
Le 31 janvier, plus de 300 manifestations ont eu lieu dans les 50 États, dont les plus massives à Seattle, Los Angeles et Minneapolis. Des manifestant·es se sont rassemblées devant les bureaux de l’ICE, les aéroports et les bureaux du Congrès.
Ces manifestations s’organisent après le meurtre de Renee Good, puis d’Alex Pretti, par des agents de l’ICE à Minneapolis les 7 et 24 janvier, ainsi que de sept autres personnes. La photo du petit Liam, dont l’ICE s’est servi comme appât pour tenter de capturer les parents équatoriens, a aussi fait le tour du monde, exacerbant l’indignation contre la politique inhumaine de Trump.
Un héritage de luttes pour s’auto-organiser contre les rafles xénophobes
Minneapolis a été le départ de feu en 2020 de la seconde vague du mouvement Black Lives Matter, après le meurtre par la police de George Floyd. Les habitant·es de la ville étaient donc déjà structuré·es pour faire face à cette forme d’organisation paramilitaire qu’est l’ICE. Des milliers de personnes constituent des patrouilles pour identifier les véhicules de l’ICE. Leur localisation est ensuite partagée sur la messagerie Signal. Ce procédé provient de la mobilisation contre l’ICE à Chicago et Los Angeles. Ensuite, le voisinage est alerté avec des sifflets, les agents de l’ICE sont filmés avec des portables et on leur intime de quitter le Minnesota. Même certain·es directeur·rices d’école sont associé·es au système et partagent des informations avec l’extérieur des établissements pour prévenir les rafles de l’ICE.
Une grève générale a aussi été déclenchée le 23 janvier 2026 sous le nom de « Journée de la vérité et de la liberté ». Soutenue par les syndicats du Minnesota et diverses organisations, cette grève a exprimé l’exaspération des travailleur·euses après six semaines d’invasion de Minneapolis et de sa ville jumelle Saint Paul par les 3000 shérifs de l’ICE.
Trump repoussé dans les cordes par la mobilisation
L’assassinat d‘Alex Pretti, infirmier d’un hôpital pour vétérans, criblé de dix balles, a changé la donne et poussé Trump et son gouvernement à céder du terrain sur leur communication. S’ils ont tout d’abord essayé de qualifier Alex de « terroriste » en dénonçant le fait qu’il portait un pistolet sur lui, des soutiens inattendus sont venu dénoncer ce meurtre. Le puissant lobby des armes « National Rifle Association of America » a dû intervenir pour rappeler que porter une arme à proximité des forces de l’ordre n’est pas une infraction.
Le conseiller de Trump à l’immigration, Tom Homan, s’est vu obliger de préciser que les responsables de la mort d’Alex Pretti seraient « sanctionnés », et que les effectifs policiers de l’ICE déployés à Minneapolis seraient « bientôt » réduits.
Une lutte populaire face à la frénésie du « grand remplacement »
Loin d’être une mobilisation de quelques activistes, l’organisation contre l’ICE touche une partie importante de la population. Même le chanteur populaire emblématique des Etats-Unis, Bruce Springsteen, s’y est mis avec la chanson Streets of Minneapolis en hommage à Renee Good et Alex Pretti.
Les Etats-Unis comprennent plus de 45 millions d’habitant·es qui ne sont pas né·es dans le pays. Cela représente 13,6 % de la population totale et 18,6 % de la main-d’œuvre en 2023. L’expulsion de 11 millions de personnes qui sont aujourd’hui en situation irrégulière est d’une part impossible, mais serait de toute évidence destructrice pour l’économie du pays.
Trump qui a annoncé « le plus grand programme de déportations de l’histoire des États-Unis » cherche davantage à répondre aux croyants de la théorie du « grand remplacement » qu’à stabiliser l’équilibre économique du pays. Son agenda est suprématiste. La preuve, même les Amérindien·nes sont harcelé·es par l’ICE !
Si Minneapolis est particulièrement ciblée par les attaques de l’ICE, outre le fait qu’elle est une ville acquise aux démocrates, c’est aussi parce qu’elle accueille historiquement une diaspora somalienne importante. Cette communauté constitue une cible de choix pour la politique raciste de Trump. Ces personnes d’origine somalienne détiennent pour la très grande majorité la nationalité américaine, ce qui n’empêche pas Trump de les traiter de « déchets » venu·es d’un « pays de merde ». Cela témoigne de l’objectif raciste de l’ICE, au-delà d’une politique anti-migratoire qui est un non sens économique.
De Minneapolis à Paris, solidarité avec les migrant·es
L’opinion publique a évolué contre Trump, comme l’ont montré les récentes élections et les sondages d’opinion qui indiquent que son soutien est inférieur à 40 % ». (Kevin Anderson, « Trumpist fascism: The Worm Turns », 27/12/25, article écrit avant les événements de Minneapolis).
C’est à la classe ouvrière et aux jeunes d’imposer maintenant leur agenda face aux politiques autoritaires et réactionnaires des capitalistes. C’est pourquoi le Congrès mondial des travailleur·euses des plateformes tiendra sa deuxième édition en mai prochain à Los Angeles, avec la participation de 25 pays ; le SiTraRepa et le SEIU en sont les acteurs principaux. De plus, une délégation de Socialisme ou Barbarie participera au 6ème Camp Anticapitaliste International à Buenos Aires, du 14 au 17 février, où seront aussi présent·es des syndicalistes de Los Angeles.
En France, nous nous mobilisons contre le racisme de notre Etat et de son bras armé. Nous continuerons de dénoncer le meurtre de El Hacen Diarra par la police à Paris le 15 janvier ainsi que toute les politiques anti-migrant·es menées par Retailleau.
Des réunions se tiendront cette semaine dans les universités où nous sommes présent·es pour débattre de la situation aux Etats-Unis. Viens nous rencontrer pour construire une alternative anticapitaliste face aux politiques brutales et racistes !
Rendez-vous le mardi 3 février à 18h dans le hall d’entrée de Paris 8 pour une réunion débat !
Pour poursuivre la lecture :
https://izquierdaweb.com/fascismo-trumpista-el-gusano-gira/
Sources :

