De l’Iran au Venezuela : L’internationalisme anticapitaliste se rassemble à Paris

Succès de la réunion internationaliste organisée par Socialisme ou Barbarie et le collectif Roja.

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Samedi soir, la salle du café Le Dellys était remplie pour la réunion-débat ouverte co-organisée par Socialisme ou Barbarie et le collectif Roja. Plus de 80 personnes ont participé à une discussion sur la situation politique internationale, axée sur les événements récents au Venezuela et en Iran.

Santiago Follet, membre de la direction de Socialisme ou Barbarie, a commencé la réunion en expliquant que dans les dernières semaines nos organisations se sont mobilisés en soutien aux peuples de Venezuela, Palestine, Iran et Kurdistan. Dans ces manifestations, il nous a semblé indispensable de rassembler, unir et unifier les luttes des peuples à travers le monde contre les ingérences impérialistes et l’oppression des régimes autoritaires.

 

Contre les attaques impérialistes au Venezuela 

Socialisme ou Barbarie a dénoncé les bombardements de Trump au Venezuela qui ont coûté la vie à près d’une centaine des personnes à Caracas. L’enlèvement de Maduro par le gouvernement des Etats-Unis fait partie de la remise en place de la doctrine Monroe, dans le contexte d’une nouvelle étape de la lutte des classes au niveau international. Dans cette nouvelle étape de confrontations impérialistes, les Etats-Unis brisent les accords de la diplomatie internationale et préparent des interventions militaires marquées par la brutalité et le passage en force direct. Trump ne cache pas ses intentions pour le Venezuela, premier pays au monde en termes de réserves pétrolières, en voulant s’approprier directement de l’exploitation des ressources du pays.

Si Trump se permet de faire une telle avancée militaire dans la région, c’est en grande partie grâce au discrédit du régime de Maduro. Le président venezuelien était dans la continuité du gouvernement d’Hugo Chavez, un projet politique qui a gouverné le pays de 1999 jusqu’à 2026. Malgré une promesse initiale des nationalisations et de concessions sociales au nom du « socialisme du XXIe siècle », la réalité est que ce régime n’a pas réussi à modifier la structure productive du pays, entièrement dépendante des fluctuations du prix du pétrole. Le bilan de Maduro au pouvoir est celui d’un gouvernement qui a soumis le Venezuela dans la catastrophe économique, avec des taux astronomiques d’inflation, de chômage et des pénuries d’aliments et des médicaments. Des milliers de personnes ont dû fuir le pays à cause de la crise économique, alors que le gouvernement s’est enfoncé dans une dérive de plus en plus autoritaire. 

Dans ce contexte, le piège pour la population vénézuélienne est de devoir choisir entre un régime autoritaire et l’intervention directe de l’impérialisme américain. Aucune libération ne viendra de la main de Trump et des États-Unis, raison pour laquelle il est nécessaire de lutter pour une perspective anticapitaliste indépendante. Dans ce sens, en même temps que nous exprimons notre solidarité avec les mobilisations dans les pays opprimés par l’impérialisme, la révolte anti-raciste à Minneapolis offre des perspectives de lutte contre Trump et sa police raciste ICE, dans la continuité des mouvements No Kings et Black Lives Matter.

 

En Iran, la perspective d’une émancipation sans Shah, ni Mollah

Pour sa part, Amir, du collectif Roja, a dénoncé les massacres récents de milliers de personnes en Iran. En effet, l’autoritarisme du régime des Mollahs en Iran est responsable de l’assassinat des milliers de personnes dans le pays dans les dernières semaines. Le gouvernement réactionnaire de la république islamique fait face à un soulèvement de la population, qui se manifeste dans la continuité des mobilisations de 2017 et 2022, avec le mouvement Femme, vie, liberté.

Amir a expliqué l’ampleur de la crise économique et de la crise politique que traverse l’Iran, ainsi que les perspectives politiques qui peuvent s’ouvrir dans cette situation. Le militant iranien a également soulevé le problème politique de la tentative d’un retour des royalistes, avec le soutien des Etats-Unis et d’Israël. Dans ce contexte, le collectif Roja a alerté sur le problème politique du campisme des certaines organisations qui prétendent défendre le régime des Mollahs face à l’alternative d’un gouvernement soutenu par l’impérialisme occidental.

