Une France polarisée sur fond d’abstention

Pour le second tour des Municipales qui a eu lieu ce dimanche 22 mars, le PS sauve les meubles, la macronie s’écroule, l’extrême-droite progresse, LFI revendique quelques succès : la France se polarise sur fond d’abstention. Le tour de France des résultats démontre une diversité de situations, où les travailleur·euses sont toujours sous-représenté·es derrière les politicien·nes de la bourgeoisie.

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Julie Gazzoti / Hans Lucas via AFP
Julie Gazzoti / Hans Lucas via AFP

Comme il est désormais coutume de le dire, l’abstention est le premier parti de France. La participation des électeur·ices a été de 57,82 % au second tour des municipales, le deuxième taux de participation le plus bas de la Vème République après 2020. En 2020 pendant la crise du Covid, la participation au second tour des municipales avait été de 41,86 %. Hormis cette perte de confiance dans les institutions, la polarisation de la politique se confirme dans les urnes. 

 

Parti Socialiste renaît de ses traîtrises

Le Parti Socialiste a commencé la campagne en tapant de toutes ses forces sur La France Insoumise, qu’elle taxe d’antisémitisme aux côtés de la droite. Cela a rendu la tâche compliquée pour certain·es de leurs élu·es où « l’union des gauches »  a été décrétée finalement nécessaire. Cet opportunisme illisible à conduit à l’échec de ces listes à Toulouse qui reste à droite, et même à Limoges et Clermont-Ferrand, traditionnellement à gauche. 

La FI, fidèle à son analyse que la France serait « au bord du fascisme », a retiré son candidat Delogu à Marseille malgré le refus de Payan d’une discussion sur le second tour. Stratégie payante pour le PS, qui malgré des scores bas aux présidentielles (1,75% des suffrages exprimés en 2022), renaît de ses cendres en conservant Paris, remportant Marseille. A Lille où un débat en 2020 avait failli faire basculer la mairie du PS aux Écologistes, leurs rabibochages a finalement permis au PS de conserver la capitale des Flandres, face à la France Insoumise qui y enregistre de bons scores. Dans de petites villes ouvrières comme Denain dans le Nord, le PS conserve une base électorale populaire (62%).

 

La France Insoumise marche dans les pas de l’ancien Parti Communiste

Les villes traditionnellement PC ou PS avec une base sociale se sont tournées davantage vers le vote France Insoumise, comme Saint-Denis où Bally Bagayoko a été élu au premier tour. Dans d’autres communes où le récit d’un plan Marshall s’est imposé, comme si la France Insoumise avait pour objectif de construire une révolution, la « gauche » a perdu des villes comme Limoges et Clermont-Ferrand.

Pour sa part, le PCF conserve des bastions de la banlieue rouge, comme Montreuil ou Ivry-sur-Seine. Ailleurs en France, il se maintient à Saint-Amand-les-Eaux dans le Nord avec Roussel et remporte même Nîmes avec la coalition PCF/PS/Écologistes. Il perd cependant certains fiefs comme Vierzon.

De leur côté, Les Écologistes maintiennent les mairies de Lyon et Grenoble, mais reculent par rapport à la vague verte de 2020.

 

Paris reste PS, défaite pour la droite de tous horizons

A Paris, Grégoire (PS) l’emporte avec 9 points de pourcentage d’avance de Dati (LR). Dati, malgré ses douze procès en bandoulière, obtient 41% avec le soutien de l’extrême droite de Knafo (Reconquête, parti de Zemmour) et de Bournazel (Horizon, parti de Philippe, Renaissance, parti de Macron). Dans la capitale, c’est un échec cuisant pour l’attelage de Macron à Zemmour.

Une autre défaite, cette fois symbolique pour le camp de Macron et de l’ensemble de la droite, est celle de Bayrou à Pau face au PS.

 

L’extrême droite progresse sur l’arc méditerrannéen 

Le deuxième tour marque davantage l’attraction vers l’extrême droite d’électeur·ices de droite. A Marseille, si Payan (Union gauche, tête de liste Divers gauche) obtient 54 % en bénéficiant du retrait de LFI, Allisio pour le Rassemblement National obtient 40 % (121 310 voix) en siphonnant les voix des Vassal (Divers droite) qui tombent à 5%. Martine Vassal avait trouvé de bon goût lors de sa campagne pour rappeler ses valeurs : « Travail, Famille, Patrie ». Selon la formule consacrée par Jean-Marie Le Pen, les gens préfèrent toujours l’original à la copie. 

La progression du RN sur l’arc méditerrannéen et la débâcle du macronisme et partis associés s’illustre aussi à Nice. La cinquième ville de France passe d’Estrosi (Horizons) aux mains d’une alliance UDR-RN avec Ciotti. 

Le vote d’extrême-droite se banalise aussi dans plusieurs régions et obtient des élu·es dans des conseils municipaux qui leur étaient fermés auparavant (comme Ivry-sur-Seine dans le Val-de-Marne par exemple).

 

Les politicien·nes bourgeois s’arrangent entre elleux : représentons-nous mêmes nos intérêts !

Toutes les compositions et recompositions possibles et imaginables se sont produites entre partis et personnalités dans les villes de France, au gré des intérêts des politicien·nes locaux ou des accords d’appareil nationaux. Les seules listes qui n’ont pas bradé leur principes en fonction du sens du vent ont été celles menées en indépendance de classe. Les tergiversations d’accords ou pas accords entre politicien·nes bourgeois désintéressent de plus en plus notre classe qui se détourne massivement des élections.

Faisons vivre la politique chaque jour sur nos lieux de travail et d’étude pour décider de notre futur. En construisant une gauche révolutionnaire qui nous représente, nous pourrons mettre fin au cirque de la politique bourgeoise.

 

Source : 

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/03/23/la-carte-des-resultats-des-municipales-au-second-tour-en-temps-reel_6673807_4355771.html

Lire aussi : 

Elections municipales : l’effondrement de la Macronie et l’émergence d’une polarisation politique croissante, 16 mars 2026, Santiago Follet

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