Perenco tue au Gabon et dissimule les corps

Un incendie sur une exploitation de pétrole Perenco a fait au moins 5 morts au Gabon le 20 mars. Les ouvriers tués par l’explosion ont été enterrés à la vas-vite sur la plage. Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l'agriculture, est actionnaire de cette entreprise par l’intermédiaire de ses enfants.

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Enterrement sur la plage et incendie de la plateforme
Enterrement sur la plage et incendie de la plateforme - Observateurs

La plateforme pétrolière Becuna a pris feu au large de Port-Gentil au Gabon le 20 mars. Elle appartient au groupe franco-britannique Perenco, plus gros producteur de pétrole au Gabon et numéro 2 français du pétrole. Cinq personnes sont mortes au moins et une sixième est portée disparue.  

 

Pour les entreprises des pays impérialistes, la vie des ouvriers africains ne vaut rien

La “gestion” de ce terrible accident par les autorités gabonaises et Perenco témoigne du peu de cas qu’ils font de la vie des ouvriers gabonais. Non seulement ces ouvriers ont perdu la vie dans des conditions effroyables, mais en plus ils sont enterrés comme des chiens sur la plage, pour que l’affaire ne fasse de vagues. Perenco exploite sans vergogne la mer et le travailleur, faisant prendre des risques immodérés pour la vie des travailleurs et à l’écologie de l’Océan pour racler le maximum de profit. 

En effet, cette entreprise est spécialisée dans l’exploitation des puits de pétrole que les autres entreprises pétrolières ont cessé d’exploiter. L’extraction du pétrole plus profond est beaucoup plus polluant. L’incendie s’est produit lors d’une opération délicate de « workover », qui a pour objectif d’augmenter la rentabilité du puit de pétrole. Les salariés du site ont déclaré d’après Observateurs : « Ce qui s’est passé est le résultat de plusieurs années de négligences ». Le syndicat Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) dénonce l’esclavagisation des travailleurs du pétrole au Gabon par les sociétés exploitantes, avec la complicité du gouvernement gabonais.

Les travailleurs du champ pétrolier de Tchatamba où a eu lieu l’accident meurtrier étaient en grève en février 2020 et le 8 décembre 2023 pour dénoncer leurs conditions de travail. Perenco n’en a que faire de la vie des travailleurs et rogne sur la sécurité dans un secteur d’activité pourtant extrêmement dangereux.

 

Du pillage des ressources à l’exploitation des travailleur.euse.e, la Françafrique se porte bien

Au Gabon, les médias Disclose et Investigate Europe ont aussi révélé que Perenco dévaste les forêts primaires avec ses installations vétustes qui répandent du pétrole. Les habitant.e.s qui dénoncent la pollution de l’eau potable et des milieux sont menacé.e.s par l’entreprise. 

L’entreprise Perenco avait fait parler d’elle en 2022, lorsque les mêmes médias avaient mis en lumière la relation d’Agnès Pannier-Runacher, alors ministre de la Transition énergétique, avec cette entreprise. Les très jeunes enfants d’Agnès Pannier-Runacher sont  indirectement actionnaires de Perenco, par un montage financier. Le père de l’actuelle ministre déléguée auprès du ministre de l’Agriculture est dirigeant de Perenco et a créé une société au nom de ses petits-enfants. La justice bourgeoise avait décrété qu’il n’y avait pas conflit d’intérêt pour Pannier-Runacher en 2022.

 

A bas l’impérialisme, en Afrique comme ailleurs

Le comportement des actionnaires de ce groupe illustre de façon exacerbée ce que sont le capitalisme et l’impérialisme : une exploitation sans limite des travailleurs et de la Terre. 

L’ONEP a déclaré une manifestation en hommage aux morts à Port-Gentil avec un temps d’arrêt de travail sur toutes les installations pétrolières. Elle a été refusée par le gouverneur. Ni Perenco, ni l’Etat gabonais ne font semblant de se soucier de la vie des travailleurs.  Le coup d’État du 30 août 2023 au Gabon a mis fin au règne des Bongos, tout en replongeant le pays entre les mains des militaires. Le général Brice Oligui Nguema, chef de la junte et président de la Transition, a annoncé une conférence nationale qui se tiendra du 2 au 30 avril pour préparer la nouvelle Constitution. Tant que les capitalistes auront les crocs plantés dans les pays africains, la démocratie peinera à se faire jour. 

Le drame  de Tchatamba démontre les liens entre le pouvoir français et gabonais, et leur connivence dans le pillage de l’Afrique par les anciennes puissances coloniales.

Les travailleur.euse.s africains ont commencé à faire dégager les troupes françaises de leur territoire. Continuons le combat contre les capitalistes et leur néocolonialisme dans nos pays impérialistes. 

 

Sources :

observers.france24.com/fr/afrique/20240328-nous-travaillons-avec-la-peur-au-ventre-au-gabon-cinq-morts-sur-une-plateforme-p%C3%A9troli%C3%A8re

www.agencequateur.com/?p=11062

www.meretmarine.com/fr/offshore/un-incendie-sur-une-plateforme-de-perenco-fait-5-morts-et-un-disparu

Disclose et Investigate Europe, Perenco Files

 

SourceLes observateurs

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