A Saint-Denis, lycéen·nes, étudiant·es et travailleur·euses en première ligne face à la répression du gouvernement

Retour sur la mobilisation des lycées et universités à Saint-Denis lors des journées des 1er et 2 octobre.

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Blocage général de l’éducation publique à Saint-Denis

A Saint-Denis, cela fait déjà près de deux semaines que le lycée Paul Eluard a commencé à être bloqué. Les raisons de ce blocage sont connues pour toutes les personnes ayant fréquenté les établissements de la Seine Saint-Denis. Les élèves sont révolté·es de par les conditions d’études qui leur sont imposé·s par le système éducatif : présence de rats dans les locaux, d’amiante, murs décrépis, pas de chauffage en hiver ni de climatisation en été, majorité des cours qui se passent dans des préfabriqués à bas coût, des emplois du temps surchargés, des problèmes d’enseignant·es absent·es sans remplacement etc.  

Alors les lycéen·nes se mettent en lutte. Leur lutte s’attaque d’abord à un gouvernement qui, comme bilan après deux mandats, ne peut montrer que précarisation et destruction systématique de l’éducation publique. Et ceux qui payent le prix fort de cette politique de casse, ce sont les secteurs les plus délaissés, notamment la Seine Saint-Denis. 

Les revendications de la jeunesse mobilisée sont claires : plus de moyens pour l’éducation publique, plus de professeur·es, la fin de ParcourSup et des dispositifs de sélections -qui ne servent qu’à cadenasser l’avenir de la jeunesse- et surtout de pouvoir étudier dans de bonnes conditions. Cette demande montre aussi des aspects plus profonds : la possibilité de prendre son avenir en main.

Plusieurs lycées de Saint-Denis sont entrés dans le mouvement de blocage lycéen : Bartholdi, Suger ou encore l’Enna – lycée professionnel de Saint-Denis- c’est l’entièreté des lycées de Saint-Denis qui se sont trouvés inaccessibles depuis la fin septembre. Mais dans les lycées ce ne sont pas que les jeunes lycéen·nes qui sont entré·es en lutte. Les Assistants d’éducation (AEDs) ainsi que les professeur·es se sont joints dans la lutte pour porter les mêmes revendications. 

Lors de la semaine du 1er octobre, l’université de Paris 8 a commencé à bloquer en solidarité avec les lycéen·nes mobilisé·es, pour faire le lien  entre les revendication lycéennes et les revendications étudiantes qui se joignent dans la perspective du manque de stabilité et d’avenir dans la jeunesse. Rapidement, devant l’université de Saint-Denis plusieurs centaines d’étudiant·es se sont amassé·es devant les portes de Paris 8. Réuni·es en Assemblée générale avec la participation de 500 étudiant·es, iels ont discuté des perspectives de luttes des étudiant·es mais surtout de comment aller soutenir les lycéen·es dans leur lutte. 

Rapidement, des centaines d’étudiant·es sont parti·es se mobiliser devant les lycées environnants comme Paul Eluard et Bartholdi, pour soutenir les personnes mobilisées sur les blocages. Le mouvement étudiant s’est très vite vu recomposé, avec des centaines d’étudiant·es, de professeur·es, et d’Aed qui ont créé une manifestation de milliers de personnes défilant devant les lycées de Suger, l’ENNA et certains lycées d’Aubervilliers. 

La mobilisation s’est trouvée être très radicale en entonnant des chants comme : « La police déteste tout le monde », « Tout le monde déteste la police », « On est jeunes, déters et révolutionnaires ! », « Solidarité, avec tous les lycéens, réprimés ! » entre autres. 

A Saint-Denis, une chose est sûre, depuis que les lycéen·nes ont poussé tous les secteurs de l’éducation publique locale à les suivre dans leur lutte, la mobilisation n’est pas prête de s’arrêter, et il ne faut pas qu’elle s’arrête, le ras-le-bol exprimé doit aller vers une explosion sociale généralisée. 

 

Une première victoire : celle de la convergence des luttes

Un des moment significatif de la mobilisation à Saint-Denis a été le jeudi 1er octobre, lorsque tous les secteurs de l’éducation publique local se sont retrouvés dans la rue ensemble en portant les mêmes revendications et en s’opposant unitairement à la répression policière directement pilotée par la gouvernement Macron. 

