Lycéen·nes, étudiant·es, travailleur·euses : organisons-nous pour la victoire du mouvement !

Résolutions de l’Assemblée ouverte de Socialisme ou Barbarie, réunie le samedi 10 octobre 2026 à Paris.

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Avec la présence de lycéen·nes en lutte, étudiant·es représentant des facs mobilisées comme Nanterre, Paris 8, Paris 1, UGE et Paris 13, ainsi que des travailleur·euses de l’éducation nationale, professeur·es et assistant·es d’éducation, et des travailleur·euses des universités, la première Assemblée ouverte de Socialisme ou Barbarie «Comment mener le mouvement jusqu’à la victoire ?» s’est tenue ce samedi 10 octobre 2026 à Paris. 

 

Un contexte explosif : la révolte de la jeunesse ouvre les champs des possibles

A l’initiative de Socialisme ou Barbarie, cette Assemblée ouverte a eu lieu dans un contexte d’explosion sociale marquée par la révolte de la jeunesse. En effet, depuis fin septembre, un mouvement social national historique pour les conditions d’étude des lycéen·nes a fait irruption en France. Des actions du 18 septembre au lycée Saint-Exupéry à Créteil, jusqu’au blocage de 2000 lycées et du 90% des universités le 6 octobre dernier, le mouvement ne fait que grandir.

La mobilisation se propage rapidement depuis la banlieue parisienne à d’autres villes mais aussi à d’autres sujets. Les jeunes discutent dans quel type de société iels veulent vivre. Iels s’opposent à une société qui ne leur propose ni le choix de leurs études, avec des mécanismes de sélection comme Parcoursup, ni d’avenir dans un marché du travail avec des salaires insuffisants et toujours plus d’exploitation.

Ces jeunes sont dans la rue et voient la révolution comme seul moyen de s’en sortir.

Le mouvement bénéficie d’une ample sympathie populaire. Il est cible d’une ignoble répression de la part d’un gouvernement Macron à bout de souffle. Des étudiant·es et des secteurs de travailleur·euses rejoignent déjà cette mobilisation.

Dans ce contexte, les militant·es de Socialisme ou Barbarie contribuent à ce mouvement en participant activement aux actions et souhaitent contribuer à sa victoire. Pour ce faire, cette Assemblée ouverte propose les résolutions suivantes : 

 

Résolutions de l’Assemblée ouverte de Socialisme ou Barbarie

 

  • Faire le maximum pour faire vivre le mouvement avec la participation aux journées de mobilisation du mardi 13 octobre (marche à Matignon) et du samedi 17 octobre (retour des Gilets Jaunes) à Paris.
  • Impulser les actions dans chaque lieu d’étude et de travail pour garantir la plus massive participation aux deux dates de mobilisation. Pour les universités, impulser les occupations, les Assemblées générales et toute forme de coordination et auto-organisation.
  • L’Assemblée se prononce contre la répression du gouvernement Macron, pour la libération des personnes interpellées, en solidarité avec toutes les victimes de violences policières, pour la démission de M. Mouchard (président de Paris 3) et de tous les responsables politiques de la répression.
  • L’Assemblée appelle à faire des cortèges communs des lycéen·nes, étudiant·es et travailleur·euses les 13 et 17 octobre, pour faire converger les colères et permettre d’assurer la sécurité de chaque manifestant·e.
  • L’Assemblée formule la consigne «La continuité pédagogique est dans la rue et dans la lutte» pour s’opposer à toutes les manœuvres des directions des universités et des lycées qui cherchent à étouffer le mouvement et limiter la participation avec des mesures comme le passage en distanciel, les fermetures administratives et la comptabilisation des absences.
  • Dans les lieux de travail, partout où cela sera possible, impulser la généralisation de la grève, l’organisation de caisses de grève et soutenir la création des collectifs d’auto-organisation des travailleur·euses en lutte, comme «Vie scolaire en colère»
  • Dénoncer le gouvernement Macron, ainsi que la montée de l’extrême droite. Avec la jeunesse mobilisée, l’Assemblée emmerde aussi le Front National et manifeste son refus à l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite.
  • L’Assemblée fait état des potentialités internationales du mouvement, de l’inspiration à des mobilisations en cours en Belgique ou en Italie, du soutien des lycéen·nes et étudiant·es d’Argentine et du Brésil, de la lutte pour les conditions de vie et pour le logement en cours actuellement en Espagne.
  • Pour unifier les révoltes en cours à l’international, Socialisme ou Barbarie tiendra sa 2e Conférence Anticapitaliste Internationale, avec des intervenant·es internationaux, le samedi 14 novembre à Paris.
  • Refuser les sorties institutionnelles et réformistes, les appels au calme, les négociations avec le gouvernement. Pour permettre au mouvement de converger avec toutes les personnes qui expriment leur soutien avec la mobilisation, l’Assemblée se manifeste pour la construction d’une grève générale dès maintenant. Les appels de l’Intersyndicale à se mobiliser en novembre sont trop lointains par rapport aux besoins, aux dynamiques et à la combativité du mouvement en cours.
  • Impulser la réalisation des vidéos sur les réseaux sociaux, la diffusion des articles et toute forme de diffusion de la mobilisation et de la dénonciation de la répression.
  • Lutter pour une université libre et gratuite, pour l’accès au droit à la formation pour toustes, pour l’abrogation de Parcoursup, de Mon Master, de Bienvenue en France et de toutes les formes de sélection à l’université. Pour des moyens pour financer l’éducation publique, contre le réarmement militaire.
  • L’Assemblée conclut que la lutte en cours doit gagner et que la victoire est tout à fait possible. Les participant·es manifestent de l’espoir dans les capacités de ce mouvement et se proposent de le massifier partout. Les participant·es témoignent des multiples apprentissages politiques des deux dernières semaines et d’une politisation extrêmement profonde et bouleversante qui marquera à vie cette génération. D’autres participant·es font état d’autres mobilisations similaires auxquels iels ont pu participer comme les Gilets Jaunes ou la lutte contre le Contrat Premier Embauche en 2006 (CPE).
  • Lors de l’Assemblée, des participant·es indiquent que c’est le moment de se battre pour l’ensemble des revendications, d’unifier les colères, de faire converger les luttes. Même si pour chaque personne la mobilisation peut avoir commencé par un élément, une injustice ou une forme d’oppression, tous les combats peuvent converger dans cette lutte pour un avenir meilleur et une autre société.
  • Pour obtenir satisfaction aux revendications et en concordance avec les demandes de la rue, l’Assemblée se prononce pour la démission de Macron et de son gouvernement, coupable de l’état actuel de la situation en France en général et de l’éducation publique en particulier après dix ans de politiques de réduction systématique du budget pour les services publics. Pour une Assemblée constituante pour tout discuter et refonder le pays, pour la fin du régime réactionnaire de la Ve République.
  • Au vu de la richesse des échanges et de l’envie de continuer le mouvement, l’Assemblée se propose de poursuivre les discussions et de réaliser une deuxième «Assemblée ouverte pour la victoire du mouvement» ce samedi 17 octobre à 18h, à la suite de la manifestation des Gilets Jaunes.

 

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