Solidarité internationaliste avec les ouvriers de FATE !

Traduit par Marie Solet, 18 février 2026. État d'alerte et mobilisation face à la tentative d'expulsion de la gendarmerie. Solidarité internationaliste avec les travailleurs de Fate !

0
24
Fate, occupation de l'usine par les travailleurs
Fate, occupation de l'usine par les travailleurs

C’est avec l’examen au Sénat de la contre-réforme du travail impulsée par le gouvernement Milei que la vie politique a repris mercredi 11. Le gouvernement tente de faire adopter la réforme au cours de l’été, alors que la population active est légitimement en vacances. Cependant, la journée de mercredi dernier, bien que relativement minoritaire (à cause de la CGT), a permis d’amplifier ce que la majorité sociale pressent : cette réforme n’apporte rien de bon aux travailleurs.

La veille, la CGT avait conclu un accord avec le gouvernement pour modérer la mobilisation en échange du maintien de la caisse syndicale (maintien des cotisations solidaires et suppression de l’article qui réduisait les cotisations patronales pour les régimes de prévoyance). Cependant, le caractère combatif des contingents de gauche auxquels s’est ajouté un secteur indépendant des appareils syndicaux, a poussé le gouvernement à réagir. La répression fut au rendez-vous et une nouvelle bataille s’est livrée aux alentours du Parlement. Le Nuevo MAS, le Ya Basta ! et le SiTraRepA ont été en première ligne de cette confrontation.

Dans tout le cas, le texte devra retourner au Sénat en raison de la modification du projet initial suite à la suppression d’un des articles ajoutés à la dernière minute mais notamment suite à la remise en question de plusieurs de ses aspects les plus brutaux. La dynamique de la rue a certainement un impact sur les délibérations parlementaires.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la provocation du milliardaire et propriétaire industriel Madanes Quintanilla qui veut forcer la fermeture d’une des usines les plus importantes du pays en matière de pneus, FATE.

Le principal objectif de la bourgeoisie est de mettre fin à une tradition ouvrière d’indépendance syndicale qui s’est installée depuis deux décennies et s’est ensuite étendue au reste du syndicat. FATE est le berceau de l’un des processus anti-bureaucratiques les plus importants de ces dernières décennies en Argentine, dont les fondateurs étaient nos camarades de la « Liste marron », tendance syndicale liée au Nuevo MAS.

Madanes justifie son action par la libéralisation des importations, mais en réalité, il profite de l’occasion pour agir sur deux fronts : d’une part contre les travailleurs, dans un front unique anti-ouvrier avec le gouvernement (qui a déclaré que cela relevait de la responsabilité de la gauche) ; d’autre part pour faire pression sur le gouvernement lui-même à l’approche de la réforme du travail. Il met en avant les désaccords réels qui existent entre les secteurs bourgeois (principalement industriels) face au projet économique de Milei.

Il est inacceptable que Madanes Quintanilla, propriétaire d’Aluar et de Fate (entre autres entreprises), détenteur d’une fortune de 1,5 milliard de dollars et figurant parmi les 12 entrepreneurs les plus riches du pays, profite du contexte de la réforme du travail pour jouer avec le gagne-pain de mille familles.

Les secteurs les plus politisés de l’usine, comme les camarades de la « Liste marron » (Nuevo MAS) ont rapidement réagi, entourés par les militant·es d’autres courants politiques, comme le Partido Obrero et Izquierda Socialista, entre autres, ont procédé à une occupation pacifique de l’usine. La revendication centrale est la réouverture de l’usine et la réintégration de tous les travailleurs. De même, les mots d’ordre refusent toute conciliation obligatoire trompeuse qui laisserait les travailleurs sans possibilité de négociation.

Le conflit à FATE survient au milieu du débat sur la réforme du travail et montre du doigt le rôle absolument traître de la CGT. Il s’agit d’un cas dont les patrons veulent faire un exemple. Cependant, certaines tendances mûrissent et un revirement de situation pourrait se produire : le report de l’examen du projet de loi esclavagiste, la complicité du péronisme et de la bureaucratie syndicale, les contradictions entre les différents secteurs patronaux et le gouvernement, un mécontentement social qui commence à se manifester, une société qui commence à prendre conscience qu’on veut la ruiner, l’attaque contre un collectif ouvrier emblématique comme celui de FATE.

Tout cela peut ouvrir une conjoncture très dynamique. Tout dépendra alors des travailleurs de FATE, de leurs organisations et de leurs représentants indépendants, qui devront gagner le soutien de la base de l’usine et du reste du syndicat pour que le conflit ne s’enlise pas.

En tant que fondateurs d’une tradition de syndicalisme combatif qui se distingue des bureaucraties syndicales au service des employeurs, notre organisation reste vigilante et mobilisée pour embrasser la cause des travailleurs de FATE. Toutes nos délégations internationales de Socialisme ou Barbarie présentes le jour de l’annonce des licenciements se sont immédiatement mobilisées aux abords de l’entreprise et nous continuerons à suivre de près l’évolution de la situation, en envoyant toute notre solidarité internationaliste depuis le Costa Rica, le Brésil et la France.

Dans un contexte réactionnaire où une nouvelle loi du travail menace l’ensemble de la classe ouvrière, il est fondamental de se lier à l’expérience et à l’organisation de la classe ouvrière pour faire face aux attaques de Milei et des réactionnaires de toute la planète.

Au moment où nous écrivons ces lignes, la gendarmerie menace d’évacuer l’usine. Il faut rester en état d’alerte et de mobilisation pour éviter toute mesure répressive et pour que les travailleurs remportent la victoire. À FATE, réintégration des tous les travailleurs, pour la réouverture et la gestion ouvrière de l’usine.

ViaTraduit de l'Espagnol

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici