
Cette année, la Pride parisienne a rassemblé des dizaines de milliers de personnes, tout comme à Dublin où la Pride avait lieu le même jour sous le mot d’ordre « Taking liberties » (Prenons nos libertés). Les prides du monde entier ont réaffirmé leurs mots d’ordre politiques cette année, sur fond d’attaques réactionnaires sur tous les continents.
Budapest répond à l’offensive d’Orbán
Les menaces de sanctions, pourtant lourdes (500€, soit un mois du salaire médian hongrois), et les caméras placées sur le parcours pour relever l’identité des manifestant·es n’a pas dissuadé la foule de défiler à Budapest pour une Pride rassembleuse. Viktor Orbán n’avait certainement pas réalisé à quel point il a fait de la publicité pour la marche des fiertés de la capitale hongroise.
Tout comme la Russie, le parlement hongrois à voté en mars l’interdiction que se tienne une marche des fiertés. C’est une hérésie dans un pays pourtant précurseur des droits LGBTI, qui a légalisé l’homosexualité en 1961 (contre 1982 pour la France !) et le partenariat civil en 2008 (1999 pour la France avec le PACS).
Les Budapestois·es ont répondu de la plus belle des façons en se mobilisant pour leurs droits et par solidarité avec les LGBTI opprimé·es par leur gouvernement. Nous pouvons tirer deux leçons de cette expérience : le progrès n’est pas linéaire et il faut toujours resté·es mobilisé·es pour ses droits, et les LGBTI peuvent bien être un point d’appui pour les luttes contre l’extrême droite. Beaucoup de Hongrois·es n’ont pas accepté que les LGBTI servent de boucs-émissaires à Orbán.
A Paris les LGBTI mobilisent bien plus que les fachos
Le collectif d’extrême droite Eros a réuni 7 personnes pour essayer de s’introduire dans la manifestation parisienne samedi, ce qu’iels n’ont pas pu faire. Iels portaient des cravates noires, se sentant tout à fait identifié au personnage symbolisant l’extrême droite réactionnaire sur l’affiche de la Pride parisienne. Même protégé de la police, iels n’ont rien pu faire d’autres que d’attirer l’attention des médias avec leurs pancartes ridicules comme « La jeunesse emmerde le Front Populaire » ou faisant allusion au soit-disant racisme anti-Blanc, et en agitant leurs épouvantails préférés que sont l’Islam et les Palestinien·es.
Du côté de la manifestation civilisée, des drapeaux palestiniens ponctuaient les cortèges, rappelant que même si la Pride est un moment festif, tout le monde sait qu’en ce moment Nétanyahou sème la mort en Palestine. Dans notre cortège du collectif féministe Las Rojas, le slogan « Free Palestine ! » a été repris avec enthousiasme par les manifestant·es. La Pride s’est montrée une fois de plus comme un espace de solidarité internationaliste, comme la grève du 8 mars et le 1er mai.
Nous restons mobilisé·es au-delà de l’agenda de juin pour les droits des LGBTI : contre les guerres impérialistes, pour des papiers pour toustes, pour des moyens pour la santé ! Que les réactionnaires retournent dans les poubelles de l’Histoire, nous, nous chanterons avec les LGBTI du monde entier.
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