Des milliers de personnes se sont retrouvés dans la rue en manifestation sauvage dans les rues de Saint-Denis. Les violences policières de la répression se sont amplifiées face à la mobilisation générale. Tire de LBD, grenades de dispersion, fumigènes, gaz au poivre, mortiers, c’est tout un arsenal de guerre que le gouvernement a déployé face à de jeunes adolescent·es ne revendiquant qu’une chose : un avenir pérenne dans la société. 

Mais face à ce déferlement de violences, à coups aussi de placages au sol, de l’utilisation démesurée de la force par les forces de polices, d’armes à feu braquées sur la tête de lycéen·nes, le mouvement ne s’est pas essoufflé pour autant. Au contraire, cela a renforcé la solidarité du mouvement avec les lycéen·nes. Les Aeds, les professeur·es et les étudiant·es ont constitué des chaînes humaines pour protéger les jeunes adolescent·es de la répression policière. 

Cette sorte de dynamique interne de solidarisation avec le mouvement lycéen, qui s’est créé entre les différents secteurs de l’éducation nationale, doit tendre à se généraliser, à se globaliser et toucher d’autres secteurs du monde du travail. Les lycéen·nes ont déjà réussi à déborder les directions syndicales. Ils ont aussi poussé à l’appel d’une journée de mobilisation nationale le 6 octobre prochain. 

Socialisme ou Barbarie continuera à être aux côtés des mobilisations lycéennes, faisant partie activement du mouvement. Nous allons continuer à soutenir les initiatives comme la grève du mardi 6 octobre, accompagner les actions, les blocus et les occupations là où elles seront possible : nous prônons une convergence de la colère et de la lutte pour le 17 octobre et au-delà. 

 

Un mouvement lycéen qui tend à se globaliser

Mais une question persiste, comment faire perdurer le mouvement actuellement en cours jusqu’au 17 octobre et au-delà ? Le mouvement lycéen actuellement en cours ne risque pas de s’atténuer au contraire, les tendance actuelles du mouvement, et en vue de la répression, tendent à se radicaliser. Il faut que le mouvement actuel se fasse rejoindre par d’autres secteurs du monde du travail, comme les cheminot·es par exemple. 

Ce mardi 6 octobre, c’est l’ensemble de la fonction publique mais aussi du monde du travail qui est appelé à prendre la rue pour manifester contre le gouvernement Macron. Il faut que chaque faction du monde du travail soit représentée, à commencer par celles de la fonction publique et de l’éducation nationale. 

Dans cette perspective, les Aeds d’Ile-de-France cherchent à s’inscrire dans la mobilisation. Ce samedi 3 octobre, ce n’est pas moins d’une cinquantaine de personnes qui se sont réunies en assemblée générale pour la reformation du collectif « Vie scolaire en colère ». L’assemblée générale a pris la décision de constituer un cortège commun des Aeds d’Ile-de-France, pour démontrer le soutien des Aeds à la mobilisation lycéenne, et de se constituer comme une des franges combatives de la mobilisation.

Tous les secteurs commencent petit à petit à entrer en lutte. La colère sociale gronde de plus en plus fort, et il faut que cette colère se dirige vers une explosion sociale globale. Après l’unification des secteurs, il faut que les secteurs en lutte, étudiant, lycées, AED, enseignant etc. s’organisent dans des coordinations de secteurs locaux, à travers des assemblées générales ouvertes. Ce qui nous manque, c’est une coordination nationale du mouvement par en bas. C’est ce que Socialisme ou Barbarie propose de construire pour l’ensemble des intérêts du mouvement. 

Socialisme ou Barbarie appelle à une manifestation ce mardi 6 octobre la plus massive qui soit pour que nos colères explosent dans la rue, pour dégager Macron et tout son gouvernement, et repenser un autre type de société pour un avenir meilleur pour la jeunesse. 

Dans le cadre d’un mouvement social imprévisible et explosif, Socialisme ou Barbarie propose le samedi 10 octobre prochain la tenue d’une assemblée ouverte de notre organisation pour discuter de nos perspectives de luttes, et de notre stratégie pour les jours et semaines à venir. Rendez-vous au café Le Dellys à 17h (5 rue des Deux Gares, métros Gare du Nord et Gare de l’Est).  

 

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