Fret ferroviaire, biodiversité, agriculture : pour une écologie sans transition !

Pendant que le gouvernement saborde le fret ferroviaire, Macron poursuit ses menaces de dissolution du mouvement Les soulèvements de la Terre. Les sécheresses et les incendies cataclysmiques que nous sommes en train de vivre ne suffisent pas aux dirigeant.e.s et capitalistes pour entendre raison, ils préfèreront toujours les profits et la répression.

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Le gouvernement français ne fait plus semblant de s’intéresser à l’écologie. Macron a demandé une pause dans les accords de Paris, et la chasse aux militant.e.s écologistes l’intéresse plus que le développement des transports de marchandise par le rail.

 

La politique ultra-libérale européenne au fret des contribuables

La Commission Européenne a lancé une procédure contre la France le 18 mai 2023 pour « concurrence libre et non faussée » et exige de récupérer 5,3 milliards d’euros au sujet des subventions octroyées à la SNCF Fret. La CGT a dénoncé une “pièce de théâtre” néolibérale dans son tract du 24 mai. Les exigences de Bruxelles sont un braquage organisé pour démembrer la SNCF. Une manifestation a rassemblé un millier de cheminot.e.s et de soutiens de France en région parisienne le 15 juin pour dénoncer la liquidation. Les associations environnementalistes comme Alternatiba, Les Amis de la Terre, Dernière Rénovation, Extinction Rebellion, Greenpeace et Youth for Climate ont appelé à cette mobilisation. Le 15 mai, des cheminot.e.s sont allé.e.s chercher le ministre des Transports, Clément Beaune, à un colloque sur les Champs-Elysées pour exiger des comptes sur la situation de SNCF Fret.

Ce démantèlement de la filière Fret aurait pour conséquence la destruction de 500 emplois environ. La circulation de camions de marchandise est responsable de morts sur les routes et de bien davantage de pollution que le transport par train. Les politiques publiques devraient en toute logique écologique et de sécurité routière développer ce mode de transport de marchandise. Mais leur seule priorité est de refiler des marchés à leurs copains capitalistes. Ce sont les cheminot.e.s qui doivent décider de la gestion des chemins de fer, pas les banquiers de Bruxelles.

 

Répression des Soulèvement de la Terre, le gouvernement déraille

Il y a deux mois avait lieu le rassemblement à Sainte-Soline qui avait réuni une trentaine de milliers de manifestant.e.s selon les organisateurs. Une mobilisation contre le projet de tunnel ferroviaire Lyon-Turin avait lieu ce week-end, pour dénoncer la sous-exploitation de ligne existante et les impacts sur les milieux de ce creusement. La manifestation a été interdite par arrêté préfectoral. La préfecture semble beaucoup moins virulente au sujet des travaux de creusement de la ligne qui continuent alors que l’usage d’explosifs sur 16 zones de captages d’eau potable protégées des Alpes n’a pas été autorisé. Le 15 juin, le gouvernement a renvoyé un courrier à l’association Les Soulèvements de la Terre pour indiquer son souhait de la dissoudre.

Le syndicat de professionnels de l’agriculture intensive, la FNSEA, a déclaré vouloir la peau des Soulèvements de la Terre aussi. Le nouveau président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, est allé jusqu’à menacer physiquement les militant.e.s écologistes « La FNSEA, en responsabilité, appelle tout le monde au calme et à la retenue. Mais je suis obligé d’ajouter que je ne suis pas sûr de tenir longtemps mes troupes. » « Un incident peut arriver ». La FNSEA sait que l’Etat français mettra tout en œuvre pour satisfaire pour préserver ses intérêts, comme il le fait pour le lobby des cimentiers.

15 militant.e.s des Soulèvements de la Terre ont été arrêtés chez elleux par la police antiterroriste le 5 juin pour une enquête « association de malfaiteurs » sur une action contre une cimenterie exploitée par le groupe Lafarge-Holcim. Faut-il rappeler que Lafarge a contractualisé avec le groupe terroriste Daech en Syrie pour poursuivre ses exploitations dans ce pays ? En ce qui concerne les associations de malfaiteurs, les capitalistes ne connaissent aucune limite. Du 13 juin au 21 septembre, les Soulèvements de la Terre continueront leurs actions contre les « accapareurs de l’eau » malgré les coups de pression.

Pour sortir de l’ornière des projets destructeurs de la nature, les écologistes ont tout intérêt à lier leur lutte à celles des travailleuses et travailleurs des secteurs d’activités qu’iels dénoncent. Les actions écologistes couplées à des grèves permettraient de poser plus fortement la question de qui doit décider de ce que nous produisons, à quel prix, dans quelle condition. 

Comme l’a si justement dit Chico Mendès, syndicaliste brésilien défenseur de la forêt amazonienne « l’écologie sans lutte des classes, c’est du jardinage », et les capitalistes attaquent les montagnes à l’explosif. Il est temps de leur répondre avec des moyens proportionnés : une révolution pour enfin décider par nous même du monde que nous souhaitons.

Sources :

www.cheminotcgt.fr/wp-content/uploads/2023/05/20230324__Tract_Fret_Nous_sommes_l_antidote.pdf

www.mediapart.fr/journal/france/160623/dissolution-des-soulevements-de-la-terre-les-nouveaux-griefs-du-gouvernement

www.mediapart.fr/journal/ecologie/160623/lyon-turin-les-travaux-bravent-l-interdiction-de-creuser-sur-16-sites-d-eau-potable

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