Justice pour Nahel et pour toutes les victimes des violences policières

Les samedi 14 et 21 mars, Socialisme ou Barbarie a participé aux manifestations contre le racisme et contre les violences policières. Elles étaient organisées, le 14 par la Marche des Solidarité et le 21 par Mounia, mère de Nahel, et les collectifs de familles de victimes des violences policières.

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Marche des Solidarité, le 14 mars à Paris
Marche des Solidarité, le 14 mars à Paris

Dans la continuité de la mobilisation du 21 février contre les violences policières, convoquée par le collectif Justice pour El Hacen, mais également dans le prolongement d’un 8 mars marqué par une large mobilisation nationale et internationale en faveur des droits des femmes, notre indignation reste la même. 

Nous avons été des milliers encore à prendre la rue le 14 mars suite à l’appel de la Marche des solidarités contre les violences racistes d’État et ce samedi 21 mars à Nanterre contre les violences policières. Il est essentiel d’exprimer toute notre solidarité avec les familles des victimes, mais aussi pour dénoncer le système d’impunité qui règne en France en matière de violences policières. 

Environ un millier de personnes se sont réunies ce samedi 21 pour exiger justice pour Nahel, Adama et El Hacen, mais aussi pour toutes les autres victimes du racisme de la police. Cette démonstration marque une prise de position face à un climat électoral étouffant et met en avant la nécessité d’une organisation par la base.

Cette manifestation fait suite à la requalification judiciaire des actes des policiers impliqués en « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner », malgré les vidéos accablantes d’un d’eux tirant à bout portant sur Nahel. De même, les entraves juridiques mettent en lumière la complicité de l’ensemble du service de police et de justice pour protéger les policiers assassins.

Libération et l’AFP relaie le 20 février : « De son côté, la famille d’El Hacen Diarra a dénoncé « l’opacité persistante de la procureure » de Paris et de la juge d’instruction chargée de l’enquête qui refusent de « communiquer les vidéos et les conclusions de l’autopsie». “ D’après son avocat  « il est permis de penser que les images des caméras piétons ont pu être détruites ou dissimulées aux enquêteurs afin d’éviter qu’elles constituent des éléments démontrant les violences commises lors de l’interpellation d’El Hacen Diarra ou durant son transport au commissariat », dit l’avocat dans sa plainte. « Face à ces obstructions, la famille demande le dépaysement immédiat de l’enquête pour garantir son impartialité », avait affirmé l’avocat le 26 janvier. « La famille refuse que la vérité soit étouffée. La justice doit enfin agir avec transparence ». »

Non seulement les affaires s’accumulent, mais elles se multiplient. La violence de la police n’est pas seulement le lot quotidien des jeunes de banlieue, mais elle tend à devenir la norme. Le mercredi 11 février, un non-lieu est prononcé dans l’affaire emblématique d’Adama Traoré. Quelques semaines plus tard, quatre policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC) ont humilié, torturé et agressé des mineurs à Noisy-le-Grand en leur lançant des gaz et des explosifs au visage, tout cela sous prétexte de faire leur travail et de lutter contre le trafic de drogue. Jusqu’à quand devrons-nous supporter la brutalité exercée sur les jeunes par un État de plus en plus réactionnaire, raciste, mais aussi de plus en plus militarisé et policier ?

La lutte contre la violence policière s’articule autour de plusieurs axes. C’est la lutte contre un système qui nous rend responsables de la violence qu’il exerce sur les classes populaires. C’est dénoncer les perspectives de travail et d’émancipation qui se réduisent de plus en plus pour la jeunesse. C’est dénoncer la complicité de la police avec la justice bourgeoise et le maintien d’un ordre qui ne profite qu’à une poignée de personnes. 

Mais avant tout, lutter contre la violence policière, c’est lutter pour une justice qui naît de la force de la mémoire et qui se nourrit des liens de solidarité entre les opprimés. C’est pourquoi nous continuerons à nous tenir aux côtés des familles en lutte pour dénoncer l’ensemble de ce système oppressif, en solidarité totale avec les personnes racialisées, en situation précaire, issues des quartiers populaires et sans papiers. La lutte est pour l’émancipation, la mémoire et la justice pour toutes les victimes des violences policières.

 

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