Argentine : Grève générale contre Milei le 24 janvier

Une grande journée de grève générale et manifestations se prépare en Argentine contre les politiques du président d'extrême droite.

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Depuis le choc de l’arrivée au pouvoir de Milei durant le mois de novembre 2023, tous les yeux au niveau national et international se sont posés sur le nouveau gouvernement de l’Argentine. Depuis son investiture présidentielle lors du mois de décembre, avant le début des périodes de grandes vacances estivales de l’hémisphère sud, la période des fêtes de fin d’année n’a pas épargné la population des annonces et des basculements politiques et économiques.

 

Le gouvernement Milei au pouvoir : des attaques ultra-capitalistes et anti-démocratiques

Dans son discours de victoire et son discours d’investiture, Javier Milei insistait sur le manque de moyen pour financer tout type de dépenses publiques. Affirmer “Il n’y a pas d’argent” lui a servi à justifier la politique d’austérité à venir. Il prévenait la population que les mois suivants allaient être durs et qu’il fallait tenir car le pays est détruit.

Après, ce fut au tour de son ministre de l’Economie, Luis ‘Toto’ Caputo de faire des annonces. Dévaluation de la monnaie, passant le taux de change du dollar de 400 à 800 pesos, arrêt total des travaux publics, réduction des postes de l’état national parmi d’autres réductions budgétaires et augmentations de tarifes  L’impact sur le pouvoir d’achat a été très rapide : l’inflation est proche d’un cadre hyper-inflationnaire avec 30% d’inflation seulement pour le mois de décembre 2023. 

Face à ses attaques, la réponse ne s’est pas faite attendre. Les organisations de la gauche anticapitaliste, comme le Nuevo MAS, et les syndicats des travailleurs de l’Etat, premiers touchés et à risque de licenciements massifs par les politiques du gouvernement Milei, se sont donné rendez-vous dans une manifestation le 20 décembre. Il s’agissait de la première manifestation contre le gouvernement et elle a représenté le premier défi du protocole répressif contre les manifestations mise en place par la Ministre de l’intérieur et ancienne candidate à la présidentielle Patricia Bullrich.

Le soir du 20 décembre à 21h, Javier Milei a annoncé un ensemble de mesures, de façon antidémocratique par la voie d’un décret de nécessité et urgence, contenant autour de 300 articles modifiant plus de 80 lois. L’existence des Décrets de Nécessité et d’Urgence (DNU) dans le système constitutionnel argentin est accompagnée d’un cadre et d’une jurisprudence particulière. Il est indispensable pour mettre en place ce type de décret que le gouvernement soit en capacité de justifier une véritable nécessité et urgence. Certains domaines sont placés hors de la sphère de compétence des DNU comme les réformes tributaires ou les réformes de loi pénale. Il s’agit d’un mécanisme de mise en place de mesures d’exception, par la seule volonté du pouvoir exécutif, et qui doivent par la suite être validées ou rejetées par le parlement, dans les délais que les séances parlementaires peuvent le permettre.

Construire une grève générale historique contre Milei à partir du 24 janvier

Suite aux annonces, il y a eu des manifestations de nuit spontanées qui donnaient des images ressemblant à celles de la crise du 2001, avec des casseroles, de la classe moyenne dans plusieurs quartiers de Buenos Aires et se déplaçant jusqu’au Parlement jusqu’à 2h du matin. L’annonce d’une telle mesure de la part de l’exécutif a été perçue comme un attaque au système democratique et aux acquis du retour de la démocratie après la dictature.  Il y a eu aussi une deuxième journée de manifestation le 27 décembre, entre les deux fêtes.

Au niveau institutionnel, le Parlement est, pendant le mois de janvier, ouvert de façon extraordinaire pour décider sur le projet de loi de Milei et pour éventuellement décider aussi de la validation ou l’annulation du décret de nécessité et urgence. Au niveau du pouvoir l’inconstitutionnalité de certains articles du DNU modifiant la loi du travail, établissant la suspension de l’application des mesures concernant la baisse des contributions patronales aux judiciaire,  la Cour d’appel dans le domaine du droit du travail, saisi par la CGT, a déjà affirmé caisses d’assurance maladie et caisses de retraites. Face à la pression sociale et au mécontentement contre le DNU et contre la loi omnibus, la CGT appelle à une journée de grève générale le 24 janvier.

La tâche qui se déclenche actuellement est celle de construire la journée de grève la plus massive pour le prochain 24 janvier. Dès maintenant, l’existence et la multiplication des Assemblées Générales des secteurs en lutte mettent en lumière cette opportunité de véritablement mettre à l’arrêt le pays, puis de décider la suite d’un plan d’action jusqu’au retrait de la loi omnibus, du DNU et des mesures mises en place jusqu’à présent, par le gouvernement d’extrême droite de Milei, comme les restrictions au droit de manifester. 

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