Une « nouvelle France » qui ressemble beaucoup à l’ancienne

Pour sa campagne présidentielle, la France Insoumise fait feu de tout bois, s'affichant avec le pape ou au congrès du MEDEF.

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Le pape au Stade de France de Saint-Denis, le 25 septembre 2026.
Le pape au Stade de France de Saint-Denis, le 25 septembre 2026. Kamil Zihnioglu

La visite de Léon XIV en France a permis la manifestation décomplexée des réactionnaires qui ont proclamé la grandeur de la France et de ses origines catholiques. Le Pen, Bardella, Sarkozy, Le Cornu, Retailleau et d’autres ont participé à la grand-messe du pape à Concorde, dans un contexte où ils lancent des attaques racistes et islamophobes contre la population musulmane. La messe du 26 septembre a été utilisée comme excuse par le gouvernement pour interdire la manifestation pour le climat, qui n’a pas pu marcher dans la rue malgré la présence de plusieurs milliers de personnes. 

De son côté, La France Insoumise n’a pas raté l’occasion pour laver l’image de l’Eglise catholique, ennemi déclaré des personnes LGBTI+, de la mobilisation féministe internationale et de la lutte pour l’accès à l’avortement. Après les déclarations pro-Eglise de Mélenchon, c’était l’occasion pour le maire de Saint-Denis de se montrer proche du nouveau pape : 

La voici, la « nouvelle France » de l’Église catholique ! Cette foule jeune et de toutes origines, rassemblée à Saint-Denis où le temps d’une improbable soirée on trouvait à la fois Bally Bagayoko et l’abbé Raffray, les scouts de France et les scouts d’Europe, Glorious et la Sainte Tunique…

Cette dérive électoraliste montre à quel point, au lieu d’être un élément catalyseur de la colère populaire pour la construction de la mobilisation dans la rue, La France Insoumise joue le jeu institutionnel de la conciliation des classes. 

Alors que le débat se pose sur la nationalisation de Total, Mélenchon prend la parole publiquement pour appeler au « compromis », comme si les travailleur·euses pouvaient obtenir leurs revendications en demandant gentiment aux patrons de bloquer leurs marges. Ces déclarations vont dans la continuité du débat de Mélenchon face aux patrons du MEDEF ou encore des excuses insatisfaisantes de Bally Bagayoko pour justifier la répression policière à Saint-Denis lors des mobilisations lycéennes de cette semaine. 

Malgré le changement de costume, la nouvelle France semble ressembler beaucoup à l’ancienne.

Dans ce contexte, la Pride parisienne sera l’occasion de respirer un air festif et revendicatif, pour lutter contre tous les réactionnaires. A Paris, un rassemblement aura également lieu le 28 septembre, à l’occasion de la journée mondiale de lutte pour le droit à l’avortement. Soyons massivement dans la rue ce samedi 3 octobre pour les droits des personnes LGBTI+ !

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