
Le samedi 31 janvier dans une salle bien remplie, militant·es féministes et internationalistes se sont réuni·es pour débattre de la situation au Venezuela et en Iran, deux pays au cœur des tensions géopolitiques et des luttes populaires. Organisée par le collectif féministe anticapitaliste Roja et le courant international Socialisme ou barbarie, cette rencontre a mis en lumière les enjeux de l’impérialisme américain, la crise des régimes autoritaires et la nécessité d’une solidarité militante à l’échelle mondiale.
Venezuela : entre ingérence américaine et crise sociale
Santiago Follet, militant venu d’Argentine, a ouvert le débat en dénonçant l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro par Donald Trump le 3 janvier 2026, qualifiant cet acte d’« ingérence impérialiste inacceptable ». « Trump veut réactiver la doctrine Monroe, c’est-à-dire l’Amérique latine comme arrière-cour des États-Unis », a-t-il rappelé, soulignant que cette intervention s’inscrit dans une logique de pillage des ressources pétrolières du Venezuela, premier détenteur de réserves mondiales.
Pour Socialisme ou Barbarie, la crise vénézuélienne est aussi le produit de décennies de gouvernements chavistes, incapables de diversifier l’économie et de rompre avec la dépendance au pétrole. « Chavez et Maduro ont promis un socialisme du XXIe siècle, mais n’ont pas exproprié la bourgeoisie ni rompu avec le capitalisme », a analysé Santiago, évoquant une inflation record (jusqu’à 1 million % par an) et une diaspora massive. « Aujourd’hui, pour beaucoup de Vénézuélien·nes, l’intervention de Trump peut sembler un moindre mal face à la crise. La question centrale, c’est qu’il faut refuser à la fois l’impérialisme et les régimes autoritaires. »
Iran : répression sanglante et résistance populaire
Amir, membre du collectif Roja, a dressé un tableau de la situation en Iran, marqué par une répression « sans précédent » lors des dernières protestations. « Plus de 6 500 morts confirmés, des hôpitaux attaqués, des corps entassés dans les rues… La République islamique a déclenché une guerre contre son propre peuple », a-t-il témoigné, insistant sur l’authenticité des mobilisations, malgré les tentatives du régime de les discréditer comme des « manipulations étrangères ».
Pour Amir, la crise iranienne est le fruit d’un système économique corrompu, où les Gardiens de la révolution et les élites pillent les ressources pétrolières, aggravant la pauvreté et l’inflation. « Les sanctions américaines ont un impact, mais la crise est d’abord structurelle. Le régime utilise les sanctions comme prétexte pour justifier sa répression et son clientélisme », a-t-il expliqué. Face à la montée d’un bloc monarchiste réactionnaire, soutenu par les États-Unis et Israël, Roja a appelé à soutenir les forces progressistes (féministes, syndicalistes, minorités ethniques) qui luttent pour une alternative démocratique et sociale.
Internationalisme : synchroniser les luttes
Les débats ont souligné l’urgence de repenser l’internationalisme, au-delà des alliances entre États. « Il ne s’agit pas de choisir entre un régime autoritaire et l’impérialisme, mais de construire une troisième voie : celle des peuples en lutte », a résumé une militante. Les participant·es ont insisté sur la nécessité de « synchroniser les luttes » – du Venezuela à la Palestine, en passant par l’Iran – pour frapper simultanément les systèmes d’oppression.
« La solution, c’est militer, s’organiser, descendre dans la rue », a lancé un intervenant, appelant à une campagne militante d’ici le 8 mars pour « exprimer dans les mobilisations toute la force de nos idées internationalistes, anti-impérialistes, anticapitalistes et féministes ».
Conclusion : vers une révolution internationale ?
La soirée s’est achevée sur un appel à l’action : « Nous voulons que les révoltes deviennent des révolutions. Pas un socialisme de façade comme au Venezuela ou en Russie stalinienne, mais une alternative où les travailleur·euses et les exploité·es prennent leur destin en main. » Face à la crise du capitalisme et les guerres qu’elle engendre, militons pour un internationalisme révolutionnaire !

