Pas une de plus : gagnons la rue contre les violences patriarcales !

Suite à la mort de Lyhanna nous rejoignons massivement les appels à se manifester devant les tribunaux le 8 juin et à poursuivre la lutte contre toutes les violences de genre.

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Pas une de plus : La lutte contre la violence de genre doit reprendre de l’ampleur

Suite à l’annonce de la découverte du corps du Lyhanna, l’indignation s’étend en France. Depuis le début de la semaine, l’inquiétude nationale avait pris de l’ampleur sur la disparition de Lyhanna, âgée de 11 ans, dans le Gers. 

Depuis mardi, des similitudes sont apparues entre la situation de Lyhanna et le féminicide d’Agostina en Argentine. Agostina avait 14 ans, elle est portée disparue et ensuite retrouvée morte. Le principal suspect est la dernière personne qui l’avait vu : le compagnon de sa mère. Il lui avait donné rendez-vous avec pour prétexte de faire ensemble une surprise pour l’anniversaire de sa mère. Il y avait une plainte contre lui pour agression sexuelle et séquestration de la part d’une femme en 2025. Le scénario de l’affaire Jérôme B., principal suspect de la disparition et maintenant de la mort de Lyhanna, est similaire. Plusieurs plaintes contre lui n’ont pas été traités par la justice, la plus récente en août 2025 sur la qualification de viol sur mineure. 

La riposte en France s’organise très rapidement depuis l’information de la mort de Lyhanna. Des manifestations sont appelées devant les tribunaux de plus de 100 villes de France pour demain lundi 8 juin. Nous serons présent·es au rassemblement à Paris sur la Place Vendôme à 19h. 

Le manque de moyens et de prise en compte sérieuse de la question de la violence de genre en France est effrayant. Le retard du traitement judiciaire des plaintes dans les cas de viol et d’agression sexuelle a déjà valu à la France des condamnations de la Cour européenne des droits de l’homme. De plus, la grande cause du premier quinquennat de Macron tire un bilan ridicule de son action et de ses objectifs, comme la liste de mesures du Grenelle du 2019. 

La situation catastrophique de la prise en charge des violences faites aux femmes et la situation de la protection de l’enfance en France est que les politiques publiques font reposer la réponse étatique massivement sur des associations. Les associations ne cessent de dénoncer le manque de moyens qu’elles possèdent pour faire face à la situation de violence des femmes et des enfants et elles sont soumises en même temps à la baisse, au manque et au chantage de subventions permanentes de la part de toutes les gouvernances nationales, régionales et municipales. 

Suite à la séquence de condamnations de plusieurs dizaines d’agressions sexuelles dans l’affaire Pelicot, nous avons eu espoir de prise de conscience sur l’ampleur de la situation et le besoin d’une réponse adaptée au niveau judiciaire. Mais le cas de Lyhanna nous montre encore une fois que l’impunité pour les violences sexuelles reste largement répandue. 

Les déclarations de Lecornu et de Macron sur la situation de Lyhanna renforcent ce sentiment d’impunité générale dont bénéficie ce type de crimes et délits. Ils se disent choqués du résultat de leurs propres actions et leurs propres politiques de manque de moyens pour la et un politique sécuritaire qui ne tarde pas à passer en comparution immédiate les jeunes la semaine dernière ou enfermer dans des CRA les personnes migrantes mais qui ne traite que rarement les violences de genre. 

Nous nous sommes déjà prononcé·es en faveur d’une loi cadre intégrale pour la lutte contre les violences de genre. Cette loi nécessitera par la suite un budget conséquent pour son application. La Fondation des femmes a déjà fait des estimations budgétaires de 2023 sur le besoin de plus de 2 milliards d’euros pour la lutte contre les violences faites aux femmes. 

 

Ni una menos, l’expérience inspirante de l’Amérique du Sud 

À 11 ans de l’éclatement massif de Ni Una Menos en Argentine, nos camarades de Las Rojas ont été en première ligne de cette lutte et de l’organisation des femmes dans le pays. Le premier Ni Una Menos en 2015 a éclaté suite au meurtre d’une mineure aussi, Chiara Paez de 15 ans, aux mains de son petit copain avec l’appui de sa famille pour couvrir le crime. 

En Argentine, malgré le déni total des causes de la violence de genre par le gouvernement d’extrême droite de Milei et la fermeture des programmes de lutte contre les VSS à l’échelle nationale, la société argentine reste avancée sur ce sujet. Les féminicides sont reconnus par la loi et dans la conscience sociale. Dans les médias, le langage a beaucoup évolué et les situations de féminicide ne sont plus abordées comme des faits divers. Le mouvement féministe en Argentine reste aussi très organisé avec des manifestations comme celle qui a eu lieu le 3 juin 2026, des mobilisations de masses qui s’organisent aussi par la méthode des assemblées générales de femmes et la grève féministe. 

Le mouvement Ni Una Menos en Argentine est une inspiration pour la région et doit être une inspiration pour la France sur la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants. 

 

Durant le mois des fiertés, luttons contre toutes les violences

En ce mois de fiertés il est nécessaire de faire converger les luttes des secteurs LGBTI et féministes de toutes les générations de personnes qui se battent contre l’oppression patriarcale et contre tout type de violence de genre. Il est insupportable de devoir commencer le mois des fiertés avec la mort du jeune Noahm de 19 ans à Metz, tabassé à mort par des réactionnaires qui ont accompagné leur action avec des insultes homophobes. 

Samedi 6 juin, nous avons participé à la Pride des Banlieues à La Courneuve. La manifestation était pleine de détermination pour la lancée d’un mois rempli d’initiatives. Dans plusieurs autres villes en France, la fierté s’est aussi exprimée par des mobilisations. Las Rojas seront dans la rue pendant le mois des fiertés, dimanche 14 juin à la Pride Radicale et samedi 27 juin à la Pride générale à Paris. Samedi 20 juin, nous proposons la soirée Notre Fierté c’est de Lutter !, qui commencera par un débat sur Les luttes LGBTI dans le monde contre la montée de l’extrême droite, suivie de concerts et DJ set. Plusieurs organisations invitées feront partie de la soirée, comme l’association de lutte contre les VSS, Briser la loi du Silence.

Nous ne pouvons compter que sur nos propres forces d’organisation pour exiger :

  • Le budget nécessaire pour lutter contre les violences de genre.
  • L’application de l’EVARS pour l’éducation de toutes et tous et la détection de situations de violence dans l’enfance à grande échelle.
  • La démission de tous les responsables judiciaires et politiques de l’impunité, en commençant par le Garde de Sceaux, Gérald Darmanin. 

L’organisation pour les luttes que nous devons mener est cruciale dans la période. Nous devons continuer de nous retrouver et de nous organiser pour en finir avec l’oppression et la violence patriarcale, contre l’impunité et pour les droits de toutes et tous à vivre dignement et sans violence. Ces luttes nous mettent au défi de détruire le système patriarcal et capitaliste, elles représentent la condition préalable pour avancer vers la construction d’une société sans aucune forme d’exploitation et d’oppression. 

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