
Depuis des années, la Marche des Solidarités se bat en France pour les droits des personnes migrantes. Pour 2025, leur appel à la manifestation en fin de la journée internationale des migrant·es est accompagné d’une revendication centrale : faire la grève ce jour-là. Cette grève vise à mettre en lumière la contribution économique des migrant·es à l’économie française. Socialisme ou Barbarie est signataire de cet appel et nous construisons le mouvement pour renforcer la grève du 18 décembre dans les lieux d’étude et de travail où nous militons au quotidien.
Au-delà des discours racistes actuels, qui sont les migrant·es ? Les migrant·es sont nos collègues, nos voisin·es, nos amoureux·ses, les membres de nos familles quand nous sommes issu·es de l’immigration, de la deuxième, troisième ou quatrième génération. Ils sont nos ami·es. Ce sont les personnes qui nous apportent des soins, que ce soit à l’hôpital ou à la maison, quand on demande de l’aide à domicile. Ce sont les personnes qui préparent les repas de nos enfants à la cantine, les boulangers et boulangères, les propriétaires et les travailleurs et travailleuses de nos restaurants préférés. Les migrant·es sont les personnes qui assurent le nettoyage de nos villes et de nos transports en commun. Les migrant·es conduisent nos bus, nos métros, nos tramways. Les migrant·es assurent l’éducation de nos enfants à tous les niveaux, de la crèche au lycée, et sont les professeur·es de nos étudiant·es à l’université. Les migrant·es sont les chercheur·ses dans nos laboratoires de recherche, assurant ainsi l’innovation du pays. Les migrant·es sont les artistes de nos films et de nos pièces de théâtre, les auteur·es de nos livres préférés, les artisan·es de nos ateliers et de nos diverses productions créatives. Les migrant·es nous apportent nos repas quand nous les commandons en livraison, vivant dans des conditions de précarité, alors que nous ne pensons pas à leur vie et à leurs difficultés quotidiennes.
Or, les migrant·es sont depuis des années l’une des cibles privilégiées du gouvernement et de l’extrême droite. Darmanin et Retailleau n’ont fait qu’exprimer leur haine, qui ne se limite pas à de simples discours ou propos. Leur haine se manifeste par des actions, comme la loi Darmanin et la circulaire Retailleau la situation est actuellement invivable : le durcissement des critères pour obtenir la régularisation et la mise en place par les préfectures de la dématérialisation des démarches pour obtenir un titre de séjour ou son renouvellement se traduisent par une fabrique de sans papiers. Les délais de traitement scandaleusement longs plongent dans la précarité et l’incertitude aussi bien des migrant·es arrivé·es récemment en France que des personnes installées depuis des années. Au bout du processus, les titres de séjour sont de plus en plus rares et les OQTF se multiplient (leur nombre a doublé depuis dix ans, pour atteindre 140 000 par an). De plus, la répression policière s’intensifie au travers de l’expulsion de lieux d’accueil ou des occupations et camps qui regroupent des migrant·es et de l’augmentation des personnes incarcérées dans les Centres de Rétention Administratifs (CRA) dans des conditions qui portent atteinte à la dignité humaine.
La propagation des idées racistes contre les migrant·es ne se limite pas à ce seul secteur. Le racisme se répand dans toutes les couches de notre société. Nous devons arrêter la propagation de tous types de discours et actions racistes par notre action et par notre solidarité.
L’extrême droite ne s’attaque pas seulement aux personnes migrant·es. L’extrême droite cible également dans leur droit à l’existence les personnes LGBTQI+, tant en France comme au niveau international. Leur discours a des impacts sur les migrant·es qui sont aussi, pour un certain nombre, des personnes LGBTI. Les personnes demandeus.es d’asile pour des raisons de persécution de leur orientation sexuelle et leur identité de genre se voient refuser des demandes d’asile quotidiennement avec des sollicitations de preuves impossibles à produire.
Les discours racistes et anti-migrant·es les plus virulents sont propagés lorsqu’une situation de violence sexiste ou sexuelle est présumée avoir été commise par une personne migrante. Il s’agit d’une instrumentalisation qu’il faut également dénoncer. Les mêmes secteurs qui désignent la migration comme la cause de tous les maux du pays restent silencieux lorsque les agresseurs sont d’origine française (et oui, il y en a). Ils ne se prononcent pas non plus pour le soutien, la régularisation et l’accompagnement des femmes migrantes victimes de VSS, qui font des parcours de combattantes pour leur survie à la suite de violences vécues.
Rejoignons tous et toutes l’appel de la Marche des Solidarités pour « une journée sans nous » le 18 décembre 2025. Ce 18 décembre doit être une journée de soutien aux migrant·es à l’opposé des politiques racistes menées par Macron et soutenues par l’extrême droite. Les collectifs de sans-papiers et de mineur·es isolé·es seront là. Soyons présent·es en masse et portons ensemble nos revendications :
- Liberté de circulation et d’installation
- Retrait de la loi Darmanin et de la circulaire Retailleau
- Régularisation des toustes les sans papiers
- Démantèlement des centres de rétention administrative
Toutes et tous en grève le 18 décembre ! A Paris, rendez-vous au camp de base à la Place de la République pour les grévistes et leurs soutiens à midi. Participons à l’assemblée publique à partir de 15h, et ensuite mobilisons-nous massivement à la manifestation à partir de 17h, départ place de la République.

