
L’université au service du gouvernement Macron et du patronat
Pour faire face aux baisses de financement de l’université publique par l’État, la présidence de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne prévoit un budget austéritaire de moins 3 millions d’euros pour l’année 2026. Ce montant est présenté comme une victoire par la présidence, qui se félicite d’avoir limité la casse par rapport aux demandes du ministère de l’ESR. Cette victoire se fait sur le dos des étudiants étrangers et des personnels administratifs et enseignants précaires dans une université déjà en service minimum.
Les nouvelles sources de recettes incluent la fin de l’exonération des frais d’inscription des étudiants étrangers ; c’est-à-dire la mise en pratique de Bienvenue en France, la loi raciste passée par Macron en 2019. Les étudiants étrangers de Paris 1 devront payer 3 000 € pour une licence et 4 000 € pour un master. La mise en place de la loi à l’échelle de Paris 1 avait été empêchée par trois semaines de mobilisation et d’occupation en 2019. Votée en conseil d’administration début décembre, Paris 1 devient une des huit universités françaises à avoir appliqué cette loi, qui pourrait être rejointe par Aix-Marseille et Lyon 2.
Les augmentations de frais d’inscription concernent également les étudiants en DU (Diplôme Universitaire), en magistère et les doctorants-enseignants. Ils se retrouveront avec des frais de plusieurs milliers d’euros à l’année. Les doctorants-enseignants qui sont déjà parmi les plus précaires personnels de l’ESR devront désormais payer pour pouvoir travailler.
La présidence de Paris 1 confirme son rôle d’exécutant des politiques gouvernementales sans aucune indépendance. Elle mène les politiques austéritaires, racistes et de tri social sans aucune opposition au gouvernement. Il ne peut y avoir aucune indépendance dans les décisions tant que les universités dépendent de la volonté des différents gouvernements de droite comme de gauche pour ses financements ; ce n’est pas au conseil d’administration, instance anti-démocratique où les élus du personnel et des étudiants sont minoritaires que les décisions sont prises. La recherche de financement extérieurs ne fait que subordonner l’université aux intérêts du patronat et des entreprises privés du complexe militaro-industriel : Thalès, Safran, Eiffage. La forte répression envers les étudiants mobilisés contre ces partenariats et en solidarité avec le peuple palestinien n’est pas une surprise quand l’université compte sur ces financements pour continuer d’exister.
Des victoires partielles qui doivent servir de tremplin pour la suite de la mobilisation
Commencé le 25 novembre avec 50 personnes réunies dans le cadre du comité de soutien des étudiants étrangers de Paris 1, c’est maintenant plus de 400 étudiants qui se sont mobilisés et ont déjà pu obtenir des victoires partielles.
Ce sont déjà deux conseils d’administration qui ont pu être bloqués par l’action commune des étudiants des différents centres de Paris 1 au Panthéon. Plusieurs semaines d’agitation ont servi à massifier la lutte et imposer un rapport de force. La présidence utilise tous les outils répressifs et anti-démocratiques à sa disposition : passage des CA en visioconférence, diffamation des étudiants mobilisés sur les listes mails avec le soutien des associations étudiantes corporatistes. Elle en est arrivée le 11 décembre à faire entrer les CRS au Panthéon pour interrompre l’assemblée générale des étudiants et des personnels qui se préparait à manifester jusqu’au ministère de l’ESR. Alors que le matin même c’est plusieurs centres qui étaient bloqués pour la première fois dans cette mobilisation.
Le mouvement doit encore s’étendre sur plusieurs centres pour construire un rapport de force à même de faire face aux outils répressifs de l’État et de faire annuler les décisions votées par le conseil d’administration.
Construire une riposte sur le temps long, un enjeu pour le mouvement étudiant
L’extension de la mobilisation est la seule voie pour obtenir une victoire, elle ne sera possible que par la généralisation des intérêts des étudiants étrangers à l’ensemble des étudiants, quand la défense des droits particuliers sera l’affaire de tous. Il n’y a que par la riposte d’ensemble et organisée contre la pointe avancée des offensives que nous pourrons nous défendre face aux futures attaques et imposer nos intérêts et nos revendications.
Pour des universités libres et gratuites pour tous sans sélection, des hausses de budget pour les facs sur les revenus des grandes entreprises, un revenu étudiant à hauteur du SMIC et la régularisation de l’ensemble des étudiants sans-papiers.
Dans ce contexte international d’austérité, de racisme et de guerre, une victoire à Paris 1 a le potentiel de déclencher des luttes dans les autres universités qui font face aux coupes budgétaires ; de marquer une victoire face au gouvernement Macron, de contrer son agenda réactionnaire et de mettre nos revendications sur la table.
Les étudiants ont intérêt à rejoindre les autres secteurs en lutte. : restauration, travail social et livraison. Nous construisons le 18 décembre la première grève appelée par les collectifs de travailleurs migrants et sans-papier avec la Marche des Solidarités à l’occasion de la journée internationale des migrants.

