Paris 8 : Victoire de la mobilisation face à l’austérité, construisons l’alternative !

Ce vendredi 12 décembre à partir de 9h s’est tenue une action de mobilisation organisée par les étudiant·es et les personnel·les mobilisé·es de la fac de Paris 8, en vue de l’adoption imminente du plan budgétaire de 2026 par la présidence de l’université.

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Ce vendredi 12 décembre à partir de 9h s’est tenue une action de mobilisation organisée par les étudiant·es et les personnel·les mobilisé·es de la fac de Paris 8, en vue de l’adoption imminente du plan budgétaire de 2026 par la présidence de l’université.

 

Les raisons de la mobilisation

Pourquoi s’être mobilisé·e contre ? Tout simplement car la présidence de la fac de Paris 8 est dans une logique de concessions permanentes avec les politiques économiques mises en place par le gouvernement national actuel dans le secteur de la jeunesse étudiante. À titre comparatif, le budget 2026 pour l’enseignement supérieur prévoit : la suppression des APL (aides pour les logements) pour les étudiant.es, la suppression de plus de 8 000 postes de personnel.les, et 400 millions d’euros de coupes budgétaires pour l’ensemble de l’hexagone.

Nous nous sommes mobilisé·es face au délaissement de l’État français qui oblige les universités, notamment celles du public et de seconde zone, à devoir effectuer des coupes budgétaires supplémentaires qui menacent l’existence même de ces universités.

 

La situation économique de Paris 8

Pour la situation à Paris 8, on parle d’une université dont le déficit s’élève à la somme de 15,6 millions d’euros. Si l’on y ajoute les 10 millions d’euros de baisse dans les dépenses d’investissement (constructions, rénovations, entretiens des bâtiments) tel que le prévoit le budget de la fac pour 2026, cette somme se hausse à plus de 25 millions d’euros de déficit.

Sachant que la fac de Saint-Denis attend l’inauguration d’un tout nouveau bâtiment censé remplacer l’actuel bâtiment A, devenu de plus en plus impraticable avec toujours plus d’étudiant.es mais moins d’espace pour les accueillir, peut-être ne verrons-nous jamais ce bâtiment finalisé, ce qui serait inacceptable.

 

Une logique pro-patronale de professionnalisation de l’enseignement public

Derrière ce plan de casse sociale organisée de l’université publique par le gouvernement, dont la politique est relayée par la présidence de la fac, il s’agit de rendre les universités dépendantes des grandes entreprises et de leurs partenariats. À Paris 8, c’est déjà le cas avec les partenariats avec Thalès (entreprise d’armement) ou encore l’institut Géode – institut de recherche en géopolitique créé par le ministère des armées. 

Mais aussi, avec l’annonce, l’année dernière, de la possible suppression de plusieurs formations considérées comme n’ayant pas assez de débouchés professionnels, ce sont principalement les licences d’arts – musicologie, arts plastiques, cinéma, théâtre, etc. – de philosophie et de langues qui se retrouvent en première ligne de ces attaques.

Ces partenariats servent principalement aux financements et à la volonté de professionnalisation demandée par l’HCRS (organe gouvernemental d’évaluation des universités en France) et appliquée de fait par la présidence. S’y ajoutent l’obligation de stage dans certaines formations depuis la rentrée 2025, ainsi que la menace de suppression de certains masters et doubles licences (Philosophie, LEA Arabe/Espagnol, etc.)

L’université publique n’a plus qu’une chose à offrir : soit mourir au travail, soit sur le champ de bataille.

 

Un contexte politique plus large : la remilitarisation imposée à la jeunesse

En effet, à l’Assemblée nationale, il y a peu, est passée la discussion sur le projet de « service national volontaire », qui est éminemment tout sauf volontaire. Aujourd’hui, dans la France de Macron, pour les 18-24 ans se joue un ultimatum : soit vous êtes assez bon.nes pour continuer d’étudier, trouver un travail, créer des richesses et éponger les dettes ; soit vous êtes inutiles à la société et alors autant aller se sacrifier pour votre patrie bien-aimée.

Par le désinvestissement des facs publiques, il y a plusieurs volontés : premièrement, celle de privatiser les facs publiques en les rendant dépendantes d’investisseurs privés comme Thalès ; deuxièmement, celle de la remilitarisation.

La remilitarisation qui s’installe aujourd’hui ne se cache même plus derrière le vernis du « service national volontaire ». Elle avance comme une solution prétendument nécessaire, alors qu’elle sert surtout à orienter une partie de la jeunesse vers l’armée et les industries de défense. 

Le désinvestissement massif dans les universités publiques n’est pas neutre : il crée un tri social qui pousse celleux qui n’ont plus accès aux études à se tourner vers les carrières militaires pour survivre.

En fragilisant les formations critiques, artistiques et humanistes, et en renforçant les partenariats avec les entreprises d’armement, l’État construit progressivement une jeunesse rendue « utile » soit économiquement, soit militairement. 

Ce choix politique transforme l’université en vivier pour les besoins stratégiques du pays et fait de la militarisation une échappatoire imposée plutôt qu’un choix. Ce mouvement n’est rien d’autre que la conséquence directe de la casse organisée de l’enseignement supérieur public.

 

Victoire de la mobilisation : Passons à l’offensive !

Face aux attaques militaristes et austéritaires qui cherchent à nous écraser, à nous priver du temps, du choix et même du droit de décider de notre avenir, l’heure n’est plus à l’attente : l’heure est à la riposte.

Il est temps que les étudiant.es et le personnel des facs reprennent le contrôle et imposent leurs revendications en première ligne, sans laisser la présidence et le gouvernement décider à notre place.

Ce vendredi 12 décembre, nous l’avons prouvé : quand on bloque, on gagne.
Le blocage du vote sur le budget a stoppé net la machine administrative, a offert un sursis précieux et surtout a montré que la détermination collective peut faire reculer ceux qui nous imposent l’austérité.

À midi, l’Assemblée générale inter-orga a posé les bases d’une vraie stratégie offensive :

  • une mobilisation large, et unitaire pour briser les politiques austéritaires ;

  • une Assemblée générale massive, appelée par toutes les forces syndicales et politiques, pour construire un rapport de force durable ;

  • une intervention organisée au CA, avec des questions communes, pour mettre la présidence face à ses contradictions et refuser sa gestion soumise aux intérêts patronaux et militaristes.

Notre camp social peut frapper des deux côtés : dans les instances et dans la rue. C’est cette tactique qui a permis la victoire de ce vendredi : nous avons fait annuler leur calendrier, repoussé le vote du budget et ouvert une brèche politique. Cette brèche, il faut l’élargir. Et pour ça, il faut continuer à se mobiliser.

Parce que si nous avons réussi ici, nous pouvons tout autant faire reculer les logiques gouvernementales pro-patronales, militaristes et capitalistes qui veulent transformer l’université en entreprise rentable et la jeunesse en main-d’œuvre sacrifiable.
Nous refusons d’être dociles. Nous refusons d’être trié.es. Nous refusons de choisir entre la pauvreté et la docilité.

Notre victoire de vendredi n’est qu’un début. Pour preuve, la présidence tient à tenir tout de même un prochain CA le vendredi 19 décembre prochain. Nous appelons à poursuivre la mobilisation jusqu’à la victoire !

Maintenant, organisons-nous, amplifions la lutte, et imposons une autre alternative. Dans ce sens, il en va de l’intérêt des étudiant·es de se mobiliser lors de la journée du 18 décembre, si on s’arrête tout s’arrête !

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