Après de nombreuses semaines confinés nous avons tous envie de retrouver un quotidien plus normal. Malgré cela il ne nous semble pas responsable de vouloir rouvrir les établissements scolaires de manière précipitée.

L’improvisation du gouvernement depuis le début de cette crise fait régner un climat d’incertitude et d’insécurité qu’il nous paraît important de dénoncer. Vouloir à tout prix renvoyer les élèves sur les bancs de l’école, à un mois des vacances d’été, au risque, comme au Japon ou à Singapour de voir l’épidémie resurgir est tout simplement inacceptable.

Les conditions sanitaires d’une reprise garantissant la sécurité de tous les travailleurs et enfants sont irréalisables. En effet le respect des gestes barrières et de la distanciation sociale, vrai frein à la propagation du virus, ne pourront pas être observés dans la majorité des établissements. De plus face à la pénurie de masques de protection, de gel hydroalcoolique, sans parler des conditions sanitaires de la disposition particulière de chaque établissement, on encourt un risque de contagiosité et de reprise de l’épidémie, par la contamination des parents, lorsque les enfants rentrent chez eux. Sachant que les enfants sont majoritairement porteurs sains et que les tests ne seront effectués que sur les personnes symptomatiques, les écoles deviendront de vrais foyers exponentiels de propagation. L’ouverture anticipée des portes des écoles fera peser le risque sur les personnels scolaires, agents d’entretien, agents d’accueil, AED, AP, AESH, AVS, CPE et enseignants d’être contaminés, ils seront également laissés seuls face à cette situation pour se protéger. Enfin, très souvent les espaces, classes, couloirs, salles de permanence, réfectoires, ne permettent pas physiquement de maintenir une bonne distanciation.

En outre des conditions sanitaires qui ne pourront être satisfaisantes, les objectifs pédagogiques de cette réouverture sont flous. Si la présence ne sera pas obligatoire, et que de fait le contrôle pourra s’effectuer à distance, il n’y a pas d’urgence à un retour imminent des élèves. De plus le dédoublement des effectifs que nécessite la distanciation engendrera nécessairement des imbroglios organisationnels et une surcharge de travail pour toutes les équipes que seuls ceux qui ignorent la vie d’un établissement scolaire peuvent préconiser.

Cela ouvre clairement un questionnement sur les motifs qui poussent le gouvernement à vouloir si tôt renvoyer les enfants à l’école. Sous couvert de vouloir réduire les inégalités scolaires, cette décision ne fera qu’accroître des inégalités sociales et sanitaires déjà criantes. Car nous savons très bien que les parents qui seront dans l’obligation de soumettre leur famille à de telles conditions sont déjà les plus fragilisés. Seule l’organisation et la mobilisation par les travailleurs à la base, comme le secteur de l’éducation a déjà démontré en être capable, pour faire entendre raison aux chefs d’établissement, peut protéger l’ensemble de la société d’un deuxième pic d’infection. C’est pourquoi il faut s’opposer à cette décision qui n’a comme seul objectif que de remettre les gens au travail au détriment de la santé de tous. Le gouvernement maintient une interdiction d’un grand nombre de lieux de rassemblement alors à quel titre les travailleurs de l’éducation doivent mettre leur santé, et celle des autres, en péril ?  : #SansMoiLe11Mai ! #SansNousLe11Mai ! 

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