiertés LGBTI (lesbienne, gay, bisexuel-le, transgenre, intersexe) en souvenir des émeutes de Stonewall en 1969. Alors qu’en France l’intersyndicale ne propose aucune perspective après 6 mois de mobilisation, et bien que des travailleuses et travailleurs soient en grève pour les salaires, ce mois de lutte LGBTI prend le relai des combats de notre classe pour l’amélioration de ses conditions de vie.

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Le gouvernement et ses flics hors de nos luttes !

Le gouvernement de Macron s’est lancé dès mars 2023 dans une opération de pinkwashing pour redorer son blason terni par les attaques sociales et les offensives vers l’extrême-droite.

Pourtant il y a dix ans, alors que la droite conservatrice alignait les serres-têtes en velours et les mocassins dans la rue à la “Manif pour tous”, Darmanin , ministre de l’intérieur,  ne se lassait pas de dire qu’il ne marierait pas des couples homos si la loi pour le “Mariage pour toutes et tous” passait. Pour le 1er avril, il a  essayé de faire croire qu’il a des remords, alors que sa ligne politique est toujours celle de l’extrême-droite. Darmanin s’est formé politiquement à l’école de Christian Vanneste, ancien maire de Tourcoing, qui a essayé de bâtir sa renommée sur son homophobie à grand coup de révisionnisme. 

Darmanin est loin d’être le seul homophobe notoire a tenter de retourner sa veste. Christophe Béchu, ministre de la transition écologique, s’est aussi plié à l’exercice des regrets publics à son opposition à la loi pour le mariage pour toutes et tous. Est-ce que dans dix ans il regrettera aussi de n’avoir strictement rien fait pour le climat, en demandant “une pause réglementaire européenne”

Olivier Dussopt, ministre du travail, n’a lui pas trouvé de meilleur moment pour sortir du placard qu’au plus fort de la mobilisation pour les retraites en mars. C’est toujours pratique de pouvoir accuser des opposant.e.s à la contre-réforme d’homophobie, comme l’avait fait Macron pendant le mouvement des Gillets jaunes.

La secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et du Service national, Sarah El Haïry, a fait son coming out en avril, au moment-même où la jeunesse s’est davantage mobilisée contre le SNU et la contre-réforme des retraites. Le projet de faire marcher au pas la jeunesse par le Service national universel n’a pourtant rien d’une politique progressiste. La militarisation, le nationalisme et l’embrigadement des jeunes vont à l’encontre du combat des militant.e.s LGBTI, dont la confrontation avec l’armée et  la police a toujours été forte dans tous les pays. Les communautés homosexuelles des grandes villes des Etats-Unis comme San Francisco se sont formées de tous les jeunes hommes rejetés par l’armée états-unienne dans les années 60.

Un gouvernement de droite qui s’attaque à nos retraites, qui veut museler la jeunesse, et qui fait la girouette sur nos droits n’a pas à s’approprier nos luttes, dégageons-les de nos marches !

 

Pas de fierté pour la précarité…

Dans la suite des grèves pour les salaires et pour les retraites, les marches des fiertés sont revendicatives. Le gouvernement Macron et les capitalistes de tous pays essayent de nous précariser toujours plus. Nous devons nous mobiliser pour nos conditions de vie au-delà de l’agenda de juin. Les capitalistes jouent de nos statuts précaires de jeunes, d’immigré.e.s, de personnes LGBTI, pour se débarrasser du code du travail par l’ubérisation. Les LGBTI ne galèrent pas seulement à trouver un travail déclaré et correctement rémunéré, mais aussi à accéder à la santé, au logement. Beaucoup de personnes transgenres migrantes sont en situation de prostitutions faute de pouvoir trouver un emploi stable, c’est pourquoi nous voulons l’instauration de quotas d’emplois pour les personnes trans par exemple et une politique inclusive des personnes trans. La lutte des travailleuses et travailleurs sans papiers, demandeuses et demandeurs d’asile, pour leur régularisation fait partie intégrante de nos combats.

 

…et pas de fachos dans nos fiertés !

Le discours du gouvernement et de beaucoup de politicien.ne.s qui normalise les idées d’extrême-droite ouvre la voie aux groupes violents. L’association SOS Homophobie indique dans son dernier rapport que les agressions physiques ont progressé de 28 % entre 2021 et 2022. Le centre LGBTI de Tours a été attaqué au cocktail explosif le 22 mai. Plusieurs dégradations ont été commises sur ce même centre ces derniers mois. Lors de la Pride de La Rochelle, une camarade a été prise à partie par un petit groupe de royalistes. L’extrême-droite se sent en confiance pour venir perturber nos rassemblements et agresser des militant.e.s. Mais nous sommes des millions chaque année à manifester lors des marches des fiertés, nos luttes renverront les idées moisies au placard. Pour celà, nous devons commencer par dénoncer les tentatives de dévoiement de nos combats par le pinkwashing et pour servir les théories islamophobes, xénophobes et nationalistes. Certains politiciens d’Israël par exemple, alors qu’ils ne sont ouverts à aucuns droits pour les personnes LGBTI, stigmatisent les Palestinien.ne.s et se servent de l’image “gayfriendly” de Tel Aviv pour justifier la colonisation. Il en est de même pour les entreprises comme Google qui essaye de se donner une image inclusive, alors qu’elles exploitent leurs travailleuses et travailleurs. Enfin la police et la gendarmerie n’ont rien à faire dans nos marches, elles qui usent si souvent d’ insultes homophobes lors des interpellations, qui harcèlent les personnes trans, qui mutilent, violent et tabassent dans les banlieues ou pendant les manifestations.   

 

Nos solidarités sont internationales

La Pride radicale de Strasbourg le 10 juin a réuni quelques centaines de personnes derrière la banderole “Ni nationales, ni patronales, nos fiertés sont internationales.”. Les droits LBTI sont un combat international, nous sommes solidaires des luttes du monde entier. Aux Etats-Unis, les conservateurs essaient de reprendre du terrain contre les LGBTI, ce qui montre que nos droits ne sont jamais acquis et que nous devons toujours nous battre pour en gagner de nouveaux et préserver ceux gagnés de longue lutte.

 

Luttons pour les droits LGBTI 

La Révolution russe en 1917 a permis la dépénalisation de l’homosexualité, et le changement d’état civil pour les personnes  trans sur demande en 1926, avant que Staline revienne sur ces lois en 1933. Cent ans après, les personnes trans ne peuvent toujours pas changer leur nom sur simple demande en France. Aujourd’hui nous revendiquons :

 

  • l’arrêt des mutilations des personnes intersexes
  • l’accès à l’emploi pour les personnes trans, par l’instauration de quotas
  • plus de moyens investis dans la santé publique et dans la recherche contre le VIH, le Monkeypox, pour une réelle PMA pour toutes et tous accessible dans des délais acceptables, 
  • changement d’état civil sur simple demande
  • arrêt des politiques anti-migrantes et xénophobes comme la loi Darmanin : des papiers pour toutes et tous 
  • lutte active contre l’extrême-droite

 

Le 24 juin à Paris nous serons dans le cortège du NPA pour nos droits, et dans la rue tant qu’il le faudra. 

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