Une semaine de militantisme révolutionnaire en Argentine avec Ya Basta !

Retour sur une semaine de militantisme révolutionnaire en Argentine, avec Ya Basta !

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Pendant une semaine, du 13 au 20 février, plusieurs militant·es de Socialisme ou Barbarie France se sont rendu·es à Buenos Aires en Argentine dans le cadre du 6e Camp anticapitaliste international organisé par Ya Basta !, organisation de jeunesse du courant Socialisme ou Barbarie. Les militant·es français·es ont également été présent·es lors de plusieurs manifestations contre la réforme du travail de Milei et en soutien avec les travailleurs de l’usine FATE.

 

L’internationalisme militant au 6e Camp anticapitaliste de Ya Basta !

Du samedi 14 au mardi 17 février 2026 a eu lieu le 6e Camp anticapitaliste international organisé par l’organisation de jeunesse Ya Basta ! Pour cette occasion, plus de 600 militant·es de la jeunesse d’Argentine, du Brésil, du Costa Rica, des Etats-Unis et de France étaient réuni·es afin de partager des moments de formations et de débats mais également afin de s’organiser dans une perspective anticapitaliste et internationaliste contre l’extrême droite et ses attaques. 

L’ouverture du camp à débuté par un discours d’accueil, puis s’est rapidement suivie par la première discussion de l’évènement. Cette dernière portait sur l’internationalisme et l’anticapitalisme au XXIe siècle avec la perspective d’apprendre à militer avec une jeunesse combative. 

Introduite par Ramiro Manini, militant du Nuevo MAS en Argentine, la parole a rapidement été cédée à Pedro Cintra, porte-parole Ja Basta !, courant de jeunesse de Socialisme ou Barbarie au Brésil. Son discours portait notamment sur la situation politique brésilienne. Il expliquait comment l’actualité brésilienne ouvre un énorme potentiel dans la confrontation contre l’offensive réactionnaire de l’extrême droite de Bolsonaro, alors que la gauche institutionnelle de Lula ne propose que la conciliation de classe comme perspective. De plus, le gouvernement Lula tente d’imposer une légalisation de l’esclavage du travail. Face à ses attaques, le courant Socialisme ou Barbarie au Brésil riposte avec la fondation de la plus grande organisation nationale des travailleur·euses de plateformes du pays. Pedro Cintra expliquait notamment que l’organisation est la clé et que la jeunesse doit s’allier avec les  travailleur·euses du pays pour lutter contre les attaques constantes du gouvernement et de l’extrême droite.

La parole a ensuite été cédée à Deby Calderón, camarade du Costa Rica qui nous a exposé l’actualité politique du pays. Il expliquait notamment que le pays est grandement marqué par l’impérialisme états-unien et par la politique anti-migratoire de Donald Trump. En effet, le Costa Rica est utilisé par le président des Etats-Unis comme centre de détention des migrant·es. De plus, les attaques envers la classe ouvrière du pays se font de plus en plus courantes, conséquence directe de l’impérialisme. 

La parole a ensuite été transmise à Violeta Alonso, porte-parole de Ya Basta ! en Argentine. Elle expliquait l’importance de construire un parti révolutionnaire dans le pays face au gouvernement répressif et capitaliste de Milei. Pour cela, elle appuyait sur le fait que construire dans la jeunesse est un point d’appui majeur, notamment car c’est par l’alliance de la jeunesse et de la classe ouvrière que la construction d’une organisation de masse est possible. Elle démontrait notamment ses propos avec l’exemple de la campagne électorale qui a été militée au sein de la jeunesse mais également dans le secteur ouvrier avec une perspective anticapitaliste et révolutionnaire. 

Ensuite, Santiago Follet, porte-parole du courant Socialisme ou Barbarie en France, a enchaîné afin d’expliquer la situation française en parlant notamment du réarmement militaire que propose Macron mais également des attaques austéritaires quotidiennes que subissent les majorités populaires. Il a par la suite appuyé notamment sur les violences policières récentes comme c’est la cas avec l’affaire El Hacen Diarra, tué récemment dans un commissariat à Paris. Il expliquait notamment que face aux attaques du gouvernement et de l’impérialisme international, il est nécessaire de construire une riposte anticapitaliste, internationaliste et révolutionnaire. Santiago Follet a parlé des initiatives de Socialisme ou Barbarie en France pour lutter contre le racisme et les violences policières avec la Marche des solidarités et des actions de solidarité avec les mobilisations en Iran, avec le collectif Roja. Il a appelé à la construction d’un parti de combat international contre le système capitaliste. 

Pour finir cette première discussion, la parole a ensuite été cédée à Victor Artavia, codirecteur du journal Izquierda Web en Argentine, qui a notamment centré son discours sur l’internationalisme. Il mettait surtout en avant le fait qu’un avenir n’est pas possible sous le capitalisme et pour cela il est nécessaire de construire un parti internationaliste contre l’intervention impérialiste des Etats-Unis au Vénézuela, à Cuba et partout en Amérique Latine, mais également en soutien à la lutte contre ICE à Minneapolis, aux Etats-Unis.

