Marine Le Pen, une réactionnaire corrompue au service des capitalistes

Le 7 juillet, Marine Le Pen annonçait sa candidature à l’élection présidentielle pour le Rassemblement National, après avoir été condamnée pour détournement de fonds publics. La candidate d’extrême droite fera campagne sous bracelet électronique pour défendre les intérêts des capitalistes. Il faut combattre l’extrême droite corrompue par la mobilisation dans la rue. 

0
17
Photo : Olivier Corsan

Par Santiago Follet et Thomas Chasapis

 

Une réactionnaire corrompue au service des capitalistes

Mardi 7 juillet, la cour d’appel a confirmé la condamnation pour détournement de fonds publics de Marine Le Pen. Cependant, la décision judiciaire prévoit la possibilité qu’elle puisse être candidate à l’élection présidentielle. De cette manière, la candidate d’extrême droite fera campagne sous bracelet électronique, malgré sa promesse initiale de se retirer de la campagne si un tel verdict était rendu. Il s’agit d’un scandale majeur qui démontre à quel point les institutions de la bourgeoisie sont pourries. La situation touche au ridicule : en raison d’avoir détourné des millions d’euros d’argent public, Le Pen ne peut pas prétendre à toute une liste de métiers dans le secteur public, mais elle peut quand même aspirer à la présidence de la République. La justice de la bourgeoisie nous montre qu’une corrompue condamnée pour avoir détourné des millions d’euros de fonds publics peut aspirer à être élue à la tête de l’État !

Si Marine Le Pen fait le choix de présenter sa candidature à l’Elysée dans de telles circonstances, des questions se posent sur la stratégie électorale de son parti. Certains analystes signalent les tensions provoquées par la faiblesse de son successeur Jordan Bardella, ainsi que les limites d’une formation politique qui tente à la fois de concilier son discours populiste avec sa volonté de servir les intérêts de la bourgeoisie. Dans les dernières semaines, les dissensions au sein du RN se sont exprimées notamment sur la question des retraites, avec les déclarations d’un Bardella prêt à modifier la ligne du parti.

Quoi qu’il en soit, Marine Le Pen reste la candidate d’une extrême droite qui aspire à la tête de l’Etat. Il s’agit d’une candidature profondément réactionnaire qui vise à mettre au pouvoir le parti de Jean-Marie Le Pen, celui des héritiers du nazisme, de la France de Vichy et de la torture en Algérie. Marine Le Pen fera campagne pour défendre les intérêts des grands capitalistes, pour propager le nationalisme patriotique et guerrier en temps de guerre internationale, pour attaquer les travailleur·euses issu·es de l’immigration avec sa haine raciste et islamophobe. 

Le Rassemblement National cherche à approfondir le virage à droite de la Macronie avec des politiques encore plus réactionnaires. Marine Le Pen est une ennemie déclarée des classes populaires ; s’opposer à sa campagne réactionnaire avec la perspective de la mobilisation dans la rue de la classe ouvrière est une nécessité de premier ordre dans la période à venir. 

 

Police partout, justice nulle part

De même, le 7 juillet dernier, à l’Assemblée Nationale, a eu lieu l’adoption du projet de loi de « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre ». Ce projet porté par la droite (LR) et soutenue par le camp présidentiel mais également par le RN, vient une fois de plus délivrer un baiser de la mort en faveur de l’extrême droite, et aggraver les conditions d’une conjoncture de plus en plus réactionnaire. En tout ce projet récolta 313 voix des député·es susmentionné·es, pour seulement 199 contre. Mais il faut bien comprendre que ce projet de loi pro-police est dangereux pour plusieurs raisons. 

La première étant que tout tir d’un agent de police devient légal. Car la présente loi vient élargir le cadre dans lequel l’utilisation des armes à feu intervient. Notamment aujourd’hui il est possible qu’un agent de police ou un gendarme ouvre le feu de manière « légale » sur une personne qu’il pense susceptible d’être un danger. Et une des nouveautés c’est qu’il n’y aura plus de vérification d’un tribunal pour savoir si l’agent à usé de la force de manière proportionnée. C’est la porte ouverte à l’impunité en toute légalité, que l’on peut écourter par : l’Etat offre un permis de tuer à sa garde rapprochée. Mais il y a également d’autres points qu’encadre cette loi : le fait que ce soient aux familles endeuillées de fournir les preuves de tout abus policiers à un tribunal, que les enquêtes ne soient pas renforcées, etc.  

En somme, cette loi s’attaque principalement aux populations des quartiers populaires souvent précarisées et racisées, aux familles endeuillées et aux personnes insurgées par la question des violences policières. Car cette loi fait suite à différents cas comme celui de Nahel, 17 ans, mort à Nanterre en 2023, d’un tir dans la tête par un policier qui ne fut jamais condamné et qui grâce au soutien de l’extrême droite est aujourd’hui millionnaire. Celui d’Adama Traoré mort dans les mêmes circonstances en juillet 2016, à qui la justice française à refusé tout procès en faveur de la famille Traoré. Mais aussi et  surtout contre les révoltes des quartiers populaires qui s’étaient soulevés face à l’impunité, contre la mort de Nahel. 

L’Etat Français condamnera désormais toutes les victimes et leur familles au silence institutionnel, la justice française ne pourra plus défendre les victimes mais en viendra à promulguer l’impunité totale pour les vrais assassins. Alors face à des institutions défaillantes, il faut s’organiser contre les réactionnaires, l’État policier, et contre toutes les violences policières ! 

 

L’internationalisme révolutionnaire face à l’extrême droite nationaliste

Dans ce contexte, le gouvernement Macron et l’extrême droite de Le Pen utilisent l’excuse du 14 juillet comme un point d’appui pour faire entendre des discours nationalistes et guerriers. Depuis des années, la référence historique de la prise de la Bastille et du début de la Révolution française est récupérée par l’Etat pour faire un traditionnel défilé militaire nationaliste et guerrier. 

C’est dans ce contexte qu’une contre-manifestation internationaliste se prépare : « à l’appel de l’intercollectif des sans-papiers, de la Marche des Solidarités, de Urgence Palestine et du Comité Adama, rejoints déjà par plus de 80 organisations, nous défilerons mardi 14 juillet à partir de 15H00 au départ de la place de la Bastille ». 

Socialisme ou Barbarie fait partie des organisations signataires de ce large appel « en lutte contre le racisme et le fascisme », ainsi que pour « la liberté de circuler et de manifester, l’arrêt des expulsions, des OQTF et des IRTF, la fin des violences policières et la fermeture des centres de rétention (…) l’égalité, le logement, l’éducation, la santé, le travail pour toutes et tous ». 

Cette initiative de rue est une mobilisation nécessaire dans la période actuelle pour mener le combat contre Macron et contre l’extrême droite dans le terrain de la lutte des classes, pour s’opposer à la marche à la guerre impérialiste et à toutes les attaques racistes. 

Face aux réactionnaires, il est urgent de construire une riposte révolutionnaire et anticapitaliste. C’est pour cela qu’avec Socialisme ou Barbarie, nous t’invitons à participer au 2e Week-end d’été anticapitaliste, du 27 au 30 août dans la forêt de Fontainebleau, pour construire une alternative anticapitaliste et internationaliste de lutte contre tous les réactionnaires.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici