Narbonne et Marseille brûlent et les bourgeois votent le saccage écologique

Le climat se déglingue et les politiciens bourgeois votent à la chaîne des lois anti-écologiques.

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La Castellane
La Castellane, Marseille le 8 juillet 2025, Philippe Laurenson

En juin 2017, les Etats-Unis annonçaient par le truchement de Trump le retrait de l’accord de Paris sur le climat. Emmanuel Macron s’était construit une image médiatique de « champion de la terre » avec le slogan « Make our planet great again ». Celleux qui ont pu croire à ce coup de com’ peuvent se rendre compte que le gouvernement français se place plutôt à la remorque du climatoscepticisme de Trump qu’à l’avant-garde de l’écologie politique. En témoigne la salve d’attaques qui s’est intensifiée ces six derniers mois en France, même si depuis le premier mandat de Macron les reculs écologiques sont légions.

 

En France, Macron champion du monde du retour en arrière

« 43 reculs écologiques en 6 mois », c’est le constat du réseau Action Climat qui rassemble les associations écologiques et sociales. Effectivement, qu’attendre d’un gouvernement capitaliste où la ministre de la transition écologique, Pannier-Runacher, tire ses profits de l’exploitation du pétrole ? Les trois enfants, tous mineurs, de Pannier-Runacher sont actionnaires d’Arjunem, une société liée à Perenco, deuxième producteur français de pétrole brut après TotalEnergies (voir notre article sur Perenco). Malgré ce pedigree, elle est encore trop écologiste pour le ministre de l’Intérieur, Retailleau, qui a demandé l’arrêt des subventions publiques à l’éolien et au photovoltaïque dans une tribune. Il apparaît que Macron n’a pas que des numéros verts dans sa team.  

Dans cette course à l’échalote de la démagogie, Macron a lui aussi apporté sa petite pierre à l’édifice, qu’il a jeté au loup. Il a accusé le 3 juillet l’animal d’être responsable des difficultés du secteur de l’élevage et appelé à le chasser allègrement, alors que l’animal ne compte qu’environ 1000 individus en France. Le loup est un bouc-émissaire efficace pour la FNSEA ( Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles) qui défend les groupes capitalistes de l’alimentaire, pour ne pas avoir à répondre des difficultés du secteur agricole. Ne serait-ce pas le capitalisme qui plume les éleveur·euses avec ses profits ?

 

Du plomb dans la santé

Dans la longue liste des cadeaux faits à la FNSEA, la loi Duplomb, passée aujourd’hui à l’Assemblée, est en bonne position. Elle réautorise par exemple l’usage de l’acétamipride (néonicotinoïde toxique pour les pollinisateurs et extrêmement persistant dans l’environnement) utilisé par des producteurs de betteraves ou de noisettes. Elle va aussi faciliter la rétention d’eau pour les plus gros producteurs avec les mégabassines, controversées tant leur fonctionnement est idiot et tant elles permettent d’accaparer l’eau aux profits de quelques-uns. 

Cette loi est un scandale sanitaire, alors que cette année a été marquée par l’affaire de l’eau contaminée de Perrier et par les procès d’agriculteur·euses attaquant en justice les firmes de pesticides et l’Etat pour avoir contracté·es la maladie de Parkinson suite à l’usage de pesticides. Et ne parlons pas de l’horreur coloniale du chlordécone intoxiquant la vie des Antillais·es. La France s’était engagée avec le plan Ecophyto de 2008 à réduire de moitié l’usage des pesticides en dix ans. Cet objectif a été repoussé à 2030. Combien d’agriculteur·euses continueront de mourir de la maladie de Parkinson pendant ce temps ? Un décret du 4 mai 2012 reconnaît que la maladie de Parkinson peut être provoquée par les produits phytosanitaires. 

Aujourd’hui, les député·es de toutes les droites et extrême droite, de Renaissance au RN, prétextant répondre à la crise agricole qui a secoué le pays en 2024, ont voté contre la santé des travailleur·euses, et comme toujours pour les intérêts des capitalistes. 

Avant la loi Duplomb, le projet de loi de Simplification de la vie économique, adopté à l’Assemblée nationale le 17 juin, avait amorcé le défrichement du code de l’Environnement. Ce « PLS » (ça ne s’invente pas) a pour objectif de mettre l’écologie K.O. Comme pour le code du travail, le prétexte de la « simplification » est un cheval de Troie pour jeter par-dessus bord quelques garde-fous environnementaux. Le PLS permet de commencer les travaux sans que les études environnementales ne soient rendues, un clin d’œil appuyé à l’autoroute A69. De plus, la séquence « éviter, réduire, compenser » qui a pour objectif de faire contribuer les entreprises dégradant un site d’en restaurer un autre est vidée de sa substance, entre autres atteintes graves contre l’expression indépendante d’instances un tant soit peu démocratiques. 

 

Lutter avant d’être cuits

Les luttes contre les mégabassines, contre l’enfouissement des déchets nucléaires, ou encore contre l’A69 ont déclenché des réponses répressives démesurées de la part de l’Etat policier. Le « maintien de l’ordre » ne semble avoir tiré aucune leçon de la mort de Rémi Fraisse en 2014, tué par LBD alors qu’il s’opposait pacifiquement au barrage de Sivens. Cette violence de l’Etat sur les questions d’écologie trahit sa fébrilité sur le sujet. L’opinion publique n’est pas favorable à la privatisation de l’eau, à l’empoisonnement généralisé ou à la construction de péages prohibitifs. 

Les conséquences générales du mépris absolu des question environnementales par les décisionnaires, doublé par l’emballement du capitalisme conduit à une accélération du changement climatique. Aujourd’hui, les feux de forêt au nord de Marseille ont ravagé 700 ha de forêt. Il y a quelques jours, c’est le massif de la Gardiole près au nord de Montpellier qui perdait 400 ha. A Narbonne, ce sont même 1450 ha de forêt qui ont été décimés par les flammes. L’hôpital Nord de Marseille, un des principaux de la ville, est désormais alimentée dans certains services par groupe électrogène pour faire face aux coupures de courant dues à l’incendie. 

Pour enrayer la crise climatique et l’intoxication du monde, nous ne pouvons pas laisser les capitalistes et leurs serviteurs aux manettes. Ce n’est pas de leur « transition écologique » en pleine régression dont nous avons besoin, c’est d’une transition socialiste où les travailleur·euses décideraient quoi produire et dans quelles conditions, dans une économie planifiée intelligemment pour ne pas faire brûler nos propres villes. Que nos révoltes embrasent le monde et éteignent le règne dévastateur du capitalisme !

 

Sources :

https://reseauactionclimat.org/stop-aux-reculs-sur-lenvironnement-nefastes-pour-les-francaises-et-francais-nefastes-pour-leconomie/

www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/planete-verte/planete-verte-du-vendredi-27-juin-2025-3776952

https://disclose.ngo/fr/article/petrole-et-paradis-fiscaux-les-interets-caches-de-la-ministre-de-la-transition-energetique

https://reporterre.net/Loi-de-Simplification-l-Etat-use-de-la-politique-de-la-tronconneuse-de-Trump

www.lemonde.fr/planete/article/2025/07/08/incendie-pres-de-narbonne-2-000-hectares-de-foret-touches-l-autoroute-a9-encore-partiellement-fermee_6619874_3244.html

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