Dans ce contexte, Roja a exprimé son positionnement pour une véritable émancipation de la population iranienne, sans Shah, ni Mollah, ainsi que ses initiatives pour faire vivre une solidarité internationaliste avec les mobilisations sur place. Dans les dernières semaines, ce collectif a été à l’initiative d’une grande manifestation à Paris qui a réuni plus de 7 000 personnes pour exprimer la solidarité internationale avec les peuples d’Iran en lutte. 

Amir a également signalé que nous sommes dans une situation qui va vers un monde de violence plus directe. Il s’agit d’une nouvelle situation qui nécessite une nouvelle grammaire, une nouvelle grille de lecture des conflits internationaux, qui ne passent pas uniquement par un point de vue géopolitique, mais qui soit centré sur les luttes sur place des populations opprimées. Dans ce sens, le camarade iranien a revendiqué la tenue de cette rencontre comme une réunion qui ne cherchait uniquement à faire un échange d’un point de vue uniquement intellectuel, mais à tisser des liens pour unir les luttes. 

 

Pour un internationalisme militant anticapitaliste 

Après les introductions, un débat fructueux a eu lieu avec le public. Des camarades kurdes, syrien·nes, iranien·nes, équatoriennes, argentin·nes, brésilien·nes, algérien·nes, gabonais et mexicain·nes, étaient présent·es dans un véritable rassemblement des peuples en lutte à travers le monde.  

Certain·nes camarades ont exprimé l’importance de ne pas tomber dans les pièges médiatiques de l’impérialisme qui cherche à instrumentaliser la parole des concerné·es, en favorisant des discours droitiers sur la situation internationale. D’autres participant·es ont mis l’accent sur les problèmes d’orientation à gauche dans l’analyse des phénomènes politiques internationaux. D’autres personnes présentes dans la réunion ont salué la rencontre « des exploité·es du monde qui se rassemblent » et ont appelé à « ouvrir le champ des possibles » pour réfléchir à des perspectives d’émancipation des peuples en lutte contre le capitalisme et l’impérialisme à l’échelle internationale. 

Lors du débat avec les personnes présentes dans la salle, une sensibilité internationaliste très forte s’exprimait dans toutes les interventions. Les participant·es se posaient des questions fondamentales pour le militantisme d’aujourd’hui : « Quelles sont les formes pour mettre en place un internationalisme aujourd’hui ? Comment pouvons-nous, à gauche, être à la hauteur des besoins de la période ? Quel est l’avenir possible pour l’Iran et pour le Venezuela ? », entre autres questions.

Les interventions de clôture ont tenté de répondre à ces questions ouvertes. D’une part, Amir a terminé son intervention avec l’idée de construire un nouvel internationalisme militant, qui ne se cantonne pas à des positions campistes sur seulement les aspects géopolitiques mais qui prenne en compte les luttes et les résistances des personnes mobilisées et en lutte. Il s’agit d’un anti-impérialisme que nous pouvons appeler vivant et actuel, pour cette nouvelle étape de la lutte de classes. Les camarades de Roja ont insisté sur la nécessité d’un anti-impérialisme non campiste, qui puisse proposer une alternative politique sans Shah, ni Mollah, pour la victoire des mobilisations contre l’oppression de la république islamique et contre la tentative de récupération par les royalistes et leurs alliés internationaux. 

Pour sa part, Santiago Follet a conclu la réunion avec un appel à la construction d’un internationalisme militant, anti-impérialiste et anticapitaliste. Dans ce monde en crises, caractérisé par des nouvelles confrontations inter-impérialistes et par la marche à la guerre, il n’y a pas de sauveurs suprêmes, ni des solutions miracles. Il est nécessaire de militer, dans les lieux de travail et d’étude, de s’organiser pour renverser cette société d’exploitation capitaliste. 

Le militant de Socialisme ou Barbarie a insisté sur la nécessité de s’opposer au budget de guerre de Macron et à la marche à la guerre proposée par le gouvernement français. Dans ce contexte, il a soulevé le besoin de construire une gauche révolutionnaire anticapitaliste de combat pour relancer la bataille internationale pour la révolution socialiste. 

Dans les semaines à venir, Socialisme ou Barbarie lancera plusieurs initiatives pour la construction d’un 8 mars de lutte féministe, anticapitaliste et internationale, contre la guerre, l’austérité et toutes les violences. Le samedi 7 mars, en présence des collectifs féministes Las Rojas et « Briser la loi du silence », au café de la commune d’Aligre à Paris, une nouvelle rencontre-débat publique aura lieu pour lutter contre tous les réactionnaires, avec la force des travailleur·euses, de la jeunesse et du mouvement féministe international. 

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