
Socialisme ou Barbarie appelle à voter d’une façon critique pour les candidatures des organisations de notre classe aux élections municipales, pour défendre un vote d’indépendance de classe face aux candidats des patrons. Contre la marche à la guerre, dans un nouveau monde des confrontations impérialistes, il est nécessaire de construire une alternative politique anticapitaliste, anti-impérialiste et révolutionnaire des travailleur·euses, en toute indépendance de classe.
Élections municipales : Socialisme ou Barbarie appelle à un vote d’indépendance de classe
Les élections municipales 2026 auront lieu dans un contexte international marqué par les crises, les guerres et les confrontations inter-impérialistes. Nous assistons à une accélération de la marche à la guerre internationale, avec les attaques de Trump et Nétanyahou contre l’Iran, avec toute la complicité du gouvernement Macron.
Ce dernier prévoit d’augmenter l’arsenal nucléaire, en même temps qu’il multiplie les dépenses pour le réarmement militaire et les coupes budgétaires en santé, culture et éducation. Le gouvernement Macron-Le Cornu a approuvé son budget austéritaire de guerre sociale pour 2026 avec le soutien politique du Parti Socialiste, dans un ultime enclenchement de l’article anti-démocratique 49.3. La Macronie se présente à ces élections municipales dans la continuité de son projet politique d’attaque permanente à la classe ouvrière, dans le contexte d’un deuxième quinquennat qui touche à sa fin. C’est pour cela que pour les politiciens de la bourgeoisie, les municipales fonctionnent comme une préparation à la course électorale pour les présidentielles de 2027.
Pour sa part, l’extrême droite de Marine Le Pen et de Jordan Bardella essaie de capitaliser la colère contre le gouvernement, avec une campagne nationaliste réactionnaire de haine contre les migrant·es. En même temps, ils développent leur propagande « anti-antifasciste » contre les militant·es de gauche, en défense des groupuscules identitaires, notamment après la mort du militant néonazi dans l’action du groupe Némésis à Lyon. Sur des consignes sécuritaires qui cachent derrière leur racisme, ils essayent d’avancer des positions dans certaines villes comme Marseille ou dans certains arrondissements de Paris.
En ce qui concerne les listes de la « gauche institutionnelle », les composants de l’ancien Nouveau Front Populaire se déchirent entre eux selon des calculs purement électoraux, pour l’obtention des postes dans chaque circonscription. Le Parti Socialiste et Les Verts ont déjà annoncé leur volonté de tenir des primaires de la « gauche » pour les présidentielles 2027 sans La France Insoumise, alors que le PS soutient ouvertement la continuité du gouvernement Le Cornu. Aucune de ces organisations n’a exprimé un refus à la politique de réarmement militaire de Macron.
La France Insoumise, classée à l’extrême gauche par le ministère de l’intérieur, est loin de proposer une alternative indépendante aux institutions de la bourgeoisie. Pour le contraire, la politique du parti de Mélenchon est de s’allier, selon les circonstances, aux politiciens des partis bourgeois, dans une logique purement institutionnelle et électorale. Leurs listes sont remplies d’anciens cadres « socialistes », voire même des « macronistes ». La « gauche de rupture » s’inscrit dans la logique de vouloir se positionner aux municipales comme tremplin pour les présidentielles 2027, sans produire aucune « rupture ». La France Insoumise a refusé de signer l’appel à la mobilisation du 14 mars de la Marche des solidarités, contre le racisme, l’islamophobie et les violences policières d’Etat. Leur opposition à l’extrême droite passe toujours par des calculs électoraux. Leur programme ne prévoit pas de grandes améliorations sociales, ni des mesures anticapitalistes pour affecter les richesses des grands capitalistes. Leur politique institutionnelle, sans lutte extraparlementaire, ne prépare pas aux confrontations contre le gouvernement, ni ne s’oppose à la marche à la guerre d’une façon conséquente.
Dans ce contexte, la capitulation du NPA-L’Anticapitaliste à une politique de conciliation des classes « de Philippe Poutou à François Hollande » constitue une erreur d’orientation majeure. Lors de ces élections municipales, le NPA-L’Anticapitaliste a produit un sursaut dans sa politique d’adaptation institutionnelle en faisant non seulement des alliances avec LFI, mais également en rejoignant des listes avec le PCF ou encore avec le PS. Il s’agit de l’abandon de l’indépendance politique du principal courant historique de la gauche révolutionnaire en France (NPA-LCR) et de la cerise sur le gâteau de la liquidation finale du projet politique du NPA.
Dans ce cadre, il est nécessaire de mener à bien une refondation profonde et structurelle de la gauche révolutionnaire en France, en toute indépendance de classe. L’indépendance de classe, au-delà d’un choix tactique est une orientation stratégique et un principe fondamental de l’action révolutionnaire. Il s’agit d’un pas fondamental pour la construction d’une politique indépendante de la classe ouvrière, nécessaire pour relancer la bataille pour la révolution socialiste au XXIe siècle.
Nous appelons à un vote d’indépendance de classe aux élections municipales. Nous appelons à voter « critiquement » pour des candidatures des organisations de notre classe là où elles seront présentes, face aux candidats réactionnaires et droitiers des patrons. Cette alternative sera principalement possible grâce aux listes de Lutte Ouvrière (240 circonscriptions) et du Parti des Travailleurs (70 circonscriptions). Dans un nombre plus limité de circonscriptions, une poignée des candidatures du NPA-R et de RP seront également présentes. La gauche révolutionnaire sera principalement représentée par Lutte Ouvrière, une organisation qui présente des dérives routinières et sectaires, refusant, par exemple, de brandir le drapeau palestinien, symbole de résistance internationale contre le génocide impérialiste. Pour ces raisons, notre appel au vote sera « critique », en signalant les limites des organisations citées.
Socialisme ou Barbarie appelle à un vote d’indépendance de classe aux élections municipales dans la perspective d’une refondation profonde de la gauche anticapitaliste et révolutionnaire, tant en France comme à l’international. Nous appelons à la reconstruction d’un parti révolutionnaire de combat contre le capitalisme, pour relancer la perspective de la révolution socialiste au XXIe siècle, avec le bilan du stalinisme et des échecs bureaucratiques des révolutions du XXe siècle.
Après la réussite des manifestations féministes du 8 mars, nous serons également dans la rue les 14 et 21 mars contre le racisme et les violences policières, ainsi que le 28 mars, en soutien au peuple Palestinien, et dans toutes les actions de solidarité internationale contre la guerre impérialiste en Iran.
Dans une nouvelle étape de la lutte des classes internationale, nous sommes pour la construction d’une nouvelle organisation révolutionnaire pour lutter contre la marche à la guerre, contre l’extrême droite et pour tous les combats de notre classe, pour un avenir révolutionnaire et anticapitaliste.
Déclaration de Socialisme ou Barbarie, le 13 mars 2026.