La première journée s’est terminée avec un concert anticapitaliste, organisé par des artistes engagé·es.

 

La révolte anti-raciste à Minneapolis et les combats d’une nouvelle classe ouvrière

Le deuxième jour du Camp anticapitaliste s’est ouvert par l’une des discussions les plus attendues de l’évènement : « ICE, Trump et une rébellion qui peut changer l’Histoire ». A la tribune se trouvaient Martín Manteca, dirigeant syndical du SEIU 721 à Los Angeles, Roberto Sáenz, dirigeant du courant international Socialisme ou Barbarie et auteur du livre « Le marxisme et la transition socialiste », Manuela Castañeira, dirigeante nationale du Nuevo MAS et référente de la gauche anticapitaliste en Argentine, Renato Assad, dirigeant de SoB au Brésil et référent à San Pablo de l’ONTDR (Organización Nacional de Trabajadores sobre Dos Ruedas), et Juan Pablo Pardo, organisateur du 2ème Congrès International des Travailleur·euses de Plateformes. 

Ce dernier a commencé le tour de parole en expliquant l’importance de l’organisation syndicale des travailleur·euses de plateformes en lutte contre l’ubérisation du travail. Il a annoncé la tenue du prochain Congrès international des travailleur·euses de plateformes à Los Angeles pendant le mois de mai, avec la présence des délégations de 15 pays. Il a expliqué qu’il s’agira d’un événement qui vise à organiser une nouvelle génération de la classe ouvrière internationale dans la lutte contre la précarisation du travail par les plateformes. 

Ensuite, la parole a été cédée à Renato Assad, qui a expliqué que la situation des travailleurs·euses de plateformes implique une nouvelle forme d’exploitation du capitalisme. Il a défini cela comme une situation dramatique de sur-exploitation avec un prolétariat international au service de l’algorithme. Enfin, il a recentré la question sur le Brésil, expliquant qu’il s’agit l’un des pays avec une réelle organisation des travailleur·euses de plateformes et surtout que cette organisation a un réel impact dans la lutte des classes avec des milliers des travailleur·euses qui se mobilisent activement dans le pays. L’enjeu principal de la discussion était de proposer une organisation internationale des travailleur·euses de plateformes pour avoir un réel impact à l’international. 

La situation en Argentine a été développée par Manuela Castañeira, porte-parole du Nuevo MAS. L’ancienne candidate aux présidentielles en Argentine a expliqué comment Milei et son gouvernement visent à éliminer de plus en plus les droits des travailleur·euses par la répression mais également par leur contre-réforme du travail. En face, le péronisme (gauche de gouvernement) abandonne les travailleur·euses, laissant un espace d’action pour notre organisation qui s’est notamment mobilisée massivement dans la rue la semaine précédent le camp contre la réforme du travail et qui était en première ligne face à la répression afin de lutter contre la réforme. 

Pour ce qu’il s’agit des Etats-Unis, Martín Manteca a expliqué qu’il s’agissait, notamment après les récents évènements de Minneapolis, d’un pays vers lequel il fallait porter beaucoup d’attention. La « dictature » de Trump et de sa police raciste ICE exploite les travailleurs·euses, notamment les migrant·es, entraînant une souffrance et une grande précarité. Face à cela, Martín Manteca appelle à une organisation massive des travailleurs·euses états-uniens, pour lutter contre Trump et son gouvernement capitaliste. Son discours s’est terminé par l’affirmation qu’il était plus que nécessaire de construire le courant international Socialisme ou Barbarie aux Etats-Unis. 

La discussion s’est terminée par le discours de Roberto Saenz. Face à cette nouvelle étape du capitalisme, accompagnée de répression, il faut construire une réponse anticapitaliste, anti-impérialiste et révolutionnaire. Pour cela, il faut tout d’abord construire une avant-garde représentative des intérêts de la classe ouvrière et ouverte sur le monde mais aussi consciente des échecs des révolutions du 20e siècle. C’est pour cela que l’exemple de Minneapolis n’est pas à mettre de côté mais au contraire une perspective à reprendre à l’international avec des perspectives anticapitalistes et révolutionnaires. Et c’est pour cela qu’il faut construire le courant international Socialisme ou Barbarie, notamment avec sa jeunesse anticapitaliste du Ya Basta ! 

La journée a ensuite continué avec un échange sur l’organisation de la nouvelle classe ouvrière dans le monde. Il s’agissait d’une activité tournée notamment vers la préparation du 2nd Congrès Mondial des travailleurs·euses de plateformes (Gig workers congress). 

La journée s’est ensuite terminée par une soirée DJ, ce qui a permis d’échanger et partager un moment convivial et nouer des liens avec les camarades internationaux. 

 

La construction d’une mobilisation féministe et LGBTI+ internationale avec Las Rojas

Le lundi matin a débuté avec la commission internationale de Las Rojas, notre section fémniste, où étaient réunis des centaines de femmes et LGBTI afin de discuter et partager leur expériences dans une perspective féministe et révolutionnaire. Nous avons discuté collectivement de l’organisation des prochains mouvements féministes comme le 8 mars mais aussi la prochaine rencontre des femmes, lesbiennes, travesties, trans, bisexuels, intersexes et non binaires qui aura lieu à Cordoba en Argentine.

Il s’agit d’une rencontre qui peut réunir entre 40.000 et jusqu’à 100.000 personnes en non mixité pour organiser les luttes des femmes et personnes trans. L’objectif de cette commission était surtout de s’organiser et de comprendre que Las Rojas est un lieu de formation, d’échange et d’organisation pour participer aux luttes féministes et LGBTI et surtout la lutte pour les personnes trans, qui se font très frontalement attaquer par l’extrême droite de Milei actuellement.

Pendant la commission, beaucoup de camarades sont venus parler de leur expérience dans la lutte et notamment comment iels accompagnent les victimes de violences sexistes et sexuelles. Cela a permis de mieux comprendre comment s’organiser et lutter contre le système patriarcal et capitaliste de façon plus concrète, notamment par le partage d’expériences. L’idée globale de la commission était surtout de s’organiser pour la lutte contre l’extrême droite dans une vision intersectionnelle avec l’intention de recréer la grande marée verte à l’internationale pour un féminisme révolutionnaire et anticapitaliste.

 

La construction d’une jeunesse anticapitaliste de masse

Ensuite, a eu lieu la commission de Ya Basta !, dédiée à l’intervention dans la jeunesse. Tout comme la commission de Las Rojas, cette dernière avait pour objectif de créer un espace de partage et d’échange mais cette fois-ci sur la construction du courant dans la jeunesse dans une perspective anticapitaliste et internationaliste. L’enjeu principal de la discussion était la question de la massification du mouvement dans la jeunesse. Avec des interventions de camarades du Brésil, du Costa Rica, de France et de chacunes des universités d’Argentine dans lesquelles notre organisation est présente, mais également avec des interventions de lycéens de notre section lycéenne Tinta Roja. Nous avons échangé afin de créer un réel partage de connaissances. Pendant plus de deux heures, la discussion a parcouru de nombreux sujets majeurs comme l’importance du rôle de la jeunesse dans la lutte des classes et dans la lutte aux côtés des travailleur·euses ou encore l’importance de la représentation d’une perspective anticapitaliste dans les universités avec l’objectif de construire une organisation de jeunesse de masse, révolutionnaire et internationaliste. 

 

De la théorie à la pratique

Le mercredi 18 février, au lendemain de la fin du 6e Camp anticapitaliste international, la fermeture de FATE, la plus grande usine de pneu d’Argentine, a été annoncée. Cette annonce est une attaque directe à la classe ouvrière du pays et une conséquence de la contre-réforme du travail de Milei. A la suite de cette annonce, les ouvriers de l’usine de la banlieue de Buenos Aires ont rapidement commencé à occuper cette dernière afin de demander la réouverture de l’usine et la réintégration de tous les travailleurs. Afin d’exprimer notre solidarité internationaliste avec les travailleurs, nous étions présents toute la journée devant l’usine. Plusieurs centaines de militants du courant international Socialisme ou Barbarie étaient présents sur le piquet de grève, dont les camarades du Brésil, du Costa Rica et de France. Encore aujourd’hui, les ouvriers de l’usine continuent à se mobiliser contre la fermeture de l’usine et nous continuons à apporter notre solidarité internationaliste pour la réouverture de l’usine et la réintégration de tous les travailleurs.

Le jeudi 19 février a eu lieu une grande manifestation contre la contre-réforme du travail de Milei. Nous étions présents dans la rue avec un cortège internationaliste avec des milliers de personnes pour protester contre le gouvernement Milei et ses attaques contre la classe ouvrière. Le cortège du Nuevo MAS était en première ligne devant le parlement face à la répression pour manifester contre la contre-réforme du travail et pour apporter la solidarité avec les travailleurs de FATE. 

Le vendredi, afin de finir cette semaine de lutte, la délégation française est allée visiter l’université de Philosophie et Lettres de l’Université de Buenos Aires, lieu où notre courant de jeunesse est le plus implanté. Le Ya Basta ! constitue la principale force militante anticapitaliste à l’Université de Buenos Aires. Cette visite a permis de pouvoir échanger avec les camarades d’Argentine et de voir comment iels s’organisent directement dans leurs universités. 

Cette semaine de militantisme révolutionnaire en Argentine avec Ya Basta ! a permis aux militant·es du courant Socialisme ou Barbarie de créer un réel partage internationaliste avec des délégations d’Argentine, du Brésil, du Costa Rica, des Etats-Unis et de France, et d’autres pays. Cet événement était le lieu parfait d’organisation et de construction de la jeunesse pour un avenir anticapitaliste et révolutionnaire face à la situation internationale. Après le 6e Camp anticapitaliste international, Socialisme ou Barbarie se renforce dans la perspective de construire une organisation internationale de lutte anticapitaliste.

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