Exigeons des mesures d’urgence pour le périscolaire, à Paris comme partout en France

L’explosion de cas de violences sexuelles dans le secteur de l'animation périscolaire relève le fonctionnement d'un service qui précarise les travailleur·euses et n'offre aucune protection aux enfants.

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Manifestation à Paris des travailleur·euses du périscolaire. Sevgi/Sipa

Entre fin 2025 et début 2026, une explosion de signalements de cas de violences implique des animateurs du secteur périscolaire dans les écoles de Paris. Ces dénonciations ont été relayées par les médias à la suite de la diffusion de reportages d’investigation révélant des cas d’abus et de violence envers des enfants de maternelle et de primaire. 

L’écho de ces cas d’abus n’aurait sans doute pas fait la Une des journaux sans le contexte électoral des municipales, qui a donné une visibilité particulière aux problèmes du secteur de façon opportuniste et utile aux stratégies de campagne politicienne.

D’autant plus, les problèmes ne se limitent pas aux faits de violence : mettre le projecteur sur le secteur périscolaire, c’est aussi mettre en lumière une fracture plus profonde, celle de la précarité dans laquelle s’inscrivent l’ensemble des activités éducatives et la vulnérabilité du public en question.

 

Abus sexuels, violences physiques, harcèlement : le quotidien de l’éducation nationale

Un collectif de parents auto-organisé·es au sein de la plateforme SOS Périscolaires a pris l’initiative de se rassembler face à la réponse négligente de la Brigade de protection des mineurs de la police, et pour répondre aux aux témoignages de plus en plus nombreux des familles. D’après les éléments recueillis par ce collectif de parents, le nombre de cas s’élève à 500 dans tout le pays. Paris reste l’épicentre des plaintes, raison pour laquelle le sujet a été instrumentalisé lors de la campagne aux municipales.

Depuis début janvier, 78 suspensions d’animateurs ont eu lieu au cours de la campagne des élections municipales, dont 31 pour suspicions de violences sexuelles.  Lors de cette course électorale, tous les candidat·es se sont prononcé·es en faveur d’une vigilance extrême et d’une tolérance zéro face aux cas d’abus sexuels. Cependant, dans aucun cas les projets politiques présentés ne mettaient en cause la faille systémique issue d’un manque des critères féministes et de prévention aux violences, faute de s’intéresser à des problématiques d’ordre national.

Selon la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles (Ciivise), quelque 160 000 mineur·es sont victimes de violences sexuelles chaque année en France. 

En 2023, trois associations représentatives de la France ont attaqué l’État. SOS Homophobie, Sidaction et le Planning familial dénoncent devant la justice administrative le non-respect de la loi en ce qui concerne l’éducation sexuelle dans les écoles. Lors de ces démarches, les associations ont mis en évidence la politique profondément obscurantiste qui règne dans les écoles et qui est aujourd’hui responsable d’une explosion de cas des violences sexuelles dans le milieu scolaire.

 

Grève dans le secteur périscolaire contre un système au service des patrons

En parallèle de cette situation absolument scandaleuse qui fait partie du bilan déliquescent de la macronie, très peu de choses ont été dites sur l’état du système éducatif.

La qualité de l’accueil dans les établissements n’a fait que se dégrader la dernière décennie. Le rêve de la revalorisation des salaires et surtout le travail de celleux sur qui repose un système national dans son ensemble en constante dégradation, n’a jamais vu le jour. Nous nous rappelons des nombreuses mobilisations des AED, AESH, AP qui se battent encore pour leur conditions de travail où iels sont souvent exposé·es à l’exploitation et la maltraitance systématique et salariale.

En ce qui concerne les animateurs et animatrices embauché·es en masse depuis la réforme organisationnelle de 2013, qui a instauré la semaine scolaire de quatre jours et demi, les écoles maternelles et primaires ont roulé sous pression sans jamais réussir à répondre aux exigences d’encadrement. 

Si l’on considère que les enseignant·es se trouvent à la pointe de l’iceberg du mécontentement en matière d’éducation nationale, il ne faut pas oublier tout le secteur sous-jacent sur lequel repose la majeure partie du travail qui fait fonctionner l’école :  l’ensemble du personnel éducatif non titulaire, les remplaçant·es, les contractuel·les, les animateur·ices et les assistant·es pédagogiques et vacataires. 

L’appel à la grève a été lancé par l’intersyndicale pour revendiquer : la transparence dans les procédures de suspension afin de protéger l’ensemble du personnel, la réduction du taux d’encadrement, la titularisation et contractualisation des vacataires, l’accès à la formation et promotion de la mobilité entre catégories.

Nous appelons les travailleur·euses du secteur à rentrer dans cette lutte pour nos conditions de travail et pour la protection des enfants lors de la mobilisation ce mardi 19 mai à 14h à la Direction des Affaires Scolaires de Paris, 3 rue de l’arsenal à Bastille.

Le tract intersyndical d’appel à la grève est disponible ici.

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