L’Argentine vire à droite, le rapport de force va se jouer dans la rue

Communiqué du Nuevo MAS, le 13 août 2023, suite aux élections présidentielles PASO (primaires ouvertes simultanées obligatoires). 

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Massa (Union pour la Patrie), Milei (La Liberté Avance), Bullrich (Ensemble pour le Changement), les trois principaux candidats aux élections primaires.

Communiqué du Nuevo MAS, le 13 août 2023, suite aux élections présidentielles PASO (primaires ouvertes simultanées obligatoires). 

 

Javier Milei est devenu le pré-candidat présidentiel qui a rassemblé le plus de voix avec environ 30% des suffrages au niveau national. Il a été également vainqueur dans la plupart des provinces de l’intérieur du pays. Si nous analysons la victoire de Patricia Bullrich (16,98%) dans l’élection interne de la coalition de droite Juntos por el Cambio (Ensemble pour le changement) face à Horacio Larreta (10,65%), nous pouvons dire que 50% de l’électorat se situe à droite. Pour sa part, le gouvernement, représenté par le ministre de l’Economie et candidat Sergio Massa (Union pour la Patrie) s’est retrouvé en troisième place (20,73%) dans la primaire interne face à Grabois (4,96%). Les listes de la gauche révolutionnaire ont fait environ 3,80%. Tout cela confirme une percée électorale de Milei, qui peut s’expliquer par la frustration résultant de l’échec du gouvernement Fernandez-Kirchner et du gouvernement précédent de Macri, qui porte une énorme part de responsabilité aussi.

Toutefois, il y a deux nuances à signaler par rapport au résultat électoral des PASO. La première chose à dire c’est qu’il s’agit des primaires. D’ici les élections générales d’octobre, il faudra voir comment la situation électorale et politique évolue. Mais surtout, il faut savoir que les résultats électoraux n’impliquent pas une traduction mécanique des rapports entre les classes sociales. Bien que les résultats des élections ne soient pas anodins, nous pouvons d’ores et déjà anticiper qu’il y aura un affrontement entre les classes. Cette élection en Argentine ressemble à celle de Jair Bolsonaro en 2018, mais contrairement au Brésil, la poussée électorale de Javier Milei ne représente pas encore la conséquence directe d’une évolution dans la lutte des classes, telle qu’elle s’est exprimée en 2018 dans le pays voisin. Cet affrontement entre les classes est à venir.

Les résultats des élections de la gauche révolutionnaire ont été médiocres par rapport aux scores qu’elle avait obtenus auparavant. Les raisons en sont à la fois objectives et subjectives. La raison objective est que la gauche anticapitaliste ne peut pas empêcher un virage vers la droite électorale. Ni le FIT-U (Front de Gauche), ni le Nuevo MAS ne sont capables d’éviter un tel phénomène tous seuls. La raison subjective est que les principales forces du FIT-U ont montré une adaptation aux règles du jeu du régime politique. Ils ne sont pas descendus dans la rue pour défendre les libertés démocratiques lors de l’attaque contre Cristina Kirchner. Au contraire, ils ont milité à l’intérieur du régime politique lors des épreuves difficiles de la dernière période, en particulier le PTS dirigé par Myriam Bregman. Il s’agit d’une adaptation au régime politique qui contribue à l’affaiblissement de la gauche révolutionnaire. Il ne peut y avoir le moindre soupçon de légitimation du régime lorsqu’il permet à des monstres politiques réactionnaires comme Milei d’exister.

Nous sommes fier.e.s d’avoir mené une campagne électorale sans aucun sectarisme, d’avoir présenté des propositions de gauche, révolutionnaires et anticapitalistes pour sortir de la crise et, en même temps, d’avoir évité tout électoralisme. Nous félicitons notre courageuse pré-candidate à la présidence, Manuela Castañeira, ainsi que tous les militant.e.s de notre parti et tous celles et ceux qui nous ont accompagnés par leur vote. Nous vous donnons rendez-vous dans la rue contre les tentatives réactionnaires et les ajustements économiques à venir.

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