
Il y a exactement dix ans, un 4 juillet, jour de son anniversaire, Adama Traoré est interpellé par trois policiers. Il décède à la suite de cette intervention au cours de laquelle la technique du « placage ventral » a été utilisée.
Dix ans de lutte
Pendant dix ans, la famille Traoré s’est mobilisée dans la région du Val-d’Oise ainsi qu’à Paris pour dénoncer les faits et demander que justice soit faite. Après de dizaines d’études et contre-expertises, en début d’ année 2026 la Cour de cassation a confirmé l’acquittement et le non-lieu pour les gendarmes impliqués dans l’interpellation qui a entraîné la mort de ce jeune homme de 24 ans. Sa famille espère obtenir une condamnation de la France devant la Cour européenne de justice après dix ans de lutte inlassable pour obtenir justice et réparation.
D’après la justice française, l’usage de la force aurait été « proportionné » et « secondaire » par rapport au décès du jeune homme. Cependant, personne ne s’y trompe : sans cette intervention violente, Adama ne serait tout simplement pas mort.
Main dans la main, la « justice » et les forces de police se sont employées non seulement à harceler la famille d’Adama, en faisant subir de multiples violences aux frères et sœurs Traoré afin de discréditer leur lutte contre les violences policières. En effet, Adama est non seulement devenu un symbole pour les nouvelles générations, mais aussi un pilier de la lutte contre le racisme et la banalisation des crimes commis par la police, comme dans les affaires de Nahel Merzouk, El Hacen Diarra, Claude Jean-Pierre et Alhoussein Camara, entre autres. Lors de la manifestation, Assa Traoré, porte-parole du collectif la vérité pour Adama a rappelé cette longue liste.
L’Etat français, toujours plus loin dans la répression
Non content de ce meurtre, le gouvernement entend aller encore plus loin. Mardi 7 juillet, l’Assemblée nationale examinera un projet de loi néfaste visant à donner carte blanche à la police pour justifier la « présomption de légitime défense ». Ce projet, initialement porté par LR, bénéficie actuellement du soutien de la majorité gouvernementale. Cette loi vise à consolider l’impunité policière et à instaurer un régime répressif dirigé contre les classes populaires, les jeunes des quartiers défavorisés et les personnes en situation de précarité.
Organisons-nous contre le racisme et la police
À l’heure de la commémoration des victimes, la meilleure façon d’honorer leur mémoire est de descendre dans la rue et de s’organiser contre la dérive autoritaire que l’on tente d’imposer d’en haut. Pour remettre en cause l’ordre social existant dans son ensemble, une véritable révolution est nécessaire, une entreprise qui ne peut se faire sans les jeunes sensibles au racisme systémique d’un système qui les prend pour cible.

