Une grève générale massive au Portugal contre les attaques du gouvernement

Le jeudi 11 décembre, trois millions de travailleur·euses ont envahi les rues du Portugal pour répondre à la contre-réforme du code du travail voulue par le gouvernement Montenegro.

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Après les trois jours de grève en Belgique, les mobilisations en Italie et en Bulgarie, c’est au tour du Portugal d’imposer un rapport de force face à sa bourgeoisie. Les centrales syndicales CGTP-IN et l’UGT ont appelé à cette journée de grève nationale du 11 pour dénoncer la contre-réforme «Trabalho XXI» qui prévoit de dénaturer plus de 100 articles du code du travail. Sous couvert de « flexibiliser » le travail au Portugal, le gouvernement Montenegro provoque une vague de mobilisations à un mois des présidentielles. 

 

Le pays à l’arrêt

Alors que le gouvernement cherche à minimiser l’ampleur de la grève, les centrales syndicales revendiquent trois millions de manifestant·es, dans un pays de 5 millions de travailleur·euses. La participation du secteur de la santé, de l’éducation et des transports a effectivement été massive. Les transports publics et aériens étaient presque tous à l’arrêt, comme les hôpitaux avec 90% des médecins en grève. De très nombreuses écoles étaient fermées. L’usine Volkswagen la plus grande du pays, au sud de Lisbonne, a été complètement mise à l’arrêt.

 

Le gouvernement de droite souffle sur les braises de la cure d’austérité

Cette grève est la plus importante depuis douze ans, en 2023 quand les travailleur·euses du Portugal subissaient la cure d’austérité imposée par la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international. Elle avait notamment conduit à une dégradation des conditions de travail et à la dérégulation du marché de l’immobilier, entraînant l’abandon des centres-villes. Les jeunes étaient contraints de rester vivre chez leurs parents. 

Le gouvernement de droite Montenegro se montre particulièrement offensif avec cette nouvelle contre-réforme en cherchant notamment à faciliter les licenciements ou encore à allonger la durée des contrats précaires. Il cherchait aussi à élargir le service minimum en cas de grève pour «stimuler la croissance». La croissance nécessite plus d’être partagée que stimulée.

 

Intensifions la riposte du monde du travail en Europe 

Un préavis de grève est déposé au Portugal dans le secteur aérien le 31 décembre et 1er janvier. Alors que tous les gouvernements européens s’attaquent à nos conditions de vies et de travail, notre riposte doit être internationale. Comme en Bulgarie, dégageons nos gouvernements. Contre la marche à la guerre alimentée à coup d’austérité, organisons des grèves qui dépassent les journées uniques proposées par les centrales syndicales. 

Le 18 décembre en France, nous serons toutes et tous en grève et dans les mobilisations pour la Journée internationale des droits des personnes migrantes.

 

Sources : 

https://www.liberation.fr/international/europe/au-portugal-une-greve-generale-massive-contre-la-revision-du-code-du-travail-20251211_L7DEZKMZPFA7XJ422PHLZ2HIXA/

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