Grève des AED contre la précarité du travail

Mardi 2 juin, les assistant·es d’éducation (AED) étaient en grève pour obtenir de meilleures conditions de travail. A l’appel d’une large Intersyndicale, les personnels des vies scolaires ont décidé d’exprimer leurs revendications contre la précarité dans l’Education nationale.

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AED en grève

Selon le SNES-FSU (syndicat majoritaire dans l’éducation) une vie scolaire sur quatre était fermée alors que la moitié des établissements scolaires ont été affectés par la journée de lutte. Des rassemblements ont eu lieu partout en France devant les ministères et les rectorats de l’Education nationale.

Au niveau national, ce sont près de 60 000 AED qui assurent des nombreuses missions essentielles au fonctionnement des collèges et des lycées : « Ils et elles assurent l’encadrement et la surveillance des élèves dans les collèges et les lycées, participent à la mise en œuvre des projets éducatifs ainsi qu’aux activités culturelles, artistiques et sportives, aident aux devoirs… « Tout ça dans une semaine de 41 heures de travail, payées au SMIC », expliquent en chœur Élisa et Ellie, AED dans un collège lyonnais et venus manifester devant le rectorat. »

La colère des assistant·es d’éducation se manifeste par rapport aux conditions de travail d’un métier qui n’est pas reconnu comme tel par l’Etat. Bien qu’une partie des salarié·es soit constituée par des étudiant·es qui exercent ce travail d’une façon temporaire, la réalité est que de nombreux·euses collègues exercent ce métier à temps plein y compris en CDI. Cependant, aucune ancienneté n’est reconnue par l’Etat, ainsi qu’aucune revalorisation salariale ou voie d’évolution possible dans la carrière est accordée. Et tout cela avec une rémunération autour du SMIC pour des semaines de 41 heures de travail. 

Dans ce contexte, plusieurs syndicats, dont la CGT et SUD éducation, revendiquent la création d’un statut d’éducateur·ice spécialisé·e pour les assistant·es d’éducation. Ce statut pourrait ouvrir la possibilité de l’accès à la formation, l’augmentation des salaires, la réduction de la journée de travail, la fin de l’embauche par les chef·fes d’établissement ou encore l’accès à la titularisation des personnels en tant que fonctionnaires de catégorie B. Ces revendications pourraient permettre la mise en valeur d’un métier essentiel pour le fonctionnement de l’éducation publique. 

La journée du 2 juin montre une potentialité pour la construction d’une mobilisation nationale pour améliorer les conditions de travail. L’obtention de la prime REP ou de la possibilité du CDI après 6 ans de travail sont des victoires partielles qui ont été obtenues grâce aux dernières années de mobilisation. Il ne suffira pas avec une journée de grève isolée, mais avec une nécessaire auto-organisation pour construire la mobilisation à la base, à l’image de l’expérience du collectif Vie scolaire en colère en Ile-de-France et de la coordination nationale des collectifs d’assistant·es d’éducation. 

La grève des AED arrive dans la continuité de la grève du périscolaire ou encore dans le contexte de la mobilisation des AESH du 9 juin. Il est nécessaire d’unifier les revendications des travailleur·euses précaires pour en finir avec la précarité du travail dans l’Education nationale.